‹ Jésus-ChristChapitre 252 sur 376 · LA PÉCHERESSE DE NAIN · texte numérisé non relu

LA PÉCHERESSE DE NAIN

fonde, et il avait rendu le fils à sa mère'. Ce miracle avait naturellement produit une immense sensation. La . foule était grande au moment où il avait été accompli. Les scènes qui s'étaient passées à la porte de Capernaüm se renouvelèrent devant celle de Naïn, et toute la ville accourut avec ses malades et ses démoniaques. À ce groupe désolé s'était joint une femme qui n'avait rien à demander pour la santé du corps; c’était une pécheresse qui faisait trafic de sa beauté. L'aspect de Jésus la remua jusqu'au fond; elle était peut-être présente quand une douloureuse pitié s'était peinte dans ses yeux devant le cercueil du fils de la veuve; ce regard s'était aussi abaissé sur elle, plein de reproche et de tristesse, mais aussi de pardon. La froide et hautaine vertu du pharisien l'irritait sans la faire rougir de sa honte, mais, sous le regard pur et compatissant de Jésus, elle ne peut plus supporter son infamie; elle sonde l’abîme où elle est tombée et elle se sent en même temps invinciblement attirée vers cet être saint, parce qu’elle sait qu’il ne la repoussera pas. Aussi n'écoutant que le cri de sa conscience et l'élan de son cœur, elle veut à tout prix rejoindre Jésus et triomphe de toutes les difficultés, de tous les obstacles. Peu lui importe que, à cette heure même, 1l soit assis à la table d’un pharisien au cœur sec qui peut-être la fera jeter hors de sa maison, elle brave tous les mépris et vient tomber aux pieds de Jésus; elle les arrose d’un parfum précieux et surtout de ses larmes ra ÆEsraayyvioôn. (Luc VII, 13.)

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