‹ Jésus-Christ et sa doctrineChapitre 40 sur 53 · OTE A · texte numérisé non relu

OTE A

Mummius saccage Corinthe l’année même du renversement de Carthage. Pendant l’année 1 33, époque de la destruction de Numance, Attale 111 lègue aux Romains le royaume de Pergamc qui s’était formé dans l’Asie mineure, cent cinquante ans auparavant, par les efforts de Philétérus , l’un des lieutenans de Lysimaque. Les troubles des Gracques embrassent depuis l’an 1 34 jusqu’à l’an 121 ; la guerre de Jugurtha en Afrique, de 1 18 à 106; la guerre sociale en Italie , de 91 à 88; la première guerre de Mithri- • date VI le Grand, qui régnait déjà depuis plus de vingt années dans le Pont , commence en celle année 88 ; Sylla la termine en 85, par la bataille d’Orchomènc. La prise et le saccagement de Rome par Marins et Cinna répondent à l’année 87; la seconde guerre de Mithridate, à l’année 84; la guerre de Pompée en Espagne, contre Sertorius, qui est assassiné par Perpenna, dure de 77 à 72. La guerre des gladiateurs finit en 71 ; celle des pirates, en 67.

La troisième guerre contre Mithridate et contre Tigrane, roi d’Arménie , sou allié , est confiée d’abord à Lucullus , ensuite à Pompée ; elle dure onze ans à partir de 74. La Syrie est réduite en province romaine l’an 64 : l’expédition de Crassus contre les Parthes et sa mort sont de 55. César passe le Rubicon en janvier 4g. La bataille de Pharsale, en Thessalic, est du 20 juin 48; la mort de César du i5 mars 44 : h> bataille de Philippe en Macédoine, la mort de Bru- > tus cl de Crassus, de 4a-» la bataille d’Aclium, de 5 1 .

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Auguste est revêtu de tous les pouvoirs. Jésus naît sous son règne , 4°°4 ans depuis l’apparition do la race humaine, d'après le compte de la Vulgatc. Par l'effet des différences dans la manière d’amalgamer ou de détacher les âges attribués aux patriarches, ou plutôt aux lignées patriarcales, la supputation des auteurs du Tnlmud n’offrirait que ôjGo ans entre lu naissance du monde et le commencement de l’èrc chrétienne ; le texte samaritain donne 435 1 ans; 1’historicn Josèphe 4*><j8; les Septante, 0872; cl les tables ulphonsines , rédigées en partie pur des juils en Espagne dans le treizième siècle de notre ère , donnent 6984 ans , ce qui porterait l’àge. actuel de l’humanité 5 près de 9000 années {Voy. pour toutes les autres diversités, le tableau placé en tête de l’Art de vérilier les dates; et pour la chronologie ancienne, entre autres ouvrages, l’excellent Manuel de l’Histoire anoienne de Heeren ).

Note II, page 32.

Alexandrie, ses premiers savons et sa bibliothèque.

Le nom de la ville d’Alexandrie d’Égypte, la formation de sa grande bibliothèque, les premiers savaus qui s’y réunirent et le malheur de sa deslruc-

NOTE B

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lion, sont dos souvenirs qui sc représentent trop naturellement à l’esprit dès qu’on remonte aux origines de l’institut chrétien pour ne pas lenr consacrer quelques développemens. Quant h l’école d’A- • lexandrie proprement dite , nous n’avons pas ici à nous en occuper; son apparition ne date que du deuxième et troisième siècle après Jésus-Christ. C’est l’école qui a reproduit et étendu les doctrines qu’on a assez inexactement désignées sous le nom de N éo- Platonisme.

Voici d’abord comment Arrien, l’historien le plus lidèlc des expéditions d’Alexandre, rend compte de la fondation de la ville d’Alexandrie. « De Memphis le roi descend le Nil jusqu’à son embouchure; de là il passe à Canope et il tourne les Palus marœotides. Le lieu lui parut propre à bâtir une ville, dont sa pensée présagea de loin toute la prospérité. Avide d’en jeter les fondemens, il commence par en dresser le plan, par y marquer les points du Forum et des temples qu’il voulait consacrer aux divinités grecques et à i’Isis Égyptienne. Après avoir déterminé l’étendue des murs d’enceinte , il sacrifie pour le succès de son entreprise et il obtient les augures les plus heureux. On raconte à celte occasion, qu’à mesure qu’Alcxandrc indiquait aux ouvriers sur le terrain la ligne des inurs , ceux-ci n’ayant rien sous leur main pour la marquer, prirent de la farine des soldats et la répandirent sur tous les points désignés par le roi. Alors les devins , entre aulrqs Aris-

4LËXANDMK.

tandrc de Telmisse, dont les prédictions avaient été souvent confirmées , annoncèrent qu’un jour toute sorte de biens, et particulièrement les biens de la terre abonderaient dans cotte cité (Arricn, Expèdit . it’/itcx., livre ni, chap. I , § a ; y^tfiwdeChaussardJ.

