‹ Jésus Christ et ses apôtresChapitre 4 sur 23 · Ï62 VIE · texte numérisé non relu

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La terre trembla; les pierres se fendirent et les tombeaux s'entrouvrirent. Les corps de plusieurs Saints qui étoient morts ressuscitèrent , et étant sortis des tombeaux, après la résurrection de Jésus , ils vinrent dans la ville sainte et apparurent à plusieurs. Le centurion qui étoit vis-à-vis de Jésus , qui avoit vu ce qui s'étoit passé , et qu'il avoit expire €n jetant un si grand cri, rendit gloire à Dieu en disant : « Certainement, cet homme étoit <c juste ; il étoit vraiment Fils de Dieu. » Ceux qui étoient là avec lui à garder Jésus , voyant le tremblement de terre et les choses qui se passoient, furent fort effrayés et dirent : « Cet a homme étoit véritablement Fils de Dieu, n Et toute la multitude de ceux qui assistaient à ce spectacle, considérant toutes ces choses, s'en retournoient en se frappant la poitrine.

Comme c'étoit la veille du sabbat , pour que les corps ne demeurassent point à la croix ce jour -là, les Juifs prièrent Pilate de leur faire rompre les jambes et de les faire enlever. Il y alla donc des soldats qui rompirent les jambes au premier et à l'autre qui était

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avec lut. Ensuite venant à Jésus, et voyant qu'il étoit déjà mort, ils ne lui rompirent point les jambes ; mais un des soldats lui ouvrit le coté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. Il se faisoit tard, lorsqu'il vint un homme riche, nommé Joseph , qui étoit de la ville d' Arimathie. C'étoit un officier considérable , homme juste et vertueux , disciple lui-même de Jésus, mais en secret , parce qu'il craiguoit les Juifs. Il n'avoil point pris de part à leur dessein, ni à ce qu'ils avoient fait, et il attendoit le royaume de Dieu. 11 vint donc hardiment trouver Pila te, et lui demanda le corps de Jésus. Pilate. étonné que Jésus pût être déjà mort , fit venir le centurion, et s'informa de lui si cela étoit vrai. Le centurion l'en ayant assuré, donna le corps à Joseph, qui l'enleva. Nicodème , celui qui étoit venu trouver Jésus la première fois , durant la nuit, y vint aussi avec environ cent livres d'une composition de myrrhe et d'aloës. Joseph acheta un linceul dont il enveloppa Jésus , après l'avoir ôté de la croix* Il y avoit un jardin au lieu où il ayoît été

crucifie, et dans ce jardin . un sépulcre nouvellement fait , où l'on n'avoit encore mis personne. Joseph, parce que c'étoit la veille du sabbat des Juifs , et que le sépulcre étoit proche , y mit le corps ; et ayant roulé une grande pierre à l'entrée, il s'en alla. Marie- Magdeleine et l'autre Marie , qui étoient venues de Galilée avec Jésus , ayant remarqué le tombeau , et comment Jésus y avoit été mis, s'en retournèrent pour préparer des aromates et des parfums , et elles se tinrent en repos le jour du sabbat. Les princes des prêtres et les pharisiens, d'après la demande qu'ils firent à Pilate, et sur la réponse qu'ils en reçurent, allèrent au sépulcre, le fermèrent bien, mirent le sceau sur la pierre, et posèrent des gardes.

Lorsque le sabbat fut passé, Marie-Magdeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé, sortirent de grand matin, portant les aromates qu'elles avoient préparés , et arrivèrent au sépulcre, le soleil étant déjà levé. Elles se disoient l'une à l'autre : « Qui nous « ôtera la pierre de devant l'entrée du se-

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« pulcre? » Comme elles partaient, il se fit tout-à-coup un grand tremblement de terre, Car un Ange du Seigneur descendit du ciel , et s'approchant de la pierre, il la renversa et s'assit dessus. Il avoit le visage brillant comme un éclair , et son habit étoit blanc comme la neige. Les gardes en furent tellement saisis de frayeur, qu'il s devinrent comme morts. Les femmes virent , en regardant, que cette pierre, qui étoit si grande, étoit ôtée; et étant entrées dans le sépulcre , elles ne trouvèrent point le corps du Seigneur-Jésus. Magdeleine courut chercher Simon-Pierre et l'autre disciple que Jésus aimoit, et elle leur dit i « On a enlevé le Seigneur du sépulcre , « et nous ne savons où on l'a mis. » Pierre et le disciple vinrent au sépulcre , et y étant entrés , ils virent les linges qui étoient à terre et le suaire qu'on avoit mis sur la tête de Jésus , et ils se retirèrent , admirant en euxmêmes ce qui étoit arrivé.

