LE BON BERGER ET LE MERCENAIRE
voit tout d’abord, ce n’est pas l’offense qu'il a reçue, c'est ce troupeau dispersé qui, au lieu de pasteurs fidèles, a d'indignes mercenaires, prêts à l’abandonner à l'heure
du péril quand le loup rôde autour de lui ou quand
les voleurs veulent l’exploiter, l’égorger et le perdre‘. Ils n’ont pas passé par la porte de la bergerie, celle qu'ouvre le gardien; ils n’ont pas reçu leur mandat de Dieu et n'ont pas accepté la grande condition d'entrée dans son royaume, qui est la foi à son Envoyé. Dans ce sens, Jésus est la porte par laquelle il faut passer. Mais il est aussi le bon berger lui-même; quel contraste entre lui et le mercenaire! Tout d’abord, l’âme qui est faite pour lui entend sa voix, tandis que celle de l’imposteur ou de l'hypocrite n’a pas d'écho en elle; il nourrit ses brebis au lieu de les livrer, il les défend au lieu de les délaisser. Enfin il donne sa vie pour
elles, don généreux et souverainement libre de l'amour
qui simmole sans autre contrainte que celle de sa compassion *. Il semble que la pensée de sa mort élargisse l'horizon devant ses regards, car à peine a-t:l parlé de son sacrifice qu’il voit s’abaisser la barrière de la bergerie d'Israël; il contemple d'avance ces autres brebis de toute nation qui appartiendront plus tard à son bercaïl et se rangeront sous sa houlette, Un seul troupeau sous un seul berger, voilà l'avenir qu’il pressent”. Tel fut l’adieu que Jésus méconnu laissa à Jéru-
1 Jean X, 9-12.
id 18;19.
# Jd., 16.
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514 LE BON BERGER ET 1e E MBRCENAIRE. "à nn salem avant de reprendre une dernière fois Je ‘de min de la Galilée. Son nom était encore ballotté de l'insulte à l hommage, mais les voix quiT approuvañent se faisaient rares; elles partaient des derniers rangs du peuple. Ses ennemis, eux, n'étaient pas des Jiléens; ils avaient le nombre, la considération et T au-. torité. Toutefois il n'était pas seul, car Dieu était avec lui. |
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