‹ Jésus-ChristChapitre 8 sur 376 · LE PAGANISME ASIATIQUE · texte numérisé non relu

LE PAGANISME ASIATIQUE

de Baaltis, de Milcarth et d’Astarté, c'est toujours la même confusion entre les attributs bienfaisants et malfaisants de la nature, c’est toujours le même culte sanglant et voluptueux, mêlant le meurtre à la prostitution pour célébrer la divinité qui enfante et qui tue. La œrave et immobile Égypte, au bord de son fleuve sacré et sous l’inaltérable azur de son ciel, enferme dans des mythes asiatiques d’origine le rêve d'une immortalité confuse et indécise, toujours liée à la permanence de la dépouille mortelle. Elle pénètre d’un souffle nouveau la légende du jeune dieu mort et ressuscité qui n'est plus Adonis, mais Osiris. Le symbolisme pure= ment naturel de la crue et du desséchement du Nil ne lui suffit plus, le pâle royaume des morts s’éclaire à ses yeux d'une vague espérance depuis qu'Osiris y

a pénétré et y siège comme le juge et le roi des âmes.

Mais l'Égypte ne va pas plus loin, elle ne se dégage

qu'à moitié des liens du matérialisme asiatique qui

revit dans son symbolisr'e grossier. Nous nous éle-

vons d'un degré avec la religion inaugurée par Zo-

roastre six siècles avant Jésus-Christ : nous échappons à ce mélange incohérent du bien et du mal qui tuait à Babylone le sentiment moral; dans la nature comme dans la vie humaine, un grand combat est engagé entre deux puissances décidément hostiles; le culte est une guerre sainte, et il a pour manifestation principale le noble organe de la pensée, la parole, qui par la prière monte au ciel; la notion d’immortalité et de ju-

gements’épure. Cependant cette noble religion flotte

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