Magdeleine se tenoit près du sépulcre , versant des larmes. Comme elle pleuroit, elle se baissa , et regardant dans le sépulcre ; elle

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vit deux Anges avec des babils blancs, qui étoient assis dans le lieu ou l'on avoit mis le corps de Jésus, l'un à la tête, et l'autre aux pieds. «Femme, lui dirent-ils, qu'avez-vous « à pleurer? — C'est, leur dit- elle, qu'on a « enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l'a « mis. » Après ces paroles , s'e'tant retournée , elle vit Jésus qui étoitlà; mais elle ne reconnut pas que c'étoit Jésus. « Femme, lui ditce il, qu'avez-vous à pleurer? Qui cherchez- <c vous9 » Elle, croyant que c'étoit le jardinier, lui dit : « Seigneur, si c'est vous qui « l'avez enlevé, dites-moi où vous l'avez mis, « et je l'emporterai. » Jésus lui dit : «Marie. » Elle , se retournant, s'écria : « Maître. — Ne x( me touchez point , reprit Jésus ; car je ne « suis pas encore monté vers mon Père. Mais « allez trouver mes frères , et dites-leur : Je « monte vers mon Père et votre Père, vers « mon Dieu et votre Dieu. » Ainsi Jésus étant ressuscité le matin, le premier jour de la semaine , il apparut premièrement à Marie- Magdeleine, qu'il avoit délivrée de sept démons. Il apparut ensuite aux autres femmes

qui étoient aussi venues au sépulcre. Elles le reconnurent , lui embrassèrent les pieds et l'adorèrent. « Allez , leur dit-il , ne craignez « point ; allez , dites à mes frères qu'ils se « rendent en Galilée. Ils me verront là. » Lorsqu'elles furent de retour, elles annoncèrent toutes ces choses aux onze Apôtres et à tous les autres disciples; mais ils ne les crurent point. Quelques-uns des gardes allèrent à la ville et rapportèrent aux princes des prêtres tout ce qui éloit arrivé.

Les princes des prêtres s'étant assemblés avec les anciens , et ayant délibéré là dessus r donnèrent aux soldats une grosse somme d'argent, en leur disant : «Répandez le bruit que ce ses disciples sont venus la nuit , et l'ont ce dérobé pendant que nous dormions. Que si ce cela vient à la connoissance du gouverneur, ce nous ferons si bien qu'il nous croira et que ce vous ne serez pas inquiétés. » Ce qu'ils firent en effet.

Le jour même de la résurrection , deux disciples , s'en allant à un bourg nommé Em™ inaiïs , éloigné de Jérusalem de^soixante s ta-

des , s'entretenoient de tout ce qui venoit d'arriver. Tandis qu'ils parloient et qu'ils raisonnoient ensemble , Jésus lui-même les joignit , et il marcha avec eux ; mais leurs yeux étoient retenus, afin qu'ils ne le reconnussent pas. Il leur dit : « Quel discours tenez -vous « là en marchant , et d'où vient que vous êtes « tristes?» L'un d'eux, qui se nommoitCléophas , lui répondit : «Quoi! vous êtes le seul « étranger , dans Jérusalem, qui ne sachiez « pas les choses qui se sont passées ces jours-» « ci ? — Et quelles choses ? demenda-t-iL — « Ils répondirent : Ce qui est arrivé au sujet « de Jésus de Nazareth, qui étoit un prophète « puissant en œuvres et en paroles devant ce Dieu et devant tout le peuple ; et comme « les princes des prêtres et nos magistrats « l'ont livré pour être condamné à la mort , « et l'ont crucifié ; pour nous , nous espèce rions que ce seroit lui qui délivrèrent Israël; « et cependant , après tout cela , voici déjà le « troisième jour que ces choses sont arrivées... a — Alors Jésus leur dit : O hommes de peu c< de sens , et dont le cœur est tardif à croire

« tout ce que les prophètes ont dit ! ne fal- « loit-il pas que le Christ souffrît de la sorte, « et entrât par là dans sa gloire ? » Ensuite , parcourant tous les prophètes , il leur expliquait ce qui ëtoit dit de lui dans toutes les Ecritures.

Cependant , ils se trouvèrent près du bourg 011 ils alloient, et Jésus fit semblant de passer outre ; mais ils le retinrent , en disant : « Dece meurez avec nous , car il se fait tard , et le <c jour est déjà sur son déclin. » Il entra donc avec eux , et tandis qu'ils étoient à table , il prit le pain , le bénit , et l'ayant rompu , il le leur présenta. Alors, leurs yeux s'ouvrirent , et ils le reconnurent , mais il disparut de devant eux. Ils se levèrent sur l'heure , et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent les onze assemblés avec ceux qui étoient des leurs , qui disoient : « Le Seigneur est (c véritablement ressuscité, et il a apparu à Site mon. » Eux , de leur côté , racontèrent ce qui s'étoit passé dans leur voyage , et comme ils l'avoient reconnu à la fraction du pain ; mais ils ne les crurent pas,

