‹ Jésus-ChristChapitre 33 sur 376 · LE JUDAÏSME ALEXANDRIN · texte numérisé non relu

LE JUDAÏSME ALEXANDRIN

trée une certaine indépendance. Ds furent beaucoup pus heureux que leurs frères de Judée, car la protection des Ptolémées ne leur fit j jamais défaut; ils possédaient les mêmes droits civils que les Grecs. Leurs synag'oœues et Jeurs écoles devinrent “lorissantes, mais aussi ils subirent largement l’ influence de l’hellénisme. Nous … en avons déjà signalé les traces dans la traduction des Septante, qui fut elle-même un puissant moyen de - conserver et de développer la culture grecque parmi ceux. IIS furent promptement entraînés en Egypte dans ce mouvement de fusion universelle qui faisait la gloire d'Alexandrie. Le judaïsme y perdit le vrai “eus de la religion de ses pères; tandis que les pha- risiensen Palestine ensevelissaient l’esprit sous la lettre * morte, l'école égyptienne faisait disparaître la lettre

sous ses interprétations subtiles et finissait par dissou- -

dre les réalités positives du mosaï$gme dans le creuset du syncrétisme. La philosophie platonicienne se subs situait | peu à peu au monothéisme de l'Ancien Testament,

Le livre de la Sapience de Salomon, qui a été écrit à Alexandrie deux siècles avant Jésus-Christ, porte déjà l'empreinte de ce dualismemétaphysique. L'auteur a beau invoquer les faits les plus significatifs de lhistoire des Juifs, il ne s’élève pas au-dessus d’une notion

toute générale de la justice; le souffle qui anime ses

longues exhortations vient plutôt de Platon que de Moïse. Il croit à la préexistence des âmes", à la matière

1 Moy dë dyaldc &v NAUÈY eis ca duiavtov. (VII, 20.):

PHILON:. JE te

éternelle", et il conclut à l ascétisme Le sagesse do te i] fait de si belles descriptions, se confond pour lui av ce. un prototype divin, mais impersonnel, d’après lequel

. monde à été modelé. C’est uneidéeetnon une personne; F elle remplit toutes choses, elle traverse 1 da ie sains et se répand comme un fluide lumineux dans tou

dir -

PA e < l'univers. De toutes les images destinées à à releve sas

gloire, on ne tirera rien de plus *+:Le Messie n n'aurd pas à d'autre mission que d”’ établir la domination des Jui fs. sur les autres peu pless ils jugerontrles nations et da do- . mineront les peuples, et leur Seigneur régnera à je æ mais. Le judaïsme ale exandrin prit une forme plus, are rêtée avec Aristobule, qui. chercha à lui. créer: der titres auprès des Grecs en interprétants où refusant arbitrairement les hymnes orphiques, et en. usant le premier avec hardiesse de la méthode allégorique: 1 Es espérait ainsi faire disparaître de l'Ancien Testament tout ce qui ne cadrait pas avec son système. + | Le principal représentant de cette tendance fut Philon, le célèbre contemporain de Jésus. L' Ancien Testament, comme l'Evangile, nous maintient sur le ferme : terrain moral; la liberté joue le premier rôle dans les Ë destinées de notre race; seule elle explique sa chute comme son relèvement. Nous sommes en face d'une 1 « Dieu est l’ordonnateur de ce qui est » (reyvirne rüy an

(VIII, 6.) ïs % ? «Heureuse la stérile.» (C. III, 13.) «Le corps mortel enchaîne | l'âme. » (IX, 15.) A 3 C’est une vapeur (au IG) de la vertu Arias une Émiana tie

(ärobéolx) de la gloire du Tout-Puissant, un reflet de sa splendeur. >

Et ti À Ocias uetabaivousx. (VIT, 27-30.) : IFRRT IT

« + ::"" à PHILON. 127

vivante histoire, an Mae réel, qui a eu son commen- cement comme il aura son dénoûment. Avec Philon, nous ne sortons pas de la métaphysique; l’histoire conti.

nue la cosmogonie; elle n’est plus que laréalisation éter-

pie des lois nécessaires qui président à la formation et à l'organisation du monde. Aussi les deux systèmes ; * sont-ils en contradiction manifeste sur tous les points essentiels de la doctrine religieuse, qu'il s'agisse de T'origine des choses, du principe du mal ou du salut de

l'humanité. Entre le dualisme oriental et le théisme … juif ou chrétien, l'opposition est radicale. Or, Philon, . n’a fait que ressusciter cet antique dualisme en l'enve-

loppant d'ingénieuses allégories comme d'un voile; 1l est facile de le reconnaître sous les hommages sin-

| cères qu'il prodigue à la religion de ses pères. Son

re : Dieu, quoi qu il en dise, n’est pas le Dieu d'Abraham,

+ | d'Isaac et de Jacob, le Dieu qui se révèle à ses adorabte urs, les œuide et les DE en réclamant leur obéis-

4 sance et leur amour; c'est l'être abstrait, plus élevé que l'unité même; il est placé au-dessus du bien, du Fa et de toutes les catégories de la pensée". Il n’a pas oduit Je monde du néant par une libre action créarice e;ili ne peut] jamais cesser de produire, pas plus que “4 € st de brûler et la neige de communiquer le froid ?;

hi Le ,

| D 0e LévOS Éatt nat Év, TÉTALTEL HATY TO EY Hal v Ta) poviix. | .a illeg., I, 1.) To dy o at dyaboÿ xoeïrrov dort nat Evdc ete ÉITEPOV. (De Vita Équrmbitins, I.)

: nee nat pi voc To YÜpELv, oÙTw Aa F3 La TOLELV. (Ho alleg.

ee Hasta yap oddÉTETE ro! à decs, GNN Gorbo roy rd ralety

128 A, = PHILON. avr

er | ch

ja lumière et la vie émanent de lui comme | rayon d'un "4 astre. La patEre ne saurait être une de ses émana-

PARCS re

ra lohs ; anési représente-t-elle l'élément de diversité, de Mr À ;

EE «désordre, a passivité, qui est en opposition directe. avec l'Etre absolu. Elle existe donc éternellement en … bre face S + elle n’a, comme lui, ni commercement

ni fin; il en tire un monde parfait en Pret

ne # 4 la forme et la beauté et en tirent le

RS Le es D

3 La anges, quand on les considère dans leur mult | elles forment toutes ensemble le sonde idéal de

1 LE Exeivnc tévr’ UT £y d de | où v2P Ÿ Dépus à RELDOU HA! TEqUpuÉVNe Fe fa ATUULATOLS uvépet, @Y ÉTUU.OY OVoULX a (dau, , AATE YEN ve To "YÉVOS ÉXAITOY TNy dppéTrouca agen Lop?hv. “(De Sc Saer.

| 2 OÙSEy dy Étepov tdv vontdy elvat xécuo À (EE # TOLOÏVTOS. (De Mundi opific., Ÿ L) Le lieu divin est les à sincorporels (rAñons dcuuiruv dort Aéywv). (De Sons verbes incorporels sont les anges, qui personnifient le idées Donc | ete unique et personnel n'existe pas. Voir sur Eu lité é similer le verbe de Philon à celui de saint Jean, les beau: ments de M. Dorner dans son introduction à son. rai

l’'ITistoire de lu doctrine et de la personne de es | * : + %. | + + |

- Cosmos". Ces idées, ces puissances s’appel ent des

Page 1