‹ Jésus-ChristChapitre 37 sur 376 · CONTRASTE ARSOLU ENTRE PHILON ET L'ÉVANGILE · texte numérisé non relu

CONTRASTE ARSOLU ENTRE PHILON ET L'ÉVANGILE

l'ascétisme. Chacun est pour soi-même le vrai Messie, le sauveur. Moïse n’est élevé si haut par Philon que parce qu'il voit en lui le type du parfait ascète*.

On peut maintenant juger de l’assertion si légère ment lancée que Philon est le frère aîné de Jésus et l'inspirateur de saint Jean. Pour ma part, je ne connais pas dans l’histoire de la pensée humaine de contradictions plus flagrantes que celles qui existent entre les deux doctrines. La première repose tout entière sur la négation du mal moral; la seconde part du sentiment profond et amer du péché. La théosophie alexandrine ne veut pas de rédemption, l'Evangile n’est plus rien sans ce dogme. Philon proclame l'impossibilité pour la Divinité de s'unir directement à la créature humaine, tandis que l’incarnation est l’enseignement capital de saint Jean. L'un ne voit dans le Verbe que la généralisation abstraite des idées divines ; l’autre adore en lui le Fils unique de Dieu reposant dans le sein du Père. Le dernier mot de Philon est : Za Divinité ne peut toucher à ce qui est matériel. Le quatrième évangile se

résume dans cette parole du prologue : Ze Verbe est

devenu chair. L'antithèse est absolue, car ce qui est pour saint Jean une vérité capitale eût été un affreux blasphème pour le juif d'Alexandrie. Si donc on veux à tout prix rattacher le christianisme à une tendance antérieure, il faut la chercher ailleurs que dans les synagogues d'Egypte. Celles-ci ont abouti à la secte

1 Vita Moysis.

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