‹ Jésus-ChristChapitre 11 sur 139 · NAZARETA, BETHLÉEM, LE JOURDAIN · texte numérisé non relu

NAZARETA, BETHLÉEM, LE JOURDAIN

ME prêtre Zacharie et sa femme Élisabeth, tous deux justes et irréprochaäbles devant Dieu, n'avaient point de postérité et n’en attendaient plus à cause de leur âge déjà avancé, et parce qu'Élisabeth était stérile.

Un jour que Zacharie, désigné par le sort, exercait sa charge dans le Temple,

l'Ange du Seigneur, lui apparaissant, lui dit

us

LRN que sa prière était exaucée, et qu’Élisabeth Ro de Aube, Frmim-Diéo. lui donnerait un fils qu’il nommerait Jean. L'Ange ajouta que ce fils, rempli du Saint-Esprit dès les entrailles de sa mère, marcherait devant le Seigneur avec la vertu du prophète Élie, pour préparer les hommes à recev oir le salut.

Zacharie s'était borné à prier pour l’avénement du M Il ne comprit pas la parole de l’Ange et ne le crut point. L'Ange lui annonça que Dieu, pour le punir de son incrédulité, le rendait muet jusqu’ à l’accomplissement des choses prédites. En effet, Zacharie sortit du Temple pâle et sans voix.

Ses signes seulement firent connaître qu'il avait eu une vision. Cependant

Elisabeth concut. Humblement cachée, elle rendit grâces à Dieu, qui lui Ôtait l’opprobre de la stérilité.

Six mois après, l’Ange Gabriel, le même qui avait apparu à Zacharie, fut envoyé de Dieu à une vierge du sang de David, qui demeurait à Nazareth en Galilée. Elle se nommait Marie. Orpheline, elle avait été élevée dans le Temple. Depuis peu, le Grand-Prêtre, ou, suivant d’autres, les parents qui lui restaient, l'avaient fiancée à Joseph, homme juste et droit, beaucoup plus âgé qu’elle, aussi de la race de David. Joseph exerçait la profession de charpentier et travaillait pour vivre. Marie avait quatorze ans.

L’Ange se présenta devant cette vierge et lui dit : « Je vous salue, Ô pleine de grâce. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le Seigneur est avec vous. » Il lui annonça ensuite Celui qui naîtrait d’elle, et lui dit qu’elle le nommerait Jésus, c’est-à-dire Sauveur.

Déjà, selon toute apparence, accoutumée à la vue des Anges, mais non préparée à la solennité d’un tel message, l’humble fille de David se troubla. Elle ne douta point, comme Zacharie. Seulement, sa réponse fit entendre la résolution où elle était de rester vierge. L'Ange, alors, lui apprit qu’elle deviendrait mère par la vertu du Saint-Esprit, et que c'était pourquoi le Saint qui naïîtrait d'elle serait appelé le Fils de Dieu. Il lui fit savoir que sa parente Élisabeth, « celle que l’on appelait stérile », était dans le sixième mois de sa grossesse. Car il convenait que Marie connût la première le secret de la miraculeuse conception du Précurseur.

Marie, ayant entendu ces choses, dit : « Voici la servante du Seigneur ; « qu’il me soit fait selon votre parole. » Et l’Ange la quitta.

En prononçant l’humble parole qui assura notre salut, Marie était l'écho du Verbe. Par les lèvres de David, prédisant sa venue sur la terre, Jésus s’était lui-même nommé non le Fils de la vierge, mais le Fils de la servante : Ego servus tuus et filius ancillæ tuæ. Marie ayant ainsi acquiescé au dessein de Dieu, le mystère de l’Incarnation s’accomplit. « Et le Verbe a été

‘fait chair, et il a habité parmi nous. »

Instruite par la révélation de l’Ange et obéissant à l’inspiration de Celui qui existait déjà en elle, Marie, se hâtant, alla au pays des Montagnes, à Hébron, où Élisabeth habitait. Jésus voulait sanctifier son Précurseur par

sa présence cachée. En entrant dans la maison de Zacharie, Marie salua sa

Fig. 21. — L'Annonciation : l'Ange Gabriel et la Vierge. Scuplture de 1 Treizième siècle.

a cathédrale d'Amiens.

parente. Aussitôt l’enfant d'Élisabeth tressaillit, et elle-même fut remplie de l'Esprit saint.

Elle s’écria, d’une grande voix : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes; le fruit de vos entrailles est béni! Et d’où me vient ceci, que la mère de mon Seigneur me visite? Car, du moment que j'ai entendu votre voix, l'enfant a tressailli de joie dans mon sein. Vous êtes bien heureuse d’avoir cru, et les choses qui vous ont été dites de la part du Seigneur seront accomplies. »

Marie dit alors :

« Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu « mon salut.

« Il a regardé la bassesse de sa servante, et voici que toutes les généra- « tions m’appelleront bienheureuse. R

« Car il a fait en moi de grandes choses, Celui qui peut tout. Et son nom « est saint; et sa miséricorde s'étend de génération en génération sur ceux « qui le craignent.

« Il a déployé la force de son bras; il a dissipé les desseins des superbes « enorgueillis dans les pensées de leur cœur.

« Il a renversé de leurs siéges les hautains et élevé les humbles.

« Ila comblé de bien les indigents pressés de la faim, et renvoyé vides « ceux qui étaient dans l'abondance.

« Il a relevé Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde promise « à nos pères, à Abraham et à sa postérité pour toujours. »

Le terme d’Élisabeth étant arrivé, elle mit au monde un fils. Au jour de la circoncision, qui était le huitième, les parents voulaient lui donner le nom de son père. Élisabeth demanda qu'il fût appelé Jean, ce que Zacharie, toujours muet, confirma en écrivant : « Jean est son nom. » Au même instant la langue de Zacharie devint libre, et il prophétisa, bénissant le Dieu d'Israël de s'être souvenu de sa miséricorde envers son peuple, et de lui avoir suscité un Sauveur de la maison de David. Et, s'adressant à son fils, il lui dit qu’il marcherait devant le Seigneur pour lui préparer les voies, afin que la rémission des péchés fût obtenue de ce soleil levant qui venait éclairer les ténèbres et l'ombre de la mort et diriger nos pieds dans la voie de la

paix.

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