ALEXANDRIE
qu’il s’éleva une foule d’hommes dont les noms su sont attachés à jamais aux fondemens de plusieurs sciences. Tels, pour nous arrêter à quelques-uns de ceux qui ont obtenu la célébrité la plus méritée, Luclidc présida aux sciences mathématiques; Connu, Aristarque de Sainos.el surtout llipparque, ont présidé à l’astronomie; Érasistratc et Hérophile h Pnnatomie humaine; liratosthène, aux travaux géographiques; Aristarque de Sninothrace à la critique littéraire. Je ne parle pas ici des poètes nombreux que Pon groupait de sept en sept sous le nom de pléiades et chez lesquels il n’y a de supériorité de premier ordre que pour Théocrite; jo ne parle pas non plus d’une classe particulière d’hommes livrés & des études religieuses et qui appartiennent d’une manière essentielle au fond même, de mon sujet.
Seulement, au milieu de ce mouvement d’hommes, d’idées cl de livres, auquel l’étendue du commerce d’Alexandrie donnait encore plus de force et assurait une action plus générale dans les pays étrangers, il nous faut accorder notre attention à un fait d’une origine toute commerciale. Déjà manifesté sous le roi Philadelphe, ce fait se développe avec rapidité chez scs successeurs,; il devient d’un grand poids dans l’histoire et dans la critique des opinions de celte époque et de l’antiquité entière. Le prix exorbitant mis aux ouvrages rares et originaux, la passion portée jusqu’à la fureur qui les recherchait dans tous Jes climats, et