‹ Jésus-ChristChapitre 309 sur 376 · JÉSUS CHEZ ZACHÉE · texte numérisé non relu

JÉSUS CHEZ ZACHÉE

À peine la porte de la ville était-elle franchie, que le

- -cortége était arrêté de nouveau par une scène d’un

genre bien différent. Zachée était le chef des péagers de Jéricho'; cette charge devait avoir une grande importance dans une ville aussi prospère. Mais la ricMesse qu’elle procurait était amplement compensée par

le mépris qu'elle attirait de la part des Juifs. Zachée

était flétri par l'opinion publique, malgré un désintéressement admirable poussé jusqu'au scrupule; car, comme il le dit à Jésus, il donnait la moitié de ses biens aux pauvres et dédommageait au quadruple celui auquel il avait fait quelque tort involontaire ?. I n'était point infatué de ses vertus; peut-être l’ostra-cisme injuste dont il avait été la victime l’avait-il préservé de l’orgueil qui perdait ses compatriotes. Lui aussi aspirait à rencontrer le divin Maître ; 1l savait qu'il ne repoussait pas les péagers, et que, parmi les disciples immédiats, se trouvait un de ses pareils. Cependant, devant un peuple mal disposé, il n’osait pas aborder directement Jésus, mais il voulait au moins contempler son visage; comme il était de petite taille,

il monta sur un sycomore planté en pleine rue, à la

mode orientale. Jésus lit dans ce noble cœur froissé, et il n'hésite pas à honorer sa maison de sa visite. C'était, selon sa belle expression, y faire entrer le salut avec lui*, car il avait trouvé un vrai descendant d'Abraham. « Le Fils de l’homme, dit-il dans une de

1 ApytrehGvns. (Luc XIX, 2.) ? Id. 8.

Ad,

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