‹ Jésus-ChristChapitre 270 sur 376 · LA CANANÉENNE · texte numérisé non relu

LA CANANÉENNE

miracle qui annonçait à lui seul que les bornes nationales allaient bientôt s’abaisser. Ce ne fut pas, comme à Capernaüm, en faveur d’un centenier romain devenu prosélyte de la synagogue et presque incorporé à la nation sainte; nous ne sommes pas non plus comme à Samarie sur une terre à moitié sacrée où le culte du Dieu unique subsiste encore. Non, tout en ces lieux respire le paganisme le plus éhonté; d’impurs sanc- 4 tuaires dédiés à l’'Hercule phénicien s'élèvent de toutes ” à parts. En agissant en Messie sur ce sol profané, Jésus M fait une démarche décisive dont l'importance est encore 3 relevée par les circonstances qui l’accompagnent. à

Une pauvre femme cananéenne, qui a sans doute en-° tendu parler des grands événements accomplis en Judée, £

se jette à ses pieds. C’est une mère qui supplie pOur sa j: fille en proie à une aïfreuse possession : « Aienpitié, = s’écrie-t-elle, fils de David! » Le Maître garde d’abord #8 le silence, ses disciples sont importunés par la plainte é de la Cananéenne. Celle-ci devient plus pressante et °# n’obtient pour toute réponse que ces mots : «Il n'est ï pas permis de donner aux petits chiens Le pain des enfants'. » Il semble que Jésus ait voulu présenter le

droit ancien dans sa rigueur la plus implacable pour

éprouver cette fille d'un peuple idolâtre et pour donner «« plus de solennité à l'acte qu’il va accomplir. Jamais la < foi n’a montré une plus sainte hardiesse que celle que . | déploya cette mère infortunée : « ILest vrai, dit-elle; F mais il est permis aux petits chiens de manger les # Matth. XV, %. ù

Page 1