‹ Jésus-ChristChapitre 355 sur 376 · Jean I · texte numérisé non relu

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Sasaintetése confond avec sa charité, car la loi de : Pamour est la loi morale par excellence, celle qui nous rapproche le plus du type même du bien ou plutôt du bien essentielet éternel qui est Dieu. Or nous avons vu Jésus du commencement à la fin de sa carrière marquer tous ses actes et toutes ses paroles de ce sceau divin; il se‘donne à son Père et aux hommes dans une immolation constante de sa personne jusqu'au jour du dernier sacrifice. Cet amour qui brillait dans le doux éclat de sa parole et y allumait parfois une sainte indignation, qui se répandait dans ses bienfaits, qui l’empêchait de reculer devant aucune fatisue, aucun labeur, aucun danger, cet amour qui était comme l'harmonie de:sa vie morale, mêlant la douceur à l'énergie, l'humilité à lhéroïsme; cet amour immense, inépuisable, comme il a resplendi à nos yeux sur le bois maudit, sanglant autel où la flamme de l'holocauste a brillé dans toute son ardeur en consumant la vietime ! Le C’est précisément cette sainteté parfaite qui élève sa mort à la hauteur d’un libre sacrifice. Quand l’homme pécheur exhale son dernier souffle, il subit le châtiment qu’il a mérité, il paye sa dette à l’éternelle justice. Au contraire, Jésus, en mourant, reçoit le châtiment d’autrui, il souffre pour la race à laquelle il s’est identifié, et cette généreuse souffrance, qu'il a volontairement acceptée, est un acte d'amour et d'obéissance. Voilà

pourquoi elle a un caractère réparateur et rédempteur. Nous le retrouvons au Calvaire tel que nous Pavons ‘vu au désert de la Tentation et en Gethsémané comme dans tout le cours de sa carrière, accomplissant la grande loi de la création, qui est de faire la volonté de Dieu. Mais dans ce jour elle se présente à lui sous la forme la plus redoutable, puisqu'il s'agit d'accepter les plus

amères conséquences de la chute. C’est ainsi qu'au nom

de l'humanité 1l rétracte la rébellion de l'Eden, il rapporte à Dieu le cœur de l’homme; mais il le rapporte immolé et renoue ainsi le lien brisé entre la race perdue

et le Père qui n'attend que son retour pour lui rouvrir

ses bras.

Gardons-nous d'établir à la croix une sorte d’opposition entre Jésus et Dieu. En sauvant le monde par son sacrifice, Jésus accomplit le dessein de son Père. « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils !.— [létaiten Jésus le réconciliant avec lui*, » Sa justice n’est que la sainte dignité de son amour qui réclame à tout prix une réponse. La voici enfin cette réponse tant attendue, la voici dans ce sacrifice qui épuise, en les acceptant, toutes les conséquences du péché! Jésus est bien sous le coup

de la colère du Père, puisque la mort est le châtiment

voulu de lui pour frapper la race rebelle; 1l est entré

dans une région maudite en entrant dans notre monde:

C'est surtout quand il s'est engagé dans le sombre

défilé de la mort, qu'il sent peser sur lui cette malédic=

ean IfI, 16,

1#] 2 2 Cor. V, 19:

mm

tion effective, résultat d’un péché qu’il n’a pas commis. Mais, par son obéissance et son amour, il transforme et désarme la malédiction, puisque, dans la mort même, il s'unit à Dieu, son Père, et nous réconcilie avec Jui. Il n’y à donc rien dans sa souffrance qui ressemble à une malédiction directe de Dieu, s'adressant à sa personne; Jésus ne meurt point comme un damné ; il n'a connu de l'enfer que la haine diabolique qui l'a cloué sur le bois du supplice.

Si la croix n'est pas une simple manifestation de l'amour divin, elle n'est pas non plus un talion et une vengeance du ciel contre la terre, comme si Dieu attendait pour pardonner que la souffrance de son Fils égalât par son immensité la grandeur de nos révoltes ce qui n'eût jamais été possible, car une peine infinie ne s’enferme pas en quelques heures. La croix est une réconciliation, c’est là que l'humanité revient dans la personne d'une sainte victime au Dieu qui l’attendait depuis les premiers jours du monde. Si l'être pur qui le représen te souffre plus qu'aucun autre de ses enfants, c’est précisément, comme nous l’avons établi à l'occasion des angoisses de Gethsémané, au nom de sa sainteté et de sa charité. Il souffre non-seulement pour luimême, mais pour toutes les générations humaines; dans l'énergie de sa sympathie, il s'associe à toutesles hontes, à toutes les tortures du péché; il se repent pour nous, et, dans le crime, dont il est la victime, il voit et il pleure la suprême manifestation de la dégradation humaine. Sa compassion achève sa passion en ui fai-

sant connaître des souffrances telles que le remords, qui, «

ne. sont pas compatibles avec sa sainteté. C'est dans es sens qu'il est descendu jusqu'en enfer pour nous sauver. Etienne peut mourir joyeux et triomphant; le plus

faible chrétien le peut à son tour; Jésus ne le pent.

pas, parce que l'amour infini, aux prises avec le mal infini, ne: saurait échapper à une inexprimable souffrance. Mais aussi cette mort est une rédempüon, ellea pour conséquence nécessaire le trioraphe et la résur-

rection.!

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