LE TÉMOIGNAGE DE L'ÉGLISE DU PREMIER SIÈCLE
tière, comme un témoin irrécusable des événements qui se sont accomplis au premier. Qu’une légende de formation composite ait pu enfanter une certitude si ferme, si générale et si héroïque, voilà ce qu'il nous est impossible d'admettre. Nous avons à la même époque un témoignage plus direct encore; c’est celui de Quadratus, le premier en date des apologistes du christianisme, qui écrivait au commencement du second siècle et dont le livre paraissait à saint Jérôme plein de raison et de foi. Il affirme que de son temps, sans doute dans son enfance, on pouvait voir encore quelques-uns des malades miraculeusement puéris par Jésus-Christ ‘.
Si nous remontons’ au premier siècle, nous serons en présence des disciples immédiats du Christ. C’est en vain qu’on récuserait leur témoignage comme entaché d’isnorance ou de cet enthousiasme ardent qui ne laisse nulle place au contrôle sincère et à la réflexion. L’ignorance n’est pas l’inintelligence, quelque prévenu que l’on soit, il faut bien reconnaître que ces anciens bateliers, ces pêcheurs du lac de Tibériade, ces péagers ont déployé un génie puissant, puisque aucune parole n’a remué le monde plus que leur rude langage. Il est faux d’ailleurs qu'ils aient tous vécu dans l’ignorance; plusieurs d’entre eux ont participé à la culture de leur temps, ils ont appris à la connaître dans les centres les plus brillants de la civilisation païenne. Saul de Tarse, était au premier rang dans l'élite in-
1 Routh., Reliquiæ sacræ, I, p. 75.