‹ Jésus-ChristChapitre 306 sur 376 · LA DÉLIBÉRATION PU SANHÉDRIN · texte numérisé non relu

LA DÉLIBÉRATION PU SANHÉDRIN

la Judée, l'avait élevé au sacerdoce suprême, qui n'était plus qu'une magistrature précaire mise au service de la politique romaine. Aussi l'historien sacré le désigne-t-il avec raison comme le souverain sacrificateur de cette année-là '. Caïphe était en réalité l'instrument docile d'Anne, son beau-père et son prédécesseur, rusé politique vendu à l'étranger, tout en gardant toutes les passions de sa caste. [l proposa tout simplement une condamnation sommaire, sans débat contradictoire, « Il importe, dit-il, qu'un seul homme périsse pour le peuple, au lieu que le peuple entier soit perdu *. » Ces paroles abominables s'éclairent pour l’évangéliste d'un rayon prophétique; elles lui semblent dans la bouche du grand-prêtre un de ces oracles involontaires que l'Esprit divin a arrachés plus d’une fois aux méchants. Le Christ, en effet, n’est-il pas mort pour son peuple et pour l'humanité? Ce sens profond échappait entièrement à Caïphe, et son crime subsiste tout entier. Nulle voix n’invoqua l’éternelle justice; la condamnation de Jésus fut décidée sans être officiellement prononcée, car le sanhédrin ne pouvait exécuter lui-même son arrêt, puisque le gouverneur romain jugeait en dernier ressort.

1 Apyuepede y Tod évrautoÙ éncvou. (Jean XI, 49.) 3 Jean XI, 50.

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