LE VRAI JUDAÏSME
illustre son récit de prodiges, comme Tite-Live ou Ta=. cite, mais il ne s'élève pas au-dessus d’une froide histoire classique.
Nous n'avons parlé jusqu'ici que du judaïsme officiel au temps de Jésus, de celui qui régnait dans les écoles et au temple. La pure religion de l'Ancien Testament avait aussi ses représentants, même à cet âge de décadence. Plus d’un cœur attendait l’accomplissement des promesses sans méler à son espérance des passions toutes terrestres. Nous verrons que cette petite élite morale de la nation, qu'il faut chercher parmi les humbles et les méprisés, ou du moins dans les rangs les plus obscurs de la société juive, est arrivée au sommet du développement religieux de l'ancienne alliance; elle recueille le fruit mûri de cette œuvre si longue de préparation qui a commencé après la chute. Les souffrances et les amertumes du temps accroissent et purifient ces saintes aspirations. Si l’œuvre de préparation a abouti, pour le paganisme, à dégager de toutes les religions et de toutes les philosophies un grand idéal, qui ne saurait être réalisé par les seules forces humaines, n'en est-il pas de même pour le judaïsme? Il y a ici plus qu'une simple aspiration, il y a une glorieuse promesse, less sacré des pères. Sa décadence actuelle démontre que ce n’est pas dans son cadre qu’elle trouvera son accomplissement. Tous ceux qui s’efforcent de réaliser cet idéal dans l'enceinte du judaïsme ne font que le dénaturer misérablement. Aussi, les cœurs droits et pieux, au travers d'obscurités persistantes, soupi-
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