‹ Jésus-ChristChapitre 326 sur 376 · L'ATTAQUE DES SADDUCÉENS · texte numérisé non relu

L'ATTAQUE DES SADDUCÉENS

alliés d’un jour, les remplacent dans cette mauvaise guerre. Quelles merveilleuses réconciliations ne produit pas une haine commune ! Les pharisiens laissent outrager, sans protester, leurs convictions les plus chères, dès qu'ils peuvent espérer que par ce moyen on embarrassera Jésus. Eux, les défenseurs attitrés du dogme de la résurrection, ils n’ouvrent pas la bouche alors que les sadducéens persiffient ouvertement cette

croyance en demandant avec une ironie peu dissimulée

ce que fera dans la vie future la femme qui, en se conformant à la loi du Zeviralh, aura épousé successive- ment sept maris. — Jésus écarte cette grossière objection, bien digne des matérialistes qui la lui présentent,

en invoquant les conditions nouvelles de la vie tout -

angélique du ciel, puis il va plus loin, il s'attaque au doute abject sur nos immortelles destinées qui se cache sous toutes ces suppositions absurdes, et l’écarte par ce mot sans réplique : « N’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit : Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, etle Dieu de Jacob. Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants !. » |

Après avoir affronté ce feu de questions malignes, Jésus interroge .à son tour. Il demande ‘aux assistants de qui le Christ doit être le fils d’après les prophètes. =— De David, lui fut-il répondu, car nulle interprétation des oracles de l'Ancien Testament n’était plus unanime-

ment acceptée. « Comment donc David l’appelle-t-il son

Seigneur? » reprend Jésus en citant le psaume où le

1 Matth. XXII, 32.

RÉPONSE DE JÉSUS AUX SADDUCÉENS. 585 Messie, représenté sous l’image d’un roi victorieux, est salué de ce nom divin. « Si David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils‘? » Evidemment ce n’est pas la descendance davidique qui est écartée dans ces évaniles qui la supposent à chaque page. Jésus a voulu établir que cette noblesse, la plus illustre au point de vue théocratique, était insuffisante pour lui et qu'il

descendait de plus haut encore?. On le voit donc,

dans cette parole comme dans la parabole des vignerons meurtriers, comme dans ses discours publics rapportés par saint Jean, 1l affirme son incomparable dignité et il se donne pour le Fils de Dieu avec d'autant plus d'énergie et de clarté qu'il est davantage abreuvé d'isnominies par les chefs de la hiérarchie. La question qui soulève les plus violents orages porte bien plus

sur sa personne que sur sa doctrine, c'est lui-même

qui est en cause et non son enseignement. Pourquoi nous en étonner? N'est-il pas la vérité, et la religion qu'il fonde n'est-elle pas tout entière rattachée à lui? Certes, ces derniers entretiens avec les prêtres et les docteurs suffisaient pour révéler leur incurable endurcissement. Le moment était venu de flageller leur orgueil et leur hypocrisie devant ce peuple qu'ils mépri-

saient. L'accusé, se redressant de toute sa hauteur,

devient accusateur à son tour; semblable au héros de

1 Maith. XXII, 41-46.

2 ]1 y a là une preuve frappante de l'antiquité du premier et du deuxième évangiles. Les premiers chapitres, dont on ferait volontiers une légende ajoutée après coup, sont supposés par cette déclara-

… tion de Jésus ; ils font donc corps avec le récit de Matthieu et de Luc.

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