LES LIVRES DES MACCABÉES
du sénat, grâce à la protection d'Antoine, il vit son royaume agrandi par la faveur d’Anguste. Il s'était débarrassé des derniers Maccabées par la trahison ou la violence; il avait fait noyer sous ses yeux le neveu de sa propre femme, le jeune Aristobule, lequel avait droit à la souveraine sacrificature, puis, sur un soupçon, il avait fait condamner par un tribunal dérisoire sa femme, la belle Mariamne, nièce du vieil Hyrcan, qui avait été si longtemps son protecteur; bientôt après, il avait immolé les deux fils qu'il avait eus d’elle, redoutant en eux des vengeurs de leur mère. Il foulait aux pieds sans crainte toutes les coutumes nationales, bâtissait des villes à l'honneur d'Auguste et les ornaït de cirques et de théâtres comme s'il eût régné sur une terre païenne. Tel était le roi des Juifs au moment où la fermentation religieuse et nationale atteignait son plus haut degré. Ce protégé des Ro-
mains, ce descendant de la race abhorrée d'Esaü, ce,
contempteur insolent de la religion du pays, ce despote cruel couvert du sang de ses proches, passant de la débauche au meurtre, réunissait en lui tout ce qui pouvait exaspérer le parti national. Sur le trône de David qu'il profanait, il était devenu pour les pharisiens et pourle peuple qu'ils animaient de leurs passions, un sujet d'indicible horreur ; les sadducéens seuls étaient satisfaits.
Peu de temps auparavant avait été écrit le récit des exploits des Maccabées ", On y retrouvait toutes vivantes
1 Nous avons quatre livres dans les apocryphes juifs qui portent le nom de Maccabées. Le premier est comme l'épopée de la glo-
tra