RÉSURRECTION DU FILS DE LA VEUVE
détournés du consolateur miséricordieux que de l'ascétique prophète du désert. « La sagesse a été justifiée par ses œuvres'. » La vérité divine apporte avec elle son propre témoignage, elle peut se passer de l’ap- = probation des hommes. De telles paroles laissaient un levain d'irritation dans les cœurs. |
Aux yeux de l'orgueilleux qui est tout infatué de ses vertus et de ses mérites, lé pardon accordé à de grands pécheurs est une offense personnelle, car il lui semble qu’on lui enlève ainsi son haut rang et qu’on met à son niveau ceux qui sont l’objet de ses mépris. Jésus heurta de front cet odieux préjugé dans une circonstance mémorable. Il résidait depuis quelques jours dans la petite ville de Naïn*, située au pied du Thabor, dans une plaine riante et fertile. Dès son arrivée en ces beaux lieux, il avait signalé sa présence par un grand miracle. Il avait rencontré à la porte même de la ville un de ces funèbres cortéges qui viennent nous rappeler partout le fond tragique de notre destinée.
Cette fois toutes les tristesses étaient réunies; on conduisait en terre la dépouille mortelle d'un jeune homme, fils unique d’une veuve, enlevé dans la fleur de ses années; derrière le cercueil se traînait la mère, courbe sous cet affreux malheur. À ce lamentable spectacle, Jésus avait été ému d'une pitié pro-
1 Edratwoün n copla drd Toy Éoywy abris Tévrwy. Luc VII, 35. La leçon reçue jusqu'ici portait ; La sagesse a été justifiée par ses enfants, La nouvelle leçon, confirmée d’ailleurs par Justin Mar-
tyr, se lit dans le Sinaiticus.
+ C’est là que l'avaient rencontré les délégués de Jean-Baptiste.