‹ Jésus-ChristChapitre 291 sur 376 · DE · texte numérisé non relu

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d'Orient et d'Occident. Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers". Jésus revient sans cesse à cette conclusion, parce que la seule chance de

salut qui reste à cette génération, c’est de revenir de ses refus obstinés et de profiter de cette clarté mourante du jour dù Messie qui leur a été accordée et qui va être si tt remplacée par la nuit.

Cette sévérité charitable se retrouve dans les paroles qu'il prononça en apprenant que plusieurs Galiléens

avaient été massacrés par Pilate à Jérusalem dans les

troubles qui y avaient éclaté à l’occasion de la construc-

tion d’un vaste aqueduc : « Pensez-vous, dit-il, que ces

Galiléens étaient plus coupables que tous les autres, pour avoir souffert cela? Non, vous dis-je, mais si vous

ne vous repentez, vous périrez comme eux?.» Ces s0-.

lennelles paroles sont comme une dernière sommation adressée à cette Galilée si favorisée, « qui avait mangé et bu en présence du Messie” » et avait entendu ses plus. touchants enseignements. Si telles sont Les dispositions persistantes du peuple, on peut juger de

celles des pharisiens. Le vieux levain d’orgueil et d'hypocrisie fermente toujours dans leur cœur. L’éternelle discussion sur la manière d'observer le sabbat renaît à chaque occasion nouvelle. Jésus est toujours

sous'le coup de ce ridicule décret implicitement rendu

contre lui par les hommes de la tradition : « Défense

23 \ ” « s \ ee € 1 MDoD, elgiy Ésyaror où Écovrat moûrou, nat elot mpürou ol Æcovtat Écyarot. (Luc XIII, 30.) ? Luc XIII, 5.

PAL ETd 720.

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de guérir et de sauver en ce jour.» Îl continue à.

user de sa royale liberté, comme le prouve la guérison d’une pauvre femme qui était courbée à terre par l'effet d’une possession. Pour châtier le pharisien, il se borne à tracer de lui un portrait ineffaçable; il

le montre debout devant Dieu dans le temple, s’ado-t

rant lui-même au pied de l’autel, jetant au ciel une prière hautaine qui est un défi, et bénissant le Très- Haut et le Très-Saint de ce qu’il n’est pas semblable au reste des hommes. Quel contraste entre lui et ce péager tout en larmes qui se frappe la poitrine et demande le pardon de ses péchés! C’est lui qui retourne justifié dans sa maison*?. Ce parallèle était un mortel outrage pour les fiers ennemis de Jésus. |

Ainsi, en haut comme en bas, dans tous les rangs, il arencontré l'opposition et l'incrédulité. Le règne de Dieu est venu sans éclat et l’on n'y a point fait attention, malgré les miracles et les enseignements du Messie*. On sait bien reconnaître, quand souffle le vent du midi, le signe d’un jour radieux et l’on ne sait pas voir les signes divins qui annoncent les temps nouveaux. Au moment de quitter pour toujours cette contrée quil a parcourue en tous sens, allant de lieu en lieu pour faire du bien, il prononce sur elle la sentence qu'elle a mé-

ritée. « Malheur à toi, Chorazin, malheur à toi, Beth-.

. saïde, car si les miracles qui ont été faits pour vous

1 Luc XIII, 10-14.

Id. XVIIL 14.

8 Jd. XVII, 20-21.

+“ Id. XII, 54, 56.

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DERNIER SÉJOUR EN GALILÉE. Del

eussent été accomplis à Tyr et à Sidon, elles se seraient repenties depuis longtemps sous le sac et la cendre. Aussi Tyr et Sidon seront moins rigoureusement traitées que vous au jour du jugement. Et toi, Capernaüm, n’as-tu pas été élevée jusqu'au ciel? tu seras - abaissée jusqu'en enfer. C’est pourquoi je te dis que ceux de Sodome seront traités moins rigoureusement que toi au jour du jugement'. » Ainsi ce ministère galiléen, qui à commencé par les béatitudes, se termine par une parole de malheur. Le nom de Sodome et de Gomorrhe est jeté comme une sinistre prophétie à ces cités charmantes qui ég'aient les bords du lac limpide,

et dont aujourd'hui les débris eux-mêmes ont disparu. Cette terrible sentence du Christ n’a pas eu pour écho les rocs brûlés qui entourent Jérusalem, mais ces fraiches et vertes collines où le peuple attentif s’asseyait naguère à ses pieds. Elles ne font que résumer son ministère galiléen, car elles sont la conclusion de tant d'appels repoussés et de tant de miracles inutiles. Ainsi s'affirme l'unité morale de la vie de Jésus. Les cœurs se sont manifestés. Il ne s’est point démenti un seul jour. Ce qui a changé, c’est la disposition du peuple, mais pour lui, qu’il soit accueilli ou repoussé, il n’a jamais cessé de montrer au monde une divine charité. N'est-ce pas dans cette même période qu’il à insisté avec le plus de force sur l’amour du prochain? Rien ne ressemble moins au fanatisme qui pousse à la dévotion intolérante, ferme le cœur à la tendresse, et, sous pré-

1 Luc X, 12-16.

texte d’être tout à la cause de Dieu, se montre sans pitié pour la souffrance. 1

Jésus saisit l’occasion d'un festin chez un pharigien influent pour recommander non-seulement l’humilité qui choisit la dernière place, mais encore la généreuse hospitalité qui, au lieu des parents et des amis riches, convie les pauvres et les impotents.

