Jésus-Christ et sa doctrine
Dès qu’il me fut venu à la pensée d'étudier l’époque où jetais appelé à vivre, et de lui payer, selon ses besoins et selon mes forces, un tribut quelconque, je me sentis entraîné vers la question religieuse. Je jugeai bientôt que, dans l’état actuel de nos connaissances et sous le point de vue particulier de l’histoire, cette question, si intimement liée à toutes les vicissitudes de la société humaine, était, sans contredit, l’une des plus arriérées et des plus dignes d’exercer l’esprit de recherche, d’analyse et de recomposition.
Je résolus de reprendre à l’origine les faits et les idées qui sont les élémens substantiels des institutions religieuses exis-
PIÎKFACI-.
tantes, d'en suivre peu à peu la nature, les rapports généraux el les dissemblances, afin de mieux apprécier l'usage auquel on les a appliqués dans le monde.
Il m’importait surtout d'examiner si cette classe de laits ne recéiait pas eu elle-même le germe réel, la raison forcée de-qnelque développement nouveau, de quelque forme appropriée à l’avenir de mitre civilisation moderne, dans lesquels les rivalités des religions principales trotn traient à séteindrC, ou du moins à mieux se coordonner.
Jusqu'alors je néétais livré à l’étude de la philosophie et de la poésie dans la science, spécialement dans la science de l'homme sain et de l’ homme malade. Ce champ illimité d’impressions profondes est celui où l’on a le plus tôt l'occasion de reconnaître à quelles conditions multipliées , et souvent minutieuses, l'existence et l’harmonie d’un grand ensemble sont inévitablement assujéties i.
1 Je rapporterai ici <|Oettjne.s expressions textuelles d'un
PRÉFACE
Moi» premier essai lut publié en l’année 1 822, sous le litre de Loi de Moïse, ou Système religieux et politique des Hébreux.
Les réflexions que j’avais été obligé de faire sur le plan qui conviendrait le mieux à mou sujet, m'avertirent que nulle hésitation n’était permise.
Four arriver à la connaissance su disante d’un peuple aussi dévoué à une idée, à un système, que le peuple juif, aussi unn erselleinent cité, en bien ou en mal, à l’appui de telles ou telles théories, la tâche de l’écrivain était tracée d avance : il h*i-
lait «pie son o*nrre participât de la nature
opuscule que je bis obligé «le meure au jour à l'âge tie vingt ans, puni' obtenir l'Iioimeur d'un titre gui n'a pas cessé depuis luis d'étre puni moi d'un trèsgrand pris ; elles indiqueront assez lidelenieut la direction d’esprit à laquelle j’ai obéi de bouue heure : « Quand on s’adonne , disais-je, à une science d’un liant intérêt d'application, l'on n'est pas conduit seulement par le désir de connaître et par l’espoir de In satisfaction que le savoir procure : ces motifs peuvent être accessoires, mais il s’agit de remplir un but plus noble et plus digne de l'estime des hommes... Pour quiconque s'occupe d’une science, le premier soi», je crois, doit être de
PRÉFACE
d’un récit historique ordinaire et de la nature démonstrative d’un traité.
Le même ouvrage, retravaillé et agrandi, fut de nouveau reçu très -favorablement, en 1828, sous le titre à' Histoire des Institutions de Moïse et du peuple hébreu.
L’une et l’autre de ces publications étaient destinées à présenter les principes constitutifs de la sagesse intellectuelle et de l’organisation sociale des Juifs sous un
s’élever à l’idée de son ensemble, de s’en former, pour ainsi dire, le croquis; ensuite, on descend avec plus de plaisir aux détails pour les considérer sous toutes leurs faces...; on saisit ainsi une infinité de rapports qui, sans cela, auraient échappé, et on acquiert l’inappréciable avantage de suivre soi-même ses progrès, de juger ce
qu’on a fait et ce qui reste encore à faire Toutefois,
remarquons- le bien , s’il est nécessaire de connaître tout ce qui a quelque influence sur nos déterminations, il ne l’est pas moins «le savoir éloigner l'inutile et de décider promptement entre deux choses contraires celle qu'il faut sacrifier. On n’a pas raison de s’en prendre à la théorie de ce qu’elle ne donne pas ce talent; elle ne peut rien sur lui; indépendant même de l'étude, il appartient à quelques hommes privilégiés, et il caractérise le génie pratique. » ( Applicat . de ta physiologie, etc., par J. Salvador, Montpellier, in-8", iSifi, p. 1, 84. 96.}