L'ENQUÊTE DU SANHÉDRIN
tions en conséquence. Le sanhédrim cite à sa barre l’aveugle guéri, espérant obtenir un désaveu; il n'obtient qu'une confirmation. Alors les parents sont mandés pour être confrontés avec lui; ils se bornent à constater la guérison de leur fils, tout en se refusant à donner aucune autre information, tant ils sont sous l'empire de la crainte. L’aveugle guéri est de nouveau entendu. Les juges jouent le rôle le plus pitoyable; ils veulent le contraindre à mentir à sa conscience. À toutes leurs sollicitations, le pauvre homme répond avec fermeté qu'il sait bien une chose, c’est qu'il était aveugle, et que maintenant il voit. On dira ce qu’on voudra, on ne fera pas que ce qui est ne soit pas. Les juges frémissent de colère; maintenant qu'ils ne peuvent nier le fait, ils l’incriminent. [ls croient fermer la bouche à ce témoin incommode en accusant Jésus d'être un violateur de la loi, un méchant. Ils ont compté sans la conscience, dont la grande voix s'élève plus haut que toutes leurs subtilités et leurs violences : « Nous savons, dit l’aveugle guéri, que Dieu n’exauce point les méchants, mais si quelqu'un honore Dieu et fait "sa volonté, il l’exauce. » Rien n’est redoutable pour les sophistes qui font trafic de la vérité et de la religion, comme la sainte candeur d’un cœur droit. L’aveugle déjoue la mauvaise foi de ses interrogateurs ; ceux-ci reviennent à la charge en lui demandant un nouveau récit de ce qu'ils savent déjà; il leur lance ce trait d’une poignante ironie : « Je vous l’ai déjà