LA PREMIÈRE MULTIPLICATION DES PAINS
dans son pays !. » Capernaüm, sa patrie d'adoption, n'allait que trop tôt rivaliser d’ingratitude âvec Nazareth. Jésus voulait se retirer dans un lieu désert avec ses apôtres aussitôt après leur retour de leur triomphante mission."Il désirait sans doute leur apprendre comment le serviteur de la vérité échappe à l’orgueil du succès et se prépare dans la retraite à de nouvelles luttes. Il se fit conduire de l’autre côté du lac dans les environs de la seconde Bethsaïda, autrement nommée J'uliade. La contrée est beaucoup plus solitaire sur cette rive que dans le riche pays de Grénésareth. Jésus monte avec les siens sur une colline*. On dirait qu'il veut une seconde fois leur conférer l’apostolat, maintenant qu'ils savent mieux à quoi ils s'engagent en Pacceptant. Mais bientôt arrive de l'autre bord un grand peuple qui n’a pas hésité à suivre à pied Jésus ?, tant il est encore avide de sa parole et surtout de ses miracles. C’est une multitude confuse où se mêlent les hommes, les femmes, les enfants, avec le cortége ordinaire des infortunés qui, à des titres divers, ont besoin de guérison.
Le printemps approche, car on n’est pas loin de la fête de Pâque“; la foule s’asseoit sur l'herbe naissante. Jésus s’émeut d'une grande pitié devant ce peuple qui lui apparaît comme un troupeau de brebisans berger*. Les paroles miséricordieuses coulent à
1 Matth. XIII, 57.
2 Jean VI, 3.
3 Ile. (Matth. XIV, 18.
+ Jean VI, 4.
5 Matth. XVI, 54,
flots pressés de ses lèvres! ; il s'approche des malades et les guérit?. Les heures se passent, on dirait une journée du ciel, personne n’a songé aux besoins du: