‹ Jésus-ChristChapitre 305 sur 376 · LA DÉLIBÉRATION DU SANHÉDRIN · texte numérisé non relu

LA DÉLIBÉRATION DU SANHÉDRIN

de Jésus s'ils ne l’arrêtaient immédiatement par des mesures décisives ; une seule était désormais suffisante : c'était la condamnation de Jésus. La fête de Pâque approchait; savait-on jusqu'où se porterait l'enthousiasme d’un peuple avide de merveilleux quand il apprendrait un tel prodige? Le conseil se réunit dans la salle ordinaire des séances qui faisait partie du temple. La délibération eut dès l’abord ce caractère orag'eux et sinistre qui précède les résolutions extrêmes aux jours de danser. La question de justice fut écartée ou plutôt ne fut pas même abordée; on ne se préoceupa que du salut. public, ce qui est le sûr moyen d'aboutir à la violence et à l’iniquité. L'influence grandissante de Jésus fut présentée comme mettant en péril les premiers intérêts de la nation. On parla du soulèvement possible qui attirerait une terrible répression des Romains. « Is détruiront ce lieu, » disent en pâlissant ces prêtres et ces docteurs qui défendaient le sanctuaire du vrai Dieu comme les marchands d'Ephèse défendaient le temple de Diane, pour l'honneur et les profits qu'ils en retiraient'.Cet argument, digne des sadducéens, aurait dû faire bondir d’indignation le parti des patriotes. Mais les pharisiens étaient encore plus jaloux de leur autorité que de l'indépendance de leur nation; ils redoutaient Jésus bien plus que les Romains. Aussi se sardèrent-ils de protester, comme ils l'eussent fait en toute autre occasion. Ce fut le sadducéen Caïphe qui emporta la décision. Valerius Gratus, avant de quitter

1 Jean XI, 48.

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