PREMIERS CONFLITS AVEC LES PHARISIENS DEGALILÉE
étroits et les communications étaient fréquentes de Jé-. rusalem en Galilée. Les chefs du parti avaient envoyé: sur les bords du lac de Génésareth des émissaires pour épier Jésus'. Ceux-ci surent exploiter avec une rare habileté les premiers symptômes de défaveur publique. Les pharisiens violaient sans scrupule, pour servir leurs haines religieuses, les droits de l’hospitalité
universellement respectés en Orient. Ce que l’Arabe pil-
lard n'aurait pas fait sous sa tente, ils le pratiquaient dans leurs maisons dévotes; ils n’invitaient Jésus à s’as-
seoir à leur table que pour lui tendre des piéges. Un
jour qu’il prenait son repas chez l’un d’eux, ils exprimèrentune bruyante indignation en voyant qu'il se dispensait, ainsi que ses disciples, des rites absurdes dont ils avaient surchargé les ordonnances sur les ablutions *. Là encore, ils avaient d'autant plus insisté sur le côté extérieur de la religion qu’ils voulaient bannir du cœur la vraie picté. Ce n’était pas assez pour eux de se laver les mains avant le repas; il fallait plonger dans l’eau
se > te nt des dé
ses bras jusqu’au coude, et purifier de même tous les À
ustensiles de la maison. On était tenu de renouveler ces
1 Marc VII, 1, 2 Je réunis ici tout ce qui se rapporte aux tentatives des pharisiens contre Jésus en Galilée. Elles nous sont racontées avec une
certaine confusion dans les synoptiques. Nous prenons comme base ”
le récit de Marc VII, 1-23, qui se rapporte évidemment à cette époque. Cette discussion sur les ablutions est reproduite avec quelques variantes dans Luc. (Ch. XI, 39-41.) Nous avons ensuite la demande d’un signe éclatant (Marc VIII, 11-12), qui a pour parallèle
Luc XI, 29-32, Nous retrouvons un récit analogue dans Matth. XIT, |
38-42. Il se peut que la même scène se soit renouvelée deux fois. Quoi qu’il en soit, la réponse de Jésus n’a pas varié.
e à Mine à cause des souillures involontaires que ï on 4 avait pu contracter ‘. Il sied bien à ces contempteurs + de la loi de se poser comme ses défenseurs. « Vous annuler le commandement de Dieu, leur dit Jésus avec Pa, ane juste sévérité, pour garder votre tradition *.
Opposant la morale éternelle à la morale Le pe desfaux dévots, il prend contre ceux-ci la défense de ces
- sentiments naturels qu’on l’accuse à tort de sacrifier. - N'ont-ils pas enseigné aux enfants à manquer à leur , remier devoir, en les autorisant à détourner pour l’au- 4 à tr ot sacré qui devait subvenir aux besoins d'un père 4 et d’une mère? Revenant aux ablutions, Jésus rappelle E avec une simplicité hardie que la vraie souillure ne
vient pas du dehors, mais du fond impur du cœur hu- L. main où germent les convoitises mauvaises. Il termineen peignant en traits de feu l'hypocrisie deses con- Pr. stants adversaires. Nous retrouverons dans les derniers ie discours de Jésus cet immortel tableau du pharisaïsme, plus complet et plus terrible encore. Un seul trait
- nous paraît décidément appartenir à cette époque, c’est 4 celui-ci qui résume tout le débat sur les ablutions. …. « Vous, les pharisiens, vous nettoyez le dehors de la | coupe et du plat, tandis que le dedans est plein de ra- L pine et de méchanceté. [nsensés, celui qui a fait le de-
LA ‘FE = hors n’a-t-il pas fait le dedans* ! »
“ à 1 Marc VII, 2-6.
… 2 KalGce dûereîre Tnv ÉvroAny ToÙ Oeoû, Wa Thv Fapddocuy Ov Tphonte. (Marc VII, 9.) 8 Luc, XI, 39-40.