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V.—LA SIGNIFICATION DE LA MORT DE JÉSUS

Voilà donc Jésus couché dans l’immobilité et le silence de la tombe, semblable à ceux que nous pleurons et qui n'entendent ni nos paroles ni nos gémissements! Et cependant, à cette heure même, les anges qui ont annoncé sa naissance avec des chants de triomphe, entonnent un cantique de gloire ; car cette mort, dans sa réalité funèbre, n’en est pas moins la rédemption

d'un monde! C'est qu'elle couronne et résume une

1 Matth. XX VII, 59-60; Luc XXIIT, 50-56.

2 Jean XIX, 38-42,

3 Marc XV, 47.

k Matth. XXVII, 62-66.

sainte vie qui, du premier jour au dernier, a été une libre offrande à Dieu. Nous n’avons plus à établir cette sainteté parfaite. Si elle ne ressort pas de notre récit, tout ce que nous y ajouterions ne saurait la prouver. - [n vain on nous oppose que notre connaissance de Jésus est bornée et que les documents où nous la puisons sont incomplets. La vie morale se révèle tout entière dans certains actes vraiment caractéristiques; et quand elle nous apparaît absolument pure dans ses grandes ma- nifestations, 1l ne se peut pas qu’elle ait été auparavant entachée par le mal. L'eau qui a roulé du sable

ou du limon ne retrouve à aucun point de son cours une limpidité parfaite. | Le péché laisse en nous sa trace ou son stigmate alors même qu'il a été accompli sans témom. Devant le Jésus des évanoiles, la conscience reconnaît la réalisation de son idéal. D'ailleurs, il n’est pas exact de prétendre que nous ne possédons aucune donnée sur la portion de son existence qui s’est écoulée dans l'ombre; nous pouvons invoquer, pour la période qui précède son ministère, le témoignage implicite de sa mère et de ges frères devenus ses disciples. Ceux-ci n’eussent certes pas embrassé sa doctrine s'ils eussent jamais découvert en lui quelque imperfection morale. 5es apôtres ont vécu avec lui dans la plus étroite intimité; ils ne l’ont pas seulement vu dans l'accomplissement officiel et public de sa mission, mais ils l'entouraient encore à l'heure du repos et de la solitude. Or la foi en sa parfaite sainteté est leur plus ferme conviction;

s'ils ‘en eussent douté un jour, ils n'eussent pas brävé pour lui tant d’opprobres et de périls. Saint Jean parle en leur nom à tous, quand il s'écrie : « Nous avons vu sa gloire, une gloire telle qu'est celle du Fils unique venu

du Père !.»$es ennemis lui ont rendu l'hommage le plus éclatant, bien que le plus imvolontaire, puisque, dans

l'acharnement de leur haine, ils n’ont trouvé à lui oppe-

ser qu'une seule parole détournée de son sens véritable |

et qu'ils ont dù acheter des faux témoins pour fonder un semblant d'accusation. à

Mais. au-dessus de ces témoignag'es.des amis et des ennemis, nous avons le propre témoignage de Jésus. « Le Prince du monde n'a rien en moi, à-t-il dit 2. Qui de vous me convaincra de péché?» Ainsi, lui, le plus humble des hommes, le plus dépréoccupé de sa gloire personnelle, il affirme sans hésiter.sa parfaite sainteté. Et cependant nul n’a ane idée plus haute de la loi morale, nul ne se paye moins d’apparences. Certes le divin prédicateur de la montagne ne pouvait se contenter d'une piété légale ou du ‘formalisme correct, il n’a pas cessé un seul jour de faire la guerre à l'hypocrisie et d'exiger la pureté du dedans avant celle du dehors. Aussi, quand, après de telles déclarations on l'entend proclamer sa sainteté parfaite, il faut

voir en lui le plus imposteur des pharisiens, ou àl faut

reconnaître en l’adorant qu’il est lesaint de Dieu: Ce que”

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