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II, — DIVERSES PARABOLES ET DIVERS MIRACLES

L'animosité des pharisiens se manifestait en toute circonstance. C’est ainsi qu'à la suite de la guérison . d’un démoniaque aveugle et sourd, ils essayèrent sous l'influence de quelques affidés de Jérusalem de discréditer les miracles de Jésus en les rattachant à l’influence occulte des démons, à quoi il fut répondu par ce mot sans réplique : « Comment Satan chasserait-il Satan? Une maison divisée contre elle-même est bientôt ruinée'.» De la défense, Jésus passe à l'attaque directe. Méconnaître son caractère et son œuvre au point de faire de lui le serviteur des démons, c’est outrag'er

Dieu dans sa personne, c’est vräiment blasphémer con-

tre l'Esprit divin qui anime toute sa sainte vie. S'il est un péché irrémissible, c’est bien celui-là; car attribuer aux démons l’œuvre même du salut, c'est se montrer absolument incapable de la comprendre et de se l'approprier. Le refus du pardon de Dieu n’a pas de forme plus effrayante, c’est la consommation même de la perdition.

Malgré ce mauvais vouloir qui devait sitôt se transformer en ardente opposition, Jésus n’en poursuivait pas moins son ministère, guérissant, instruisant les foules, . mais réservant à ses disciples les enseignements plus profonds qui réclamaient une attention plus intense et plus

1 Matth. XII. 24-35. Luc XI, 14-20.

religieuse que celle d’un grand auditoire flottant. C'est à cette époque que remontent ses admirables paraboles sur le royaume de Dieu dont nous avons indiqué les idées fondamentales en traitant de son plan. Lasimilitude du semeur décrit les effets divers de la prédication destinée | à fonder le royaume. La parole divine est semée ici-bas, comme la graine qui fructifie ou se perd selon le terrain qu’elle rencontre. Tout dépend des dispositions morales; l'âme, selon la manière dont elle écoute, peutressembler tantôt au chemin pierreux, tantôt à la route battue où rien ne saurait germer, au champ couvert d'épines ou à la bonne térre qui d’un seul grain fait sortir cent autres grains !. Le royaume de Dieu, ainsi fondé par la prédication, peut toujours être envahi par des influences mauvaises; l’ivraie est trop souvent semée dans le champ de Dieu pendant que les serviteurs du père de famille se sont assoupis ?. Si la mauvaise herbe n’est pas immédiatement arrachée, c’est qu'il n'appartient pas à l'homme de distinguer, avec une sûreté parfaite, entre l'ivraie et l'épi. Il faut attendre le jour de la moisson et l'œil infaillible du maître *. La parabole du..filet qui ramasse toutes sortes de choses dans la mer, développe la même pensée sous une forme nouvelle, en s’attachant surtout à la peinture du jugement final. Ces pêcheurs qui -ejettent aux flots les pierres et le sable jouent le même ‘Ôle que les moissonneurs dans la similitude précé-

t Matth. XIII, 8. Marc IV, 3. Luc VII, 5 * Matth. XIII, 24.

$ Id., 47-53,

dente. Malgré ce mélange inévitable et temporaire, le royaume de Dieu est appelé à un développement magnifique; telle qu'est la semence de moutarde, la plus imperceptible des graines, tel il apparaît dans ses humbles débuts; mais, comme elle, il grandira jusqu'à devenir un arbre immense et logera les oiseaux des cieux ‘. La parabole du levain, pénétrant peu à peu la pâte où il a été jeté, nous donne la plus fidèle idée de cette influence irrésistible et croissante de la vérité, qui ne procède que par la persuasion, sans Jamais recourir à la force ni aux coups d'éclat ?. Cette vérité qui est destinée à ce grand triomphe, vaut son prix ; c'est la perle ou le trésor caché que l’on acquiert | en vendant tout ce que l’on possède *:

L'enseignement proprement dit devait être complété pour les disciples par les leçons de l’expérience. Aussi l'un des principaux moyens employés par Jésus pour les préparer à leur mission future, était-il de les associer à ses voyages; les leçons pratiques surgissaient de. chaque incident nouveau; la meilleure de toutes était toujours le spectacle de son infatigable charité et de sa consécration absolue à sa haute vocation. Désireux de parcourir la rive orientale de la mer de Galilée, il prit place avec les douze dans une barque de pêche. Le temps est très variable sur ce lac étroitement encaissé; l'orage s’y abat souvent tout d'un coup.

1 Matth. XIIT, 31-32.

2 Id., 38.

3 Id., 44-46.

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La guérison de cet homme est entourée de circon- :

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