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LES SADDUCÉENS

humaine par des pratiques de couvent; le désert n'avait . pas été pour elle l’école de la sainteté, destinée à préparer aux luttes héroïques, mais bien le refuge définitif où elle échappait au combat !. Aussi, malgré quelques analogies tout extérieures, est-elle restée sans relation directe avec la religion nouvelle. De là le silence denos évangiles sur l’essénisme, qui a continué son rève solitaire tandis qu'à Jérusalem se jouaient les destinées de la religion pour le monde entier *.

Il faut une certaine audace pour prétendre que le sadducéisme a frayé la voie au christianisme, en élargissant les esprits *. Singulière manière de préparer à une religion de renoncement que de pervertir les âmes et de saper dans la conscience la base sur laquelle seule elle peut bâtir! Les sadducéens ont trouvé dans Hérode un roi selon leur cœur, débarrassé de tout vrai scrupule, courtisan de l'étranger, ennemi juré de la dévotion farouche qui prépare des troubles et des résistances, et n'hésitant pas à élever au sacerdoce ses créatures. Un tel régime était bien fait pour ces hommes de plaisir qui ne voulaient du pouvoir que les avantages matériels. Josèphe réduit à sa juste valeur cette pré-

tendue largeur d'esprit des sadducéens, quand il se

1 Nous n'avons pu souscrire aux opinions d'Ewald (Gesch. Israël, IV, p. 476), et de M. Reuss (Æistoire de la littérature au siècle apostolique, I, p. 115) sur l’origine uniquement hébraïque de l’essénisme.

3 Nous avons réfuté par ces développements l’idée de Strauss sur le rapport du christianisme primitif et de l'essénisme. (Leb. Jesu für deutsch. Volk., p. 155.)

3 Ibid., p. 178.

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