‹ Jésus-ChristChapitre 229 sur 376 · L'APPEL DES DISCIPI ES · texte numérisé non relu

L'APPEL DES DISCIPI ES

la srève sans avoir rien pris de toute la nuit. Il entre dans la barque de Simon, elle Jui sert de chaireimprovisée pour enseigner le peuple qui se presse sur le rivag'e, puis 1l dit à son jeune compagnon de jeter de nouveau son filet. Simon peut à peine le retirer, tant la pêche est abondante. Ce miracle accompli en sa faveur émeut jusqu’au fond son âme ardente et mobile. Cette manifestation d'un pouvoir surnaturel lui rappelle tout ce qu'il a déjà vu et entendu; il se sent en présence d'un être saint, et 1l tombe à ses pieds en s’écriant : «Retire-toi de moi, je ne suis qu'un pécheur'.» Nulle heure n'est plus favorable pour le grand appel que celle de l'humiliation, car c'est à genoux qu'il convient de le recevoir. « Ne crains pas, lui dit Jésus, dès cette heure tu seras pêcheur d’hommes?. » Les quatre disciples n'ont pas un instant d'hésitation; ils laissent là leur barque et leurs filets. Cet appel n’est pas encore l’institution de l’apostolat, mais il en est la condition première, Car, avant d'être apôtre, il faut, comme les fils de Jona et ceux de Zébédée, avoir tout quitté pour suivre Jésus. Nous verrons se dessiner peu à peu l’individualité des premiers disciples et nous en esquisserons les traits principaux au moment où ils recevront leur mandat définitif.

De toutes les provinces de la Palestine, la plus belle

{ Luc V, 8, 9. La parole de Pierre suppose une relation antérieure avec Jésus, car la pêche miraculeuse à elle seule n’eût pas suffi pour lui révéler la sainteté du Maitre. Le récit de Jean est impliqué dans celui de Luc. Le

2 And ro vüv dOpwürous Ésn Cwyoüv. (Luc V, 10; comp. Matth. IV, 18-22; Marc I, 16-20.)

LE LAC DE TIBÉRIADE, | ve

est celle où Jésus a vécu pendant quelques mois, semant partout sur son passage la parole divine. La Galilée se distmgue de la Judée par sa fertilité et le carac. tère gracieux du paysage. Elle n’a plus cet aspect grandiose et sauvage des environs de Jérusalem ; largement arrosée par de nombreux cours d’eau, elle déroule sous les yeux un brillant tapis de verdure fleurie, encadré de montagnes. Le Thabor est une coupole gazonnée dont ies contours semblent dessinés au ciseau. C’est surtout quand on la compare à la sévère Judée que la Galilée frappe par sa nature aimable et riante. Si le christianisme avait dû naître d’un sourire de la terre, il eût certes trouvé des sites plus charmants, tels que les côtes dorées de l'Tonie ou ces îles enchanteresses qui émergent d’une mer d'azur sur les rivages de l'Asie Mineure. Ce qui frappe surtout dans la portion de la Galilée qui fut le principal centre d'activité de Jésus, c'est un caractère de sérénité et de douceur qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Le lac de Tibériade, même après tant de guerres et de ravages, est encore aujourd'hui empreint d'une beauté qui parle de pureté et de paix. On atteint à sa rive occidentale par les dernières pentes d’une chaîne de vertes collines qui s’abaissent en ondulant vers ses bords. Les lauriers-roses baignent dans l’eau bleue; en face, sur la rive orientale, Je ot vient battre des roches ardues, derniers rem- . parts du sauvage pays des Gadaréniens. À l'extrémité nord, le Jourdain se perd dans le lac pour reparaître à l'extrémité sud en nappe écumante. Dans le lointain,

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