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Comme ils s'entretenoient sur ce sujet , le même jour, qui ëtoit le premier de la semaine au soir , les portes de la maison où les disciples étoient assembles de peur des Juifs étant fermées , Jésus apparut aux onze qui éloient à table, et leur dit : «La paix soit avec vous. <c C'est moi , n'ayez point de peur. » Jl leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, de n'avoir point cru ceux qui l'avoient vu ressuscité ; il leur montra ses pieds , ses mains et son coté. Les disciples étoient pleins de joie, mais ne croyoient point encore. Alors il mangea de ce qui restoit , et le leur donna. Une seconde fois , il leur dit . « La paix soit ce avec vous ; et il ajouta : Je vous envoie ce comme mon Père m'a envoyé. » Il souffla ensuite sur eux , et leur dit : « Recevez le ce Saint -Esprit. Ceux dont vous aurez remis <c les péchés , leurs péchés leur seront remis : ce et ceux dont vous aurez retenu les péchés , ce leurs péchés leur seront retenus. »

Jésus se fit voir une autre fois à ses disciples , près de la mer de Tibériade , pendant que Simon-Pierre et Thomas Nathanaél , les

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'fils de Zébédée et deux autres ëtoient occupes à pêcher. Jésus parut sur le rivage , et sans qu'ils le reconnussent , il leur demanda à manger ; comme ils lui répondirent qu'ils n'avoient rien : « Jetez , leur dit-il , le filet <c du coté droit de la barque, et vous en trou- <c verez. » Ce qu'ils firent, et le filet fut rempli. Jésus vint se placer avec eux , et prenant du pain et du poisson , il leur en donna , et ils le reconnurent. Lorsqu'ils eurent mangé , Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon , fils de Jean, « m'aimez-vous plus que ne m'aiment ceux- -ci ? — Oui , Seigneur , répondit-il ; vous sa- « vez que je vous aime. » Alors Jésus lui dit : <t Paissez mes agneaux, » Il répéta trois fois la question , et sur la même réponse de Pierre , il répéta aussi : « Paissez , mes brebis. »

Cependant , les onze s'en allèrent sur la montagne de Galilée , où Jésus leur avoit ordonné de se rendre. En le voyant , ils l'adorèrent ; quelques-uns néanmoins furent dans le doute. Jésus s'approchant leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné dans « le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez

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« toutes les nations, les baptisant au nom du « Père, et du Fils , et du Saint-Esprit, leur « apprenant à observer les choses que je vous « ai prescrites. Et voilà que je suis continuel" « lement avec vous jusqu'à la consommation « des siècles ; allez donc par tout l'uni- « vers , prêchez l'Evangile à toute créature : « celui qui croira et qui sera baptisé sera sau- « vé ; mais celui qui ne croira point sera con- « damné, xi II ouvrit alors leur esprit , afin qu'ils entendissent les Ecritures , et leur dit : « Il est écrit ainsi , et il falloil que le Christ « souffrît de la sorte t qu'il ressuscitât le troi- « sième jour , et qu'on prêchât en son nom la « pénitence et la rémission des péchés à toutes a les nations, en commençant par Jérusalem. « Or , vous êtes les témoins de ces choses , el a je vas vous envoyer le don que mon Père a « promis ; cependant , tenez - vous dans la « ville , jusqu'à ce que vous soyez revêtus de

« la vertu d'en haut » Le Seigneur Jésus ,

après leur avoir ainsi parlé , les mena hors de la ville jusqu'à Béthanie , et ayant levé les mains , il leur donna sa bénédiction; et en

les bénissant, il se sépara d'eux. Ils le virent s'élever en haut : une nue le déroba à leurs yeux , et il monta au Ciel , où il est assis à la droite de Dieu. Comme ils le regardoient monter au Ciel, deux hommes vêtus de blanc se présentèrent soudain à eux, et leur dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez- « vous à regarder en haut? Ce Jésus qui vient « de s'élever du milieu de vous dans le Ciel , « en reviendra de la même manière que vous a l'y avez vu monter. »

Après que Jésus se fut séparé des onze apô très , ceux-ci , sur la proposition de Simon- Pierre , choisirent au sort , pour remplacer Judas ITscariote , un nommé Mathias ; et lorsque le jour de la Pentecôte fut arrivé, ils s'assemblèrent tous en un même lieu. Tout-àcoup un grand bruit se fit entendre du Ciel , tel que celui d'un vent impétueux ; toute la maison où ils étoient en fut remplie, et ils virent comme des langues de feu séparées qui se posèrent sur la tête de chacun deux. Aussitôt ils furent tous remplis du Saint-Esprit ,

et ils commencèrent à parler diverses langues,

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selon que le Saint-Esprit les leur fa i soit pâf- 1er. Au bruit de cette merveille, il s'assembla une grande multitude de personnes, qui furent toutes ëpouvante'es de ce que chacun d'eux les entendoit parler la langue de son pays ; car il y avoit là beaucoup de Juifs ,hommes pieux de toutes les nations qui sont sous le Ciel.

