AVANT-PROPOS III
sont impropres à la chaire; d'autres, pour y être employées avec succès, ont besoin d'être dépouillées de leur enveloppe trop scolastique, et retirées du milieu de questions et de thèses dont l'orateur ne peut ni aisément ni fructueusement se servir. Reste toute une série d'œuvres d'une richesse inouïe pour la prédication, mais — il le faut bien dire — presque complètement délaissées : les Commentaires sur l'Écriture sainte, sur saint Mathieu, sur saint Jean, sur saint Paul, etc. L'orateur y découvrirait en grand nombre les plus belles, les plus neuves, les plus solides doctrines, mais, outre que ces derniers ouvrages sont peu connus, la marche y est obstruée, l'exploration pénible, les conquêtes rendues difficiles par l'abondance des choses et l'accumulation des richesses. Bref, sauf un travail préparatoire qui recueille, réunisse, coordonne, mette en lumière et revête d'une forme oratoire les vastes et splendides matières offertes à l'orateur chrétien par l'Ange de l'École, la mine reste forcément inexplorée, et le trésor referme ses inépuisables largesses. C'est ce travail de choix et de mise en œuvre que