II, — L'ARRESTATION. — LE PREMIER JUGEMENT
À la première clarté de l’aube, moins brillante que la lumière céleste dont l'âme de Jésus est inondée, une troupe bruyante franchit le seuil du jardin solitaire. Elle à un guide qui connaît les habitudes intimes du Maître : Judas a promis de le désigner à ces grossiers subalternes, qui ne le connaissent pas. Son interven-
tion était indispensable du moment où, pour frapper
le grand coup, on était décidé à préférer la ruse à la violence, et à éviter toute agitation populaire. Il fallait, dans ce cas, se saisir de Jésus à une heure et dans un lieu où l’on était sûr qu'il ne serait pas entouré, et, pour cela, connaître ses retraites habituelles. Un de ses familiers pouvait seul rendre un tel service. Tout devait se passer le plus pacifiquement possible; le signe convenu pour l'arrestation était le baiser du traître. « Hé quoi, lui dit Jésus, tu trahis ton Maître par un baiser. » Ce mot poignant traverse sa conscience;