LE QUATRIÈME LIVRE D’'ESDRAS
L'humanité, dans son ensemble, est représentée comme une multitude « sans cause, » c'est-à-dire sans raison d’être; c’est le résidu misérable du vase de la création‘. La création n'existe qu'à cause du peuple élu, qui est le lis et le joyau de l'Eternel *. Si ce lis a été arraché de son sol natal et foulé aux pieds, ce n’est que pour un temps. « Quand les siècles seront révolus, mon Fils, le Messie, sera manifesté avec les siens, et il fera le bonheur des survivants pendant quatre cents ans. Il exercera un premier jugement sur les païens, et sera pour eux comme un feu consumant. Il ramènera les dix tribus d'Israël de leur dispersion et reconstituera le peuple élu. Après ces années,
mon Fils mourra ainsi que tous les hommes qui respi-
rent”, et le monde retombera dans son antique silence pendant sept jours. Puis la terre rendra ceux qui dorment dans son sein, et le Très-Haut s'assiéra sur son trône. La justice, la vérité et la foi subsisteront seules. Dieu se réjouira dans le petitnombre de ses élus‘. Voilà, dira-t-il, mon peuple spécial dans lequel mon nom a été
invoqué. Je ne me soucierai pas de la grande multitude
de ceux qui périront; car ils seront condamnés à bon droit à l'enfer. Sion rejettera ses voiles de deuil et repa-
1 «Residuas gentes dixisti eas nil esse et salivæ assimilatæ sunt. » (VI, 56.)
? «Propter nos creatum est seculum. Populus tuus quem vocasti unigenitum.» (VI, 56, 57.) « Ex omnibus floribus elegisti tibi Hilium
unum.» (V, 24.)
> « Et morietur filius meus Christus. » (VII, 830.) * « Multi crea# sunt, pauci autem salvati. »
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