CRÉDIBILITÉ DE L'HISTOIRE ÉVANGÉLIQUE
intact ce quil a fait ou dit. Il y a dans cette persuasion une garantie d’exactitude scrupuleuse, car que peut-on ajouter à ce que l’on croit divin? Il ne sagit que de savoir si nous possédons encore la tradition primitive, si nous sommes en présence d'un témoignage direct et sincère. Il nous sera facile d'établir que nulle histoire ne s'appuie, de l’aveu même de nos adversaires, sur des documents plus irréfragables que l’histoire évangélique. Nous demandons pour elle le droit commun de la critique; il nous suffit qu'elle ne soit pas soumise à des règles d'exception, dont l'application frapperait d’interdit les faits les mieux constatés. Exiger, pour admettre l'authenticité d’un écrit, non-seulement des citations directes dans un livre contemporain, mais encore des attestations multipliées que ces citations ne sont ni tronquées, ni inventées, c’est n'accepter en histoire que des actes notariés et des patentes officielles ‘. Les Commentaires de César et les Annales de Tacite ne résisteraient pas à de tels procédé, car il n’y a pas de recours contre le scepti- . cisme qui est plutôt un état maladif de l'esprit qu’une . activité de la raison; l'impossibilité de conclure doit être distinguée avec soin de la recherche libre et consciencieuse.
1 Strauss, p. 40, 41.