D'après la mission que Jésus leur en avoit donnée , les Apôtres , après avoir reçu tous les dons de l'Esprit-Saint , se partagèrent la terre , pour y prêcher l'Evangile , comme on va le voir dans la vie de chacun d'eux,

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OAiNT Pierre , si célèbre par son ardent amour pour son divin maître , se nommoit Simon avant sa vocation à l'Apostolat; il e'toit fils de Jonas et frère de saint André. Il fai^oit primitivement sa résidence àBethsaïde, bourg de la tribu de Nephtali , dans la haute Galilée , sur le lac de Genezareth. De Bethsaïde , il alla se fixer à Capharnaùm , et Ton croit que ce fut à cause de son mariage ; car sa bellemère demeuroit dans celte ville. Capharnaùm étoit fort commode pour la pêche , étant sur le bord du même lac, près de l'embouchure du Jourdain , sur les confins des tribus de Zabu- Ion et de Nephtali. André y suivit son frère , et ils continuèrent tous deux d'exercer leur

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première profession , vivant très-saintement et dans la ferme attente du Messie.

Nous avons vu, dans la vie de Jésus , comment saint Pierre devint son premier Apôtre, et ce qui lui arriva jusqu'au moment de l'ascension de notre Seigneur. Après la descente du Saint-Esprit , le jour de la Pentecôte, les Juifs s'assemblèrent à la nouvelle du prodige qui venoit de s'opérer. Saint Pierre profita de cette occasion pour leur faire un discours, et il en convertit trois mille. La prédication de l'Evangile fut confirmée peu après par un miracle éclatant qu'opérèrent saint Pierre et saint Jean. Ces deux apôtres allèrent au temple à l'heure de None , qui étoit une de celles où les Juifs s'assembloient pour prier en public. Y étant arrivés, ils virent à la porte un homme , boiteux de naissance , qui demandoit l'aumône. La vue de cet homme les toucha de compassion , et saint Pierre lui commanda , au nom de Jésus , de se lever et de marcher. L'Apôtre avoit à peine parlé, que le boiteux se trouva parfaitement guéri et entra dans le temple avec son bienfaiteur 7

marchant avec facilité et glorifiant le Seigneur. Après ce miracle, saint Pierre fit un second discours qui convertit cinq mille personnes.

Ce succès valut une persécution aux deux Apôtres. Les prêtres et les Sadducéens les firent arrêter et emprisonner , comme coupables de sédition. Ils comparurent devant le sanhédrin, auquel saint Pierre déclara hautement que le boiteux avoit été guéri au nom de Jésus , par lequel seul on peut espérer le salut. Les juges , ne pouvant se refuser à l'évidence du miracle, se contentèrent de défendre aux deux Apôtres de prêcher désormais au nom du Sauveur. Mais saint Pierre leur répondit généreusement : « Jugez vous- « mêmes s'il est juste de vous obéir plutôt « qu'à Dieu. »

Pierre et Jean ayant été renvoyés , allèrent rejoindre les autres disciples , et leur firent part de ce qui étoit arrivé. Pendant qu'ils étaient tous en prière , la maison trembla : ce qui fut regardé comme un signe miraculeux delà protection divine , et il n'y eut personne

qui ne se sentît animé d'un nouveau courage. Les nouveaux fidèles vivoient en commun, et ne soupiroient qu'après les biens e'ternels. Ceux qui étoient riches vendoient leurs possessions et en mettoient le prix aux pieds des Apôtres , pour qu'il s'en fît une distribution égale. Mais Ananie et Saphire, sa femme , se -montrèrent indignes d'une si sainte compagnie. Us vendirent leurs biens pour imiter les autres, mais ils se réservèrent secrètement une partie de la somme provenue de la vente. Saint Pierre , instruit de leur hypocrisie par une lumière céleste, leur reprocha sévèrement la faute qu'ils avoient commise, en mentant au Saint-Esprit dans la personne de ses ministres. Cette réprimande les fit successivement tomber morts à ses pieds : ce qui effraya et instruisit en même temps les fidèles.

Saint Pierre , qui étoit resté à Jérusalem, pendant la persécution qui s'y éleva contre l'Eglise naissante, en sortit après que le calme fut rétabli , pour aller visiter les fidèles des environs. Arrivé à Lydde , ville de la tribu

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d'Epbraïm, il guérit un paralytique qui gardoît le lit depuis huit ans. A Joppé, il ressuscita Tabithe, veuve recommandable par ses vertus et sa charité. 11 logea , en cet endroit, chez Simon le corroyeur, où un Ange vint lui ordonner, de la part du Ciel , d'aller baptiser le centurion Corneille. Il y eut aussi une vision dans laquelle Dieu lui découvrit le mystère de la vocation des Gentils.

