‹ Jésus-ChristChapitre 38 sur 376 · LES JUIFS HELLÉNISTES · texte numérisé non relu

LES JUIFS HELLÉNISTES

des Zhérapeutes, dont Philon nous trace un poétique tableau; il n'a que des éloges pour cet ascétisme contemplatif, qui nous rappelle ce que l'Inde à produit de plus excessif. Entre son système et l’Evanile, on trouve la même différence qu'entre ces solitaires silencieux et exténués et les premiers chrétiens, conquérants du monde par la mission et le martyre.

De florissantes colonies juives s'étaient établies à cette époque en Asie Mineure, à Babylone, en Grèce et dans les îles de la Méditerranée. Elles se rattachaient à ja mère patrie par un lien beaucoup plus étroit que le judaïsme égyptien, qui formait comme une nation à part. Elles envoyaient annuellement leurs offrandes au temple et s’y faisaient représenter aux grandes fêtes, Rien de plus simple que l’organisation démocratique de la synagogue, gouvernée par un conseil d'anciens qui élisait son président, rien de moins surchargé que son culte, qui consistait en lectures et en explication deslivres sacrés le jour du sabbat. Ainsi se maintenait la vraie re ligion sur la terreétrangère. Cependant les Juifs de la dispersion n'avaient pas respiré impunément l'atmosphère intellectuelle de leur temps. Les Ze//énistes avaient l’esprit moins étroit que les Palestiniens, bien qu'un grand nombre d’entre eux fussent peu disposés à l'abandon de leurs priviléges nationaux, comme le prouvent les ardentes inimitiés que rencontra saint Paul dans les synagogues de l'étranger. Chacune d’elles était un foyer de prosélytisme, qui faisait, sur le paganisme, de nom-

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