‹ Jésus-ChristChapitre 38 sur 139 · OR ORO NO · texte numérisé non relu

OR ORO NO

soixante-douze signifie l'universalité des na-

CÉLLCEZ IT

tions. Ils vont deux à deux, parce qu'il ya

Rationale de Guill. Durand, ms, du xivEs.

Bibl. de M. Ambr. Firmin-Didot,

; deux préceptes de-charité, l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Celui qui n'a pas la charité pour le prochain ne doit pas être chargé du ministère de la prédication. Cette association de deux pour le service du Seigneur est ancienne. Dieu délivra Israël par l'association de Moïse et d’Aaron; et il est écrit : Un frère soutenu par son

frère est comme une ville fortifiée.

Jésus donna aux nouveaux missionnaires des instructions semblables à

celles qu’avaient reçues les’ Apôtres, avec le pouvoir de guérir les malades

et de chasser les démons. C’est le complément de la fondation de l’apostolat : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. En quelque «maison que vous entriez, dites d’abord : Que la paix soit dans cette maison ! Mangez et buvez de ce qu’il y aura, car celui qui travaille mérite

son salaire. Guérissez les malades qui s'y trouveront et dites-leur : Le

RA

royaume de Dieu s’est approché de vous. Si quelque ville ne vous reçoit

point, dites aux habitants : La poussière même qui nous est demeurée de «votre ville, nous la secouons contre vous. Et moi je vous déclare qu’au

«dernier jour, Sodome sera traitée moins rigoureusement que cette ville.

Celui qui vous écoute, m'écoute; celui qui vous méprise, me méprise; et

celui qui me méprise, méprise Celui qui m'a envoyé. » Les Soixante-Douze allèrent et revinrent joyeux. — « Seigneur, direntils, les démons mêmes nous sont assujettis par la vertu de votre nom. » Jésus leur répondit avec une sévérité douce, de manière à entretenir en eux humilité : « Voici que je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les ser- « pents et les scorpions, et sur toutes les forces de l'ennemi sans en recevoir «aucun mal. Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les démons vous « Sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits au ciel. » Et en même temps, tressaillant de joie dans le Saint-Esprit, il dit : « Mon « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je vous rends grâce, parce que, « tenant ces choses cachées pour les savants et pour les sages, il vous a plu « de les révéler aux petits.» Et afin de marquer qu’il dispose de tout comme le Père, il ajouta : « Tout m’a été remis entre les mains par mon Père; «et nul ne sait qui est le Fils que le Père, et qui est le Père que le Fils, et celui à qui le Fils voudra bien le révéler. » Il dit encore aux Disciples : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car beaucoup de rois et « de prophètes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu; et «entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu ! »

Et enfin, s'adressant à la foule, à ceux qui ont été dans la suite des âges, à nous qui sommes maintenant, à ceux qui seront jusqu’à la fin des siècles : « Venez tous à moi, vous qui ployez sous le fardeau du travail et de la € douleur, et je vous referai. Prenez mon joug sur vous et instruisez-vous « près de moi, parce que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez « lé repos de vos âmes ; car mon joug est doux et mon fardeau léger, »

Saint Augustin fait ressortir la profondeur de cette parole. Ceux qui prennent le joug de Jésus, dit-il, ont à porter de telles angoisses qu’il leur semble passer non du travail au repos, mais au contraire du repos au travail ; mais l'Esprit saint est là, qui sans cesse renouvelle l'homme inté-

rieur au milieu des ruines de l’homme extérieur. Dans l'affluence de ces

[irrfimaiim

Page 1