CHAPITRE II
DERNIER SÉJOUR EN GALILÉE !. — RETOUR SOLENNEL À JÉ- RUSALEM PAR LA SAMARIE. —- LA FÊTE DE LA DÉDICACE. (D'OUTOBRE A DÉCEMBRE 782.)
Jésus voulait revoir la Galilée avant de la quitter pour toujours; il s’en était brusquement éloigné pour arriver à Jérnsalem pendant la fête des Tabernacles ;
aussi désirait-il prendre un congé solennel de ce peuple
qu’il avait tant aimé. Il retrouva le pays tel qu’il l’a-
. vait laissé ; la multitude flotte à tout vent selon les
| impressions du jour, prête à lui revenir s’il accomplit
un miracle, pour retomber le lendemain dans les préventions les plus injustes; les hautes classes sont mal disposées ou indifférentes. Hérode Antipas, qui jusqu à ce moment a dédaigné le nouveau mouvement religieux ou ne s'en est soucié.que par curiosité, com-
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mence à manitester une hostilité déclarée, exag'érée
| peut-être avec intention par ceux qui s’en font les
organes. Jésus, qui sait qu’il doit être mis à mort à
1 I] n’est pas possible de présenter les faits qui se rapportent à cette période dans un ordre chronologique strict, Il faut se contenter de les grouper.
Jérusalem, ne s'inquiète point des dispositions d'Hé-
rode, dont il caractérise d’un mot le vil caractère. Ce
n'est pas ce renard rusé et méchant qui pourrait l’em-
pêcher d'accomplir jusqu'au bout sa mission ‘.
Son activité se partage comme toujours entre ses disciples, dont il poursuit l'éducation avec un soin attentif, et la masse du peuple qu'il s'efforce d'éclairer sur sa mission. Mais ses appels prennent un tour plus direct; il mêle les reproches sévères aux paroles miséricordieuses; la charité lui commande de frapper à coups redoublés sur le cœur orgueilleux pour le briser. Puis la situation s’est dessinée, la guerre ouverte a commencé, la neutralité n'est plus possible, il faut que ses auditeurs prennent parti. Aux premiers temps de son ministère, il laissait les foules s'attacher à ses pas, Sans leur adresser des sommations aussi énergiques, parce qu'il voulait, avant tout, se faire connaître d'elles. Aujourd’hui elles en savent assez pour choisir entre lui et ses
. ‘4 . . 4 PRE adversaires. Aussi n’hésite-t-1l pas à présenter à ses
auditeurs actuels le redoutable idéal du vrai disciple.
Il demande un détachement absolu qui se résigne à rompre les liens les plus tendres et les plus sacrés, et à subordonner les affections de famille les plus légitimes à l’accomplissement de la volonté divine. C’est ce qu’il appelle haïr son père et sa mère?. Le meilleur com-
mentaire de ces déclarations est la réponse qu'il fait.
à ces deux hommes qui veulent bien le suivre, mais en
1 Luc XITT, 31.
2 Id. XIV, 26.
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faisant leurs conditions ; l’un désire prendre congé des siens, l’autre ensevelir son père". Non, point de con-
dition, point de délai ! Quand Jésus à parlé, toute autre
considération doit être écartée; il n’y a pas de devoir qui l'emporte sur ce devoir absolu. C’est donc une périlleuse entreprise que de devenir son disciple; aussi doit-elle être sérieusement envisagée; avant de partir
pour ce combat, il faut imiter le roi qui calcule ses
forces et celles de son ennemi; avant de bâtir cette tour élevée, il faut savoir si l’on pourra l'achever *. « Si quelqu'un ne porte pas sa croix et ne me suit pas, il ne saurait être mon disciple *. » Certes de telles paroles étaient bien faites pour éloigner tous les hommes qui ne voulaient pas s’enrôler sous ce drapeau du renoncement. Et pourtant, s’il est un cœur humble et bien disposé, un cœur souffrant qui ait besoin de consolation, comment résisterait-1l à un appel comme celui-ci : « Venez à moi, vous tous qui êtes travaillés et chargés et je vous soulagerai. Prenez mon joug et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes, car mon joug
est doux et mon fardeau léger *. »
Rien n’éloigne plus sûrement de Jésus que l’attachement aux biens de la terre. Quel tableau saisissant que celui de ce riche qui s'endort satisfait après avoir
1 Luc IX, 57-62.
3 Id. XIV, 28, 30.
3 Ootie où Basréber To oravpèv abtoÿ wat Épyerat Ôtiouw pou, où düvatai pou etvat Pants. (Luc XIV, 27.) .
Matth. XI, 28, 30. |
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