I. — DES PREUVES GÉNÉRALES DE LA RÉALITÉ DE L'HISTOIRE ÉVANGÉLIQUE
Dans toute histoire il faut distinguer les faits essentiels, les grandes masses qui se discernent au premier coup d'œil et les faits particuliers, les détails, qui seuls donnent au récit la couleur et la vie. De là, deux genres de témoignages distincts : tout d’abord un témoignage direct, puis un témoignage plus général, plus vague, qui est comme l'écho dans le lointain d’un événement. important. Toute grande apparition historique dépasse nécessairement le cercle étroit de ses origines ; elle a son contre-coup dans le monde et on y doit retrouver sa trace plus ou moins profondément marquée. Ce double témoignage n'a pas manqué au christianisme primitif. En dehors de ses adhérents et de ses apôtres qui peuvent seuls nous faire connaître sa vraie nature, il a dès le début creusé son sillon dans la littérature juive ou païenne, de manière à mettre hors de doute la réalité de son apparition. Les hommes qui le haïssaient ou le méprisaient ont au moins garanti son caractère historique; il nous importe d'entendre leur voix : avant celle de ses représentants authentiques.
Il est certain que dès les premières années du second siècle, la religion nouvelle avait non-seulement grandi sur la terre de Judée, qui fut son berceau, mais qu’elle s’était répandue dans l'empire romain et qu’elle avait pris assez d'importance en Asie Mineure pour que Pline le Jeune, légat impérial en Bithynie, en référât à