Ce fut vers ce temps que les Apôtres se dispersèrent pour aller annoncer l'Evangile à un plus grand nombre de peuples. Saint Pierre fonda l'église d'Antioche , qui fut la métropole de tout l'Orient. Il y résida sept ans. Ce qui ne l'empêcha pas de faire , dans cet intervalle, diverses excursions dans d'autres pays pour étendre la connoissance du nom de Jésus-Christ. Dans le partage que les disciples firent entre eux des diverses nations , saint Pierre avoit choisi la ville de Rome pour le principal théâtre de ses travaux. Il y alla dans le dessein d'attaquer le démon qui en avoil fait le centre de la superstition et de Terreur. Il y alla seul , el

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commença par prêcher aux Juifs qui étoient dans la ville , Jésus crucifié. Bientôt il y forma une Eglise nombreuse , composée de Juifs et de Gentils. Il siégea vingt-cinq ans à Rome ; mais , pendant ce temps, il fit plusieurs voyages apostoliques. 11 retourna en Orient , où il fut emprisonné , à Jérusalem , par ordre du roi Agrippa. Délivré de prison par le ministère d'un Ange 7 il parcourut de nouveau plusieurs pays de l'Orient , et y établit des évêques. H revint à Rome en 49, et retourna en Orient et assista , en 5i , au concile général qui se tint à Jérusalem.

Pendant le séjour que saint Pierre fit en Judée , il s'appliqua principalement à la conversion des Juifs. De là il se rendit à Antioche. Il man^eoit indifféremment avec les Gentils convertis , sans observer la distinction des viandes proscrites par la loi mosaïque.

Jésus-Christ, après sa résurrection, avoit prédit à saint Pierre qu'il le glorifieroit par le sacrifice de sa vie , et même qu'il le suivroit par la mort de la croix. Il lui révéla depuis , dune manière plus particulière, le

temps de sa mort. Cet Apôtre se prépara à recevoir la couronne du martyre par divers triomphes qu'il remporta sur le démon. Simon le magicien étoit venu à Rome, où i-l s'acquit une grande réputation par ses prestiges. Il trouva le moyen de s'insinuer dans les bonnes grâces de Néron , qui étoit infatué des superstitions de la magie. Simon promit à l'empereur et au peuple qu'il s'éleveroit dans l'air, par le moyen de ses Anges , prétendant imiter par là l'ascension de Jésus- Christ. Il prit effectivement son essor, en présence de Néron ; 'mais saint Pierre et saint Paul s'étant mis en prières , l'imposteur tomba à terre, se cassa la jambe, et mourut peu de jours après , dans la rage et le désespoir.

Néron avoit déjà persécuté les Chrétiens ; le malheur arrivé à Simon le magicien redoubla sa haine contre eux. Les fidèles , voyant la grandeur du danger que couroit saint Pierre, le conjurèrent de prendre la fuite. Il refusa d'abord de le faire ; mais , à la fin , il se rendit à leurs instances , et se sauva pendant la nuit. Il étoit près de sortir de la porte

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de la ville, lorsque Jésus-Christ lui apparut. Saint Pierre lui demanda : « Seigneur , où «c allez-vous? — Je viens à Rome, lui répon- « dit le Sauveur, pour être crucifié de noues veau. » Pierre comprit aussitôt le sens de ces paroles , et rentra dans la ville. Il fut arrêté et mis dans la prison Marner tine , où saint Paul étoit déjà depuis plus d'un an. Il y resta, dit -on, huit mois, et y convertit cinquante personnes de l'un et l'autre sexe. Jl fut fouetté avant que d'être exécuté.

Lorsque saint Pierre fut arrivé au lieu du supplice , il demanda à être crucifié la tête en bas, se jugeant indigne de mourir de la même manière que son divin maître. Les bourreaux se rendirent à sa prière. Il fut enterré, avec saint Paul , dans les catacombes à deux milles de Rome. Les chefs de ces deux Saints, renfermés dans des bustes d'argent , se gardent aujourd'hui dans l'église de Saint-Jean-de~ Latran à Rome.

ST PATUIL

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OAINT PAtTL étoit Juif, de la tribu de Benjamin. Il fut circoncis huit jours après sa naissance , et reçut le nom de Saùl. Son père étoit de la secte des Pharisiens , et bourgeois de Tharse , capitale de la Cilicie. Les habitans de cette ville ayant toujours montre' beaucoup d'affection pour la maison des Césars , Auguste leur avoit accordé le droit de bourgeoisie romaine. Saint Paul étoit donc citoyen romain, qualité qui emportoit avec elle une distinction honorable. Ses parens l'envoyèrent de bonne heure à Jérusalem , où Gamaliel, homme recommandable par son savoir et sa naissance , l'éleva dans la plus exacte observance de la loi de Moïse. Sain!

Paul se distingua au-dessus de ceux de son âge par son zèle pour la loi et les traditions judaïques : ce fut ce zèle peu éclairé qui le rendit un blasphémateur, un persécuteur et un des plus ardens ennemis de Jésus-Christ. Il consentit et fut présent à la mort de saint Etienne. Les prêtres et les magistrats des Juifs ayant excité une violente persécution contre l'église de Jérusalem , Paul montra le plus d'acharnement à perdre les disciples de Jésus-Christ. En vertu du pouvoir qu'il avoit reçu du grand-prêtre, il arrachoit les Chrétiens de leurs maisons, les chargeoit de chaînes , et les traînoit en prison. Il les faisoit battre 'de verges , et employoit toutes sortes de tourmens pour les contraindre à blasphémer le nom de Jésus-Christ. Enfin les violences auxquelles Paul se porta allèrent si loin , que son nom seul répandoit la terreur parmi les fidèles. Dans l'excès de zèle qui le transportoit , il alla trouver le grand-prêtre et le sanhédrin , pour obtenir des lettres qui l'autorisassent à se saisir de tous les Juifs de Damas qui confesseroient Jésus -Christ, et à

