‹ Jésus Christ et ses apôtresChapitre 5 sur 23 · LE MINEUR · texte numérisé non relu

LE MINEUR

oaint Jacques , qu'on appelle le mineur pour le distinguer de saint Jacques , fils de Zébédée , est aussi connu sous le titre de Juste : ce surnom lui fut donné à cause de son éminente sainteté. IlétoitfilsdeCléophas et de Marie, sœur de la sainte Vierge. Il alla à Capharnaùm avec ses frères, au commencement du ministère de Jésus ; Tannée suivante , il fut appelé à l'apostolat avec Jude , son frère. Jésus-Christ , après sa résurrection , le favorisa d'une apparition particulière ; il lui communiqua , ainsi qu'à saint Jean et à saint Pierre , le don de science. Au moment de son

§>^ JACpTLTKS le mineur.

DE SAINT JACQUES. *g9

ascension , le Seigneur recommanda à saint Jacques l'église de Jérusalem ; et les apôtres l'établirent en conséquence évêque de cette ville , lorsqu'ils se dispersèrent pour aller prêcher l'Evangile.

Le saint évêque de Jérusalem força les Juifs à le respecter , malgré la fureur avec laquelle ils persécutoient les Chrétiens. Eusèbe et saint Jérôme ont fait de lui le portrait suivant : « Il vécut toujours dans la virginité ; « il étoit Nazaréen , c'est-à-dire consacré au « Seigneur ; en cette qualité , il ne but jamais « ni de vin, ni de toute liqueur capable d'eni- « vrer , et ne coupa jamais ses cheveux. Il « s'interdit l'usage du bain et des parfums i « et ne mangeoit de rien qui eût eu vie, excepte té l'agneau pascal qui étoit de précepte. II « ne portoit point de sandales, et n'avoit d'au- « tre vêtement qu'un manteau et une tunique « de lin. Useprosternoit si souvent pour prier, « que ses genoux et son front étoient devenus « aussi durs que la peau d'un chameau. »

Saint Jacques assista , l'an 5i , au concile qui se tint à. Jérusalem , touchant la circon-

too

cision et les autres cérémonies légales. En 59, il écrivit l'épître canonique qui porte son nom, Saint Paul ayant éludé , par son appel à l'empereur , les mauvais desseins des juifs, ceuxci résolurent de faire tomher toute leur raçre sur le saint éveque de Jérusalem. Le grandprêtre Ananus assembla le Sanhédrin , et fit comparaître saint Jacques avec plusieurs autres chrétiens. On accusa l'apôtre d'avoir viole la loi , et on le livra au peuple pour être lapidé. On le porta sur la plate - forme du temple , et on voulut l'obliger à renoncer à sa foi. Au lieu de faire ce qu'on exigeoit de îui^ le saint se mit à confesser Jésus-Christ de la manière la plus solennelle ; élevant ensuite la voix pour être entendu d'une grande multitude de ]uifs, que la Pâque avoit attirés à Jérusalem , il dit que ce Jésus , Fils de l'homme, qui avoit été crucifié, étoit assis à la droite de la Majesté Souveraine , comme Fils de Dieu, et qu'il Tiendrait un jour porté sur les nuées du ciel pour juger tout l'univers. Les scribes et les pharisiens , transportés de fureur , s'écrièrent : » Quoi donc ! l'homme

DE SAINT JACQUES, ûoi

« juste s'est égaré aussi ! » Ils montèrent aussitôt à l'endroit où il étoit , et le précipitèrent en bas. Saint Jacques ne mourut point de sa chute ; il eut encore la force de se mettre sur ses genoux , et dans cette posture , il leva les yeux au ciel, et pria Dieu de pardonner à ses meurtriers, en disant, comme son divin maître : « Us ne savent ce qu'ils font. » La populace fit pleuvoir sur lui une grêle de pierres , jusqu'à ce qu'enfin un foulon l'acheva en lui déchargeant sur la tête un coup du levier dont il se servoit pour fouler les draps : ceci arriva le 10 avril 61. Le saint fut enterré près du temple , à l'endroit même ou il avoit été martyrisé. On éleva une petite colonne sur son tombeau.

^AV^j VV^*V^A^^/V&^/VV^/^^,VV^'^/^/%'^/^/T\/VTy^^/VVV^/^^Al/^i^fiV%'VV»^/V

Page 1