VOYAGE A CÉSARÉE DE PHILIPPE
miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Voilà bien la prière dont on à dit avec éloquence qu’elle est plus forte que Dieu même’. Emu d’une si touchante confiance en son amour, Jésus ne tarda plus à opérer la guérison demandée. C’est ainsi que la porte du paganisme fut ouverte à l'Evangile par les mains suppliantes d’une pauvre femme. Ce jour est un grand jour dans . les annales évangéliques.
De Sidon, Jésus se rend au nord-est du lac de Gé-
* nésareth, dans la Décapole. Cette province était ainsi …. appelée du nombre des villes qui y avaient formé une ” confédération, selon la coutume grecque. Les évangiles Æ rapportent à ce voyage la guérison d’un sourd-muet et » une seconde multiplication des pains, motivée par des i circonstances analogues à celles qui avaient donné lieu à à la première. Jésus se rend ensuite à Bethsaïde-Juliade où il guérit un aveugle *. De là, il g'ague les contrées
du nord, près des sources du Jourdain, à Césarée de
»" Philippe. Tout autour de cette ville s'étend la fertile plaine de Huleh, enfermée entre les montagnes boisées
» de Nephtali et les pentes du Hermon neigeux. Le Jour- - dain se fractionne en nombreux ruisseaux qui coulent entre les lauriers-roses, puis il va se perdre tout entier
dans la belle nappe du lac Merom. Les deux princi-
1 Adolphe Monod, Sermon sur la Cananéenne.
2 Matth. XV, 32. Marc VII, 1-9. Il n’y a point de confusion dans
les synoptiques entre les deux multiplications des pains. Jésus les
distingue nettement, (Marc VII, 19.) Les deux miracles diffèrent par
. la localité où ils ont été accomplis, par leurs dates et par les circonstances qui les accompagnent.