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les amener à Jérusalem , pour y être punis avec une sévérité capable d'arrêter ceux "qui seroient tentés de les imiter. Paul partit donc. Mais comme il approchoit de Damas, vers le midi, une grande lumière, Tenue du ciel, plus brillante que le soleil, l'environna, lui €t ceux qui l'accompagnoient ; ils virent tous cette lumière, et tombèrent par terre, saisis de frayeur. Alors Saùl entendit une voix qui lui disoit distinctement: «, Saiil 9 Saùl , pourif quoi me persécutez-vous? '» Saùl lui répondit : a Qui étes-vous, Seigneur? » Et le Seigneur lui dit : « Je suis Jésus de Nazareth , que vous per- « sécutez. Il vous est dur de regimber contre l'ai- <c guillon. » Ce doux reproche amollit la dureté de cœur de Saùl , éteignit sa fureur, guérit son orgueil , et le changea en un homme tout nouveau. Il s'écria, tout tremblant : tiSei- « gneur, que voulez-vous que je fasse? » Jésus- Christ ordonna à Saùl de se lever et d'aller dans la ville, où un de ses serviteurs lui apprendroit ce qu'il avoit à faire. Saùl, s'étant levé , ne voyoit rien , quoiqu'il eût les yeux ouverts. Il fallut lui donner la main pour le

conduire à Damas. Il logea dans îa maisofx d'un Juif, nommé Judas ; il y demeura trois jours sans voir, sans boire, sans manger, et ignorant encore ce que Dieu exigeoit de lui.

Il y avoit à Damas un disciple nommé Ananie , à la sainteté et à la vertu duquel les Juifs rendoient le plus glorieux témoignage. Le Seigneur lui apparut dans une vision, et lui dit d'aller trouver Saùl dans la maison de Judas , où il étoit en prières. Le nom de Saùl fit trembler Ananie. Le Seigneur réitéra le même ordre, en lui disant qu'il avoit choisi cet homme pour porter son nom devant les Gentils , devant les Rois et devant les enfans d'Israël. Ananie obéit , alla trouver Saùl , lui imposa les mains et lui dit : « Saùl , mon frère, « le Seigneur Jésus, qui vous est apparu dans « le chemin par où vous veniez , m'a envoyé , « afin que vous recouvriez la vue , et que « vous soyez rempli du Saint-Esprit. x> Aussitôt il tomba des yeux de Saùl comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva, reçut le baptême, et ayant ensuite mangé, il reprit ses forces. Il resta quelques jours avec

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les disciples à Damas , et se mit à prêcher Je'sus dans les synagogues , assurant qu'il etoit fils de Dieu.

Saint Paul se retira ensuite dans l'Arabie, et revint à Damas , où il prêcha de nouveau la foi , et confondit les Juifs avec une force merveilleuse. Ceux-ci, ne pouvant lutter avec lui, formèrent le projet de lui ôter la vie, et mirent dans leurs intérêts le gouverneur de Damas. Ils firent clone diverses perquisitions pour l'arrêter, et ils obtinrent du gouverneur qu'on gardât les portes de la ville, afin qu'il ne put échapper; mais l'Apôtre fut averti à temps du danger que couroit sa vie. Les frères , pour le délivrer de la fureur de ses ennemis , le descendirent, durant la nuit , dans une corbeille , par une fenêtre qui donnoit sur les murailles de la ville. Il passa trois ans, partie à Damas, partie dans le pays d'alentour ; il se rendit ensuite à Jérusalem pour voir saint Pierre. Il y demeura quinze jours , pendant lesquels il jouit des entretiens de cet Apôtre , et se montra très -zélé à disputer dans la synagogue.

Les Juifs cherchèrent les moyens de se défaire de lui. Mais les fidèles le tirèrent de leurs mains , en le conduisant à Césarée , d'où il s'embarqua pour Tarse, sa patrie. Saint Barnabe étant venu à Antioche , en 43, demanda saint Pau! , pour l'aider dans le ministère de la prédication. La proposition fut agréée par les Apôtres. Il paroît que ce fut vers ce temps-là que saint Paul fut ravi jusqu'au troisième ciel , faveur dont il parloit quatorze ans après. Dieu , pour le préserver de l'enflure de l'orgueil , permit qu'il fût tourmenté par l'aiguillon de la chair. Mais l'Apôtre cliâtioit son corps par de longues veilles et des jeûnes rigoureux, de peur qu'en prêchant aux autres , il ne tombât lui-même dans le danger, et ne perdît la couronne.

