‹ Jésus-ChristChapitre 285 sur 376 · GUÉRISON DE L'AVEUGLE-NÉ · texte numérisé non relu

GUÉRISON DE L'AVEUGLE-NÉ

Entre le judaïsme et Jésus, il n’y avait plus de rapprochement possible. La moindre circonstance devait porter les choses à l'extrême. C'est ce qui arriva, à la suite d’un nouveau miracle accompli le jour du sabbat. Jésus aimait à user de sa sainte liberté et à établir une distinction tranchée entre la tradition des hommes et la loi de Dieu. Il rencon- . tra près du temple un aveugle de naissance; il le guérit, non pas directement par une parole, mais en lui ordonnant d'aller au réservoir de Siloé laver ses yeux, qu'il avait recouverts d’un peu de terre mouillée de salive". L’antique prophétie avait fait de cette source célèbre un symbole de la grâce divine”; elle se plaisait à opposer ses eaux, qui coulent doucement, au torrent débordé, image de la puissance tumultueuse des nations païennes. Cette typologie hébraïque, à laquelle Jésus avait fait déja tant d'emprunts à la fête des Tabernacles, n’était certainement pas étrangère à sa pensée quand il envoya l’aveugle à la fontaine de Siloé. À peine celui-ci fut-il rentré dans sa maison, que le bruit de sa guérison se répandit dans toute la ville. Le sanhédrin, qui était à d'affüt de tout ce qui concernait Jésus, s’en émut immédiatement. Une enquête est commencée, mais la passion la plus inique y préside. On ne veut pas admettre un miracle qui augmenterait.le crédit d’un adversaire dangereux, et l’on dirige les interroga-"

1 Jean IX, 6.

3 Esaïe VIH, 6.

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