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LES DEUX ONCTIONS

Nous distinguons avec saint Augustin (De consensu Evangel., 1. II) l'onction faite par la pécheresse et racontée par saint Luc, de celle accomplie un an plus tard par la même femme à Béthanie, racontée par samt Matthieu, chap. XX vil, saint Marc, chap. XIV, et saint Jean, chap. XII.

Le caractère fondamental des deux scènes nous y oblige, en dépit de la conformité de plusieurs traits de détail.

La première a eu lieu en Galilée, longtemps avant l'autre, qui s'est passée à Béthanie, près de Jérusalem, six jours avant la dernière Pâque de Jésus. La première, où la femme est une pécheresse, est une scène de repentir et de pardon ; la seconde, une scène mystérieuse, oii la même femme, devenue l'amie de Jésus, ne songe qu'à l'honorer et à l'aimer. Les paroles dites par Jésus, à l'occasion de la première, sont trop significatives et trop distinctes de celles dites à l'occasion de la seconde, pour qu'on puisse les rapporter à une seule onction.

Ammonius Saccas, dans son Harmonie, est le premier écrivain ecclésiastique qui ait fondu en un les récits des quatre Évangiles où il est question de l'onction.

Il a été suivi par Eusèbe et par beaucoup d'auteurs. Au dix-huitième siècle, Huet, Vossius et Grotius l'ont appuyé. Ce sentiment, malgré les raisons apportées par Grotius {Sup. Matth.

semble pas défendable.

XXVII, t. II), ne nous

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