Le Saint-Esprit dit aux frères , par quelques prophètes , de lui préparer Saùl et Barnabe pour l'ouvrage auquel il les avoit destinés, c'est-à-dire pour aller annoncer la foi îi toutes les nations avec une pleine autorité. Telle fut l'élection de saint Paul à l'apostolat. Il ne voulut point , comme les autres

Apôtres, vi^re de l'Evangile; mais il gagnoif de quoi subsister en faisant des lentes qui servoient aux soldais et aux mariniers. S'il recevoit cependant quelquefois ce qui lui e'toit offert par la charité des fidèles, c'étoit par amour pour eux , et non pour lui-même.

Après que saint Paul eut reçu l'imposition des mains, il partit d'Antioche avec Barnabe 7 et se rendit à Séleucie, où il s'embarqua pour aller en Chypre. Il prêcha les Juifs de S damine , et traversa tout le pays jusqu'à Paphos , où le proconsul Sergius-Paulus se convertit et reçut le baptême. Il s'embarqua ensuite pour la ville de Perge en Pamphilie, d'où il alla à Antioehe, et y prêcha dans la synagogue deux jours de sabbat. Plusieurs , frappés de ses discours , crurent en Jésus- Christ. Mais la plupart des Juifs s'élevèrent contre lui et le chassèrent du pays , avec Barnabe , qui l'accompagnoit. Les deux Apôtres secouèrent la poussière de leurs pieds, comme pour servir de témoignage contre leur infidélité , et vinrent à Icône, dans la Lycaonie, Ils y convertirent un grand nombre de Juif*

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et de Gentils. Ils furent cependant obliges de s'enfuir secrètement, pour éviter la fureur des ennemis de la vérité , qui vouloient les lapider. De là ils portèrent l'Evangile àLystre, à Derbe et dans d'autres lieux de la Lycaonie. Ce fut à Lystre que saint Paul guérit un homme perclus de ses membres, et qui n'avoit jamais marché. Le peuple, témoin de ce prodige , vouloit le déifier; et peu de temps après, ce même peuple le lapida et le laissa comme mort. Les fidèles ayant pris soin de lui , il partit et se rendit à Derbe , où il opéra de nombreuses conversions. Enfin, il alla à Antioche de Syrie , après environ trois ans d'absence, et les quatre années suivantes, il prêcha dans la Syrie , dans la Judée , et poussa même dans l'Occident jusqu'à l'Illyrie.

On retrouve saint Paul à Antioche en 5i> d'où il alla à Jérusalem , et y assista au premier concile général de l'Eglise. Il poursuivit le cours de ses travaux apostoliques dans la Cilicie , la Pisidie , la Lycaonie % la Phrygie et la Galatie. Les Galates le recurent comme un Ange de Dieu ; ils le révéroient et l'ai—

moient tant, qu'ils auroient tout donné pour lui. Il avoit le projet d'aller dans l'Asie mineure et en Bythinie ; mais l'esprit de Dieu l'en empêcha et l'appela en Macédoine. Il vint à Samothrace, ayant avec lui Silas , Luc et Timothée. Enfin il arriva à Philippes , colonie romaine , où il convertit une marchande de pourpre, nommée Lydie, qui le logea chez elle. Il y avoit dans la ville une esclave possédée du démon , et qui, en devinant, produisoit à ses maîtres un gain considérable. Cette fille ayant rencontré saint Paul et ceux qui étoient avec lui , se mit à crier : « Ces « hommes sont les serviteurs du Dieu trèsce haut, et ils nous annoncent la voie du saa lut. » Elle continua de les suivre pendant quelques jours; mais comme il étoit à craindre que ce témoignage rendu à la vérité ne servit à la séduction de plusieurs , et que d'ailleurs il ne convenoit pas que l'esprit de ténèbres eût aucune part avec les œuvres de la lumière , saint Paul commanda au démon , au nom de Jésus-Christ , de sortir de cette fille : ce qu'il fit à l'heure même. L'avarice

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des maîtres de cette fille les irrita contre les saints ilpôtres ; ils ameutèrent la populace et les conduisirent devant les magistrats , qui les firent frapper de verges comme des séditieux. On les mit ensuite dans un noir cachot , et on leur serra les pieds dans des ceps : ce qui les obligeoit à demeurer couchés sur le dos. Au milieu de la nuit , pendant qu'ils prioient Dieu à haute voix, il se fit un grand tremblement de terre ; la prison en fut ébranlée , les portes s'ouvrirent, et les fers des prisonniers furent rompus. Le bruit éveilla le geôlier. Yoyant la prison ouverte, il crut que ceux qu'on y avoit renfermés s'étoient sauvés. Comme il en répondoit sur sa vie , il prit son épée , de désespoir , pour s'en percer ; mais saint Paul ne l'eut pas plutôt aperçu , qu'il lui cria de ne se point faire de mal, parce que personne n'étoit sorti. Cet homme, frappé du miracle , et touché de la bonté de l'Apôtre , vint se jeter à ses pieds et demanda le baptême , ainsi que toute sa famille.

