‹ Jésus-ChristChapitre 361 sur 376 · LES DISCIPLES D'EMMAUS · texte numérisé non relu

LES DISCIPLES D'EMMAUS

bouleversés. Les juges iniques qui n'avaient pas craint de suborner de faux témoins n’hésitèrent pas davantage à acheter les gardiens du tombeau; ces misérables s'engagèrent à accuser les disciples d’avoir dérobé le corps de leur Maître pour accréditer une prétendue résurrection ‘. Preuve nouvelle de l'impuissance des simples prodiges pour renouveler les cœurs ! La terre ébranlée jusqu'en ses fondements, le sépulcre ouvert soudain, l'apparition des messagers du ciel, aucun de ces faits merveilleux n'avait agi sur ces âmes basses; quelques pièces d'or ont plus de poids à leurs yeux que ces grands événements. L'épouvante n’ébranle que l'esprit et ne détruit pas l’impénitence. A quoi donc eût servi que Jésus se montrât publiquementau peuple qui l'avait crucifié!

L'état moral des disciples, après ce qu’ils ont entendu le matin, nous est parfaitement dépeint dans les paroles de deux d’entre eux qui, vers le soir de cette grande journée, se rendaient à Emmaüs ?, petite bourgade s1tuée à soixante stades de Jérusalem, sur les confins du pays de Benjamin, au pied de la colline de Mitspa, illustrée par le séjour de Samuël. Peut-être étaient-ils natifs de cette localité, peut-être cherchaient-ils le recueillement loin du bruit de la ville. Absorbés dans leurs pensées, ils suivaient le chemin solitaire. On voit que pour eux une seule chose est certaine, c’est le supplice infamant du Maître; ce qu'on leur a dit du tombeau vide

1 Matth. XX VIII, L, 15.

? Aujourd'hui El Kubeibeh. (Robinson IT, p. 281.)

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