Les traditions ajoutent que son emplacement était celui d’un ancien village nommé Rhacolis , où les rois d’Égypte auraient tenu autrefois garnison pour repousser les navigateurs étrangers; pout-clre aussi répondait-elle à une ville commerçante , du nom de No, qui aurait été ruinée pendant les invasions de Nubuchodonosor. D'après Quinte-Curce , l’étendue de ses murs, qu’on supposo avoir été tracés de manière à représenter un manteau macédonien, était de 80 stades ; ce serait plus de trois do nos lieues de 25 au degré, si l’on adopte, selon Danville, l’espèce de stade qui renferme de g4 à q5 toises. Los grands quartiers de la ville étaient au nombre de cinq. Alexandre ne quitta ces lieux qu’après avoir confié l’achèvement des temples et des palais à un certain nombre d’architectes. A leur tète était colui que Pline appèle Dinocharès, et Strabon, Dinocratès, homme d’un génie fameux, dit-on, 5 divers égards (Pline, H Ut. tuilur., livre v, art. Alcxandr.). Bien plus , le roi donna ordre h une foule d’habitans des pays voisins d’aller s’établir aussitôt dans les nouveaux murs (Quinte-Curce, livre iv). C’est ce qui fait dire à Ammicn-Marcelin , qu’Alcxandric avait offert celle différence avec les autres cités, que, loin

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de sc former peu à peu, elle avait obtenu dès sou origine l’accroissement le plus considérable (liv. xxn, ch. 1 6).

Ëuiin , Diodore de Sicile déclare tenir des préposés aux registres que , de son temps , vers les dernières années de Jules-César, la population d’Alexandrie allait jusqu’à trois cents mille personnes libres, par conséquent, au triple au moins de ce nombre en y comprenant les esclaves (livre xvn, ch. 2). Après ces renseignemens , je compléterai ce qui regarde sa première fondation par le passage suivant de l’auteur si judicieux de l'examen critique des historiens d’Alexandre.

c L’Égypte , dit M. de Sainte-Croix , se soumet sans résistance. Alexandre voulut célébrer sa nouvelle conquête par un établissement digne de lui. La longue et étonnante résistance des Tyriens dénués de tout secours, lui donna une haute idée des ressources que pouvait fournir le commerce. II résolut de les leur enlever en fondant une ville , qui , étant située entre Tyr et Carthage , pût s’attirer en même temps le commerce des uns et des autres. Il choisit l’emplacement de cette ville avec un si merveilleux discernement qu’elle devint une des places de commerce les plus considérables de l’ancien monde, et que, malgré des révolutions continuelles, elle ne cessa point d’être pendant dix-huit siècles le principal siège du commerce de l’Inde (üobertson , U Ut. d’Amériq. t. 1, p, 20; Recherche hittor. sur

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l'/nilr . p. ic)\ Ainsi furent réunies par un inlérêl commun les nations de l’Occident et celles de l’Orient, fruit d’une entreprise avouée par l’huinanité , et qui mérite d’avoir plus de célébrité que la construction de ces édifices d’une architecture colossale et énigmatique , prodiges de travail et monumens étemels de la tyrannie des princes qui les firent élever (Sainte-Croix, in*4°, p. 286 et suiv.). »

Quelques lignes de Plutarque sont le point de départ ordinaire au sujet de la bibliothèque d'Alexandrie , et des savons qu’elle produisit ou qu’elle attira. Cet écrivain dit, dans scs apophtegmes des rois , au numéro LUI* : « Démétrius surnommé le Phalérien conseilla au roi Ptolomée d’acheter et de lire les livres qui traitent du gouvernement des royaumes cl des seigneuries; car ce que les mignons de conr, comme s’exprime Ainyot , n'osent dire à leurs princes est écrit dedans ces livres. » Selon Strabon , ce serait par l’exemple d’Aristote que les Logides auraient été excités à fonder des bibliothèques. Mais le dessein que les premiers successeurs d’Alexandre ne perdirent jamais de vue de refaire autant que possible un empire composé du plus grand nombre des Etats qui avaient été rangés sous la domination de leur chef, nous permet d’ajouter aux causes de cette création d’autres intérêts encore que ceux de la philosophie et des lettres. Peut-être Ptolémée Sotcr, qui avait beaucoup d’instruction et dont les mémoires ont servi à l'histoire

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