LE CARACTÈRE DES TÉMOINS PRIMITIFS
tellectuelle de son pays et se montre versé dans la littérature classique. C’était un esprit orné des fleurs de la grande poésie et armé de la dialectique la plus vigoureuse. |
On netrouve chez aucun des premiers chrétiens les “entraînements d’une foi aveugle. S'ils se sont attachés de bonne heure à Jésus-Christ, ils résistent longtemps à ses plus clairs enseignements; selon une parole attristée de leur Maître, ils sont tardifs à croire, car ils partagent les préjugés de leur peuple et rien n’est plus en contradiction avec leurs vues premières que la notion d’un Messie crucifé et ressuscité, dont le royaume n'est pas de ce monde. Tout, autour d’eux et en eux, condamne une pareille doctrine. On connaît leur trouble et leur détresse le jour de la crucifixion; on sait avec quelle difficulté ils finirent par admettre sur preuves que le sépulcre n'avait pas conservé le corps de Jésus. Les doutes de Thomas, la résistance des disciples d'Emmaüs quine veulent pas accepter Le témoignage des femmes ‘, l’incrédulité persistante et furieuse de Saul de Tarse, tout démontre que nul état d'esprit n’était plus éloigné de l'enthousiasme irréfléchi que celui des premiers apôtres de, la religion nouvelle.
Qui ne reconnaïtrait dans leurs écrits l’inimitable ac-
cent de la sincérité? N'y ont-ils pas conservé jusqu'au souvenir de leurs défaillances ? Avec Pascal, nous croyons volontiers à des témoins qu’on égorge. L'imposteur vit de son mensonge et ne meurt pas pour lui.On ne meurt
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