C6? L'APPARITION DE LA CHAMBRE HAUTE
nent immédiatement le chemin de Jérusalem, car ils
sentent bien qu’ils ne peuvent garder pour eux seul$un.
tel bonheur. Joie et douleur, tout se partage dans la famille du Christ. L'Eglise fut fondée en réalité dujour où exista cette communauté morale.
Les deux disciples étaient à peine arrivés dans/la.
chambre haute où leurs frères s'étaient étroitementrenfermés par la crainte des Juifs que Jésus apparut soudaïn au milieu d'eux". Eperdue d’étonnement et de joie,
l'assistance n'ose croire à un tel bonheur, il semble que:
ce soit un esprit, un fantôme. Il fallut bien se rendre à
: l'évidence quand le Maître leur dit : « Voyez mes mains.
et mes pieds. Touchez-moi et resardez-moi, un esprit
n’a ni chair ni os, comme vous le voyez en moi. » Il'fit
plus, il mangea devant eux un peu de poisson et du
miel. C’était bien lui en effet. Comment en douter en
entendant ces sublimes paroles : « La paix soit avec
vous. Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie.»
Puis il souffla sur eux en disant : «Recevez l'Esprit saint. » Ce n'était pas encore la grande effusion de la Pentecôte, mais pour le Fils de Dieu promettre c'est
1 Luc XXIV, 86. Il n’adonc pas cette fois franchi la distance d’une: manière extraordinaire, puisqu'il a été précédé par les deux disciples. Quant à l'opinion qu'il aurait pénétré dans la chambre haute au tra vers de la porte ou des murs, rien dans le.texte ne m’a contraint de l'admettre. Un tel prodige nous semble démenti d’ailleurs par les preuves palpables que Jésus donne de sa corporalité. (Luc XXIV,
39-43; Jean XX, 20.) Calvin repousse énergiquement dans son com-
mentaire une telle explication. Le miracle à pu consister en ce que les portes se seraient ouvertes d’elles-mêmes devant Jésus. Nousne pouvons en préciser la nature; seulement il faut se garder de tout ce qui rendrait fantastique la vie corporelle de Jésus.