LA PÉCHERESSE DE NAIN
et les essuie avec ses cheveux. Cette malheureuse femme porte dans sa repentance l’ardeur passionnée de son âme, elle a soif de pardon, de relèvement, de pureté, et. elle les demande à Jésus. Chacun reste dans son rôle, le pharisien murmure, tandis que Jésus accueille cette pauvre âme flétrie, mais brisée ; il réserve sa sévérité pour l’homme considérable et honoré, parce qu'il connaît toute la sécheresse de son cœur. Celui-ci ne l’a reçu dans sa demeure qu'avec une froide condescendance, sans lui donner aücun des témoignages d'affection et de respect que comporte l'hospitalité orientale; son unique dessein étaitd'épiermalignementJésus,commele prouve son empressement à conclure de sa bonté pour la pécheresse qu'il n’est pas un prophète. Cette femme, au contraire, a franchi Le seuil de cette maison dans un profond sentiment de sa dégradation et dans un ardent désir de rompre avec le mal. Sa reconnaissance se mesure à la grandeur de son repentir, comme le Maître le donne à entendre dans l'admirable parabole des deux créanciers. Il est aisé de se convaincre, par l'exemple du pharisien, que l’homme à qui il a été peu pardonné aime peu; il repousse le pardon comme un outrage et demeure dans son impuissant orgueil. Les cœurs pénitents, au contraire, se brisent et débordent aux pieds de Jésus, comme le vase de parfum qui vient d’être épanché devant lui. Dans cette heure rapide, la pécheresse a beaucoup aimé, car elle sait ce qu’elle est, elle, la femme de mauvaise vie, justement méprisée, et elle sait aussi qui est celui qui au lieu de la repousser daigne la relever.