Evidemment nous n’avons là qu'une application spé-

ciale de la règle qui doit présider à la vie entière et substituer partout le don gratuit au simple échange des bienfaits ou des services". La parabole du bon Samaritain remonte à la même date?. C’est ici qu’apparaît dans tout son jour le contraste entre la dévotion sèche et égoïste et cette charité chrétienne qui depuis dix-huit siècles relève la portion la plus malheureuse de l'humanité. La première passe avec arrogance devant le voyageur mourant pour se rendre à la ville sainte et offrir à Dieu dans son temple un culte hypocrite ; la seconde discerne Dieu dans sa créature, et ne connaît pas d'acte religieux plus pressé que de verser l'huile et le vin sur les blessures du moribond et de le conduire à l'hôtellerie secourable. Jésus ne pouvaït faire une plus magnifique réponse au scribe qui lui avait demandé ce qu’il fallait entendre par le prochain. Le prochain, c’est tout d’abord celui qui souffre, tel est lé sens général de cette parabole. Mas ce n’est pas encore assez pour le Sauveur, il s’identifie au pauvre; le

{ Luc XIV, 7-11.

ITR 60-07,

LE DEVOIR DE LA CHARITÉ. So

malheureux, c'est lui-même. C’est bien lui qu’on vi- 2 . . , . .

«site dans le cachot des prisonniers, c’est bien lui que

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Jon nourrit dans l’affamé. Le verre d’eau donné à celui qui à soif, il nous en sait gré, comme s’il lui avait été offert. « Ce que vous aurez fait à l’un

de ces petits, vous l'aurez fait à moi-même. » Mais

. aussi il se sent repoussé, maltraité dans la personne

pieuses n'empêchent pas la condamnation des cœurs

u dernier des malheureux; toutes les protestations

durs ‘. La parabole de Lazare et du mauvais riche

- complète celle du bon Samaritain, en annonçant le

châtiment dont seront frappés ces hommes vêtus de

pourpre et de fin lin qui laissent l’indigent sans pain sur le seuil de leur splendide demeure. Le voile qui cache la vie future s’abaisse un instant; nous assistons à ce renversement terrible de situation auquel doivent s'attendre les grands du monde qui ont foulé les faibles et les petits; à l'heure même où, sur la terre, on leur décerne de fastueuses funérailles, ils apprennent com-

« bien le jugement de Dieu diffère de celui de leurs flat-

teurs, tandis que les saints anges portent Lazare dans,

- le séjour de la gloire*.

C’est à tort que l’on verrait dans ces paraboles et dans les discours qui les accompagnent une sorte d’exal-

tation communiste, comme si Jésus eût voulu fonder

la religion des pauvres. Il n’a point proscrit la richesse

» en soi, comme le prouve la parabole de l’économe in-

t Matth. XXV, 41-46.

? Luc XVI, 19-31.

524 ‘ L'ENVOI DES SOIXANTE-DIX DISCIPLES. M | !; 300 fidèle, dont la conclusion est qu’il faut se faire des amis

avec les richesses iniques; ce qui suppose qu'on er in

peut faire un noble emploi".

Les instructions données aux disciples pendant cetteh période sont en parfaite harmonie avec la gravité des circonstances; elles ne sont plus seulement adressées aux apôtres, mais aussi à Ceux qui se sont joints au: groupe primitif. Jésus choisit soixante-dix d’eñtre eux et les envoie, comme il avait envoyé les douze, pour remplir une mission très élémentaire si l’on considère | la simplicité du message, mais très glorieuse par les effets surnaturels qui l’accompagnent, Les soixante-dix disciples doivent, comme leurs devanciers, apprendre à l’école de l'expérience ce que Jésus réclame de ses té-« moins et quels secours extraordinaires il leur accorde ?.

La ressemblance frappante qui existe entre les deux orandes investitures de la charge du témoignage évan- À gélique écarte de la première toute notion sacerdo= î tale; l’apostolat au sens moral s’étend à tous les vrais adhérents du Christ, puisque le Maître a tenu lemême langage à ses messagers indistinctement, qu’ils eus sent pris rang ou non parmi les douze. On sait que,« dans la symbolique juive, le nombre soixante-dix figu= rait les nations païennes, tandis que le nombre douze se rapportait aux tribus d'Israël. Cette seconde inves= titure implique donc un élargissement de la mission évangélique ; nous n'y retrouvons plus les restrictions

1 Luc XVI, 9-12. .

x {Tan Rsel 11,

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