Saint Paul alla , peu de temps après , à Athènes, puis à Corinthe, où. il fit un grand

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nombre de conversions. Epbèse , Césarée , Alexandrie, furent tour-à-tour le théâtre de ses travaux et de ses succès. Il revint encore en Judée , où il fut accusé par les Juifs devant le gouverneur Festus. Celui-ci en appela à Agrippa , roi de quelques cantons de ce pays , qui, ayant beaucoup entendu parler de saint Paul , marqua un grand désir de le voir. L'Apôtre parut donc devant une assemblée nombreuse, et adressant la parole au Roi, lui expliqua la doctrine de la résurrection des morts, et lui raconta l'histoire de sa conversion. Agrippa l'admira , mais n'ouvrit point les yeux à la lumière. Il se contenta de dire qu'on auroit pu mettre saint Paul en liberté , sans en appeler à l'empereur.

On l'embarqua donc pour Rome. Pendant la traversée , le vaisseau qui le portoit fut assailli par une tempête , sur les côtes de Crète. Elle fut si violente, que les voyageurs furent quarante jours sans voir ni soleil , ni astres , et sans prendre presque aucune nourriture. Cependant saint Paul consoloit l'équipage, rassuroit les matelots, et promit qu'il

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n'y auroit que le vaisseau de perdu. En effet, au bout des quatorze jours, le vaisseau échoua contre une langue de terre, et tous ceux qui le montoient se sauvèrent , les uns sur ses débris , les autres à la nage ; et saint Paul , avec les compagnons de son naufrage , aborda à l'île de Malte. L'Apôtre fit en cet endroit plusieurs miracles et plusieurs conversions. Il s'attira la reconnoissance et la vénération des habitans de l'île. Après un séjour de trois mois , on l'embarqua pour Rome , lui et ses compagnons. Arrivé dans cette ville, au commencement du printemps de l'année 61 , il fut remis, avec les autres prisonniers , au préfet du Prétoire, Afranius Burrhus. Saint Paul fut traité avec beaucoup d'humanité. On lui permit même de vivre en son particulier, avec une garde destinée moins à l'empêcher de s'enfuir qu'à le garantir des mauvais effets de la haine des Juifs. Au bout de deux ans, comme il ne se présenta point d'aceusateurs , on lui accorda son élargissement. Quelque temps après, il passa en Orient, fit de nouveaux voyages, prêcha dans diverses

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contrées , souffrit encore les prisons , les tortures , les mauvais traitemens de toute espèce, et se vit plus d'une fois en danger de perdre la vie. La distance des lieux étoit incapable d'arrêter l'activité de son zèle. De l'Orient il retourna à Rome. Il y avoit dans cette ville, même parmi les personnes les plus qualifiées , un grand nombre de fidèles , lorsque Néron alluma le feu de la première persécution générale. Saint Paul fut mis en prison , où il fut abandonné par tous ceux qui avoient du crédit à la cour; mais où Dieu , dit-il , le combla de consolations. Il y resta deux ans, au bout desquels il eut la tête tranchée. Il ne fut point crucifié , parce qu'il étoit citoyen romain.

Les Epîtres de saint P?ul sont trop connues pour qu'il soit besoin d'en parler. On ne pourroit , d'ailleurs , louer assez dignement ces chefs-d'œuvre d'éloquence, de simplicité et de raisonnement.

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Saint Philippe étoit deBethsaïde en Galilée; il fut appelé par Jésus-Christ, le lendemain de la vocation de saint Pierre. L'état du mariage dans lequel il étoit engagé ne lavoit point empêché de méditer assidûment la loi et les prophètes. Il n'eut p^s plutôt connu le Messie , qu'il attendoit , qu'il s'empressa de partager le bonheur dont il jouissoit avec Nathanaël , son ami. Il se trouva aux noces de Cana , où Jésus avoit été invité avec ses disciples. Bientôt après , le Sauveur le mit au nombre de ses apôtres. Plusieurs passages de l'Evangile prouvent qu'il étoit particulièrement chéri de son divin maître ; on lit , par exemple , que Jésus-Christ étant sur le point de multiplier

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les pains pour nourrir les cinq mille hommes qui l'avoient suivi dans le désert , s'adressa à Philippe ? comme pour le consulter sur le moyen de pourvoir au besoin de cette multitude , et pour lui fournir l'occasion de donner une preuve ce sa foi. Jésus-Christ avoit promis à ses disciples, dans le discours qu'il leur lit après la dernière cène 9 de leur donner de son père céleste une connoissance plus claire et plus parfaite que celle qu'ils en avoient eue jucque-là , et Philippe s'étoit écrié , dans un transport d'impatience r « Seigneur 9 montrez* « nous votre père y et cela nous suffit, »

Lors de la dispersion des apôtres , après ls descente du Saint-Esprit ? saint Philippe alla prêcher dans les deux'Phrygies. Il parvint à un âge fort avancé ? puisque saint Polycarpe , qui ne se convertit que dans l'année 80 , eut quelque temps le bonheur de converser avec lui. Il fut enterré à Hiéraple en Phrygie : cette ville se croyoit redevable de sa conservation aux miracles continuels qui s'opéroient par la vertu des reliques du saint apôtre.

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