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Fig. 103. — L'Eglise, épouse de Jésus-Christ, méditant sur la passion de Notre-Seigneur ; avec une inscription 8 ? P 1 o 1 P qui signifie : « Mon bien aimé est pour moi un bouquet de myrrhe; il demeurera sur mon sein, » Fac-simile réduit d'une gravure du Cantique des cantiques, xve siècle.
attaché à la croix dans le désert, et dont la vue seule guérissait de la morsure des serpents : « De même que Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'Homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais obtienne la vie éternelle. »
Le signe de la croix se faisait dans le Temple. Le prêtre élevait d’abord l'hostie du sacrifice ; il la portait ensuite de l'Orient à l'Occident. De la même manière, les prêtres bénissaient le peuple. Le sacerdoce chrétien
n'eut à ajouter que les paroles augustes qui sont, avec le signe de la
croix, l’abrégé de tout le Christianisme : Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Dans Ézéchiel, un personnage mystérieux reçoit l'ordre de traverser Jérusalem souillée d'abominations : il marquera au front, du signe T, ceux qui gémissent de l’iniquité publique, et ils seront sauvés, et les autres seront tués. Voilà la croix et sa vertu. Ainsi, disent les Pères, sera sauvé l’homme qui marque son front du signe salutaire, en gémissant des crimes que ce signe interdit.
C'est dans la posture de la croix, les bras étendus, que Samson venge Israël, que David demande secours contre son fils parricide et contre ses sujets révoltés, que Salomon rend grâce à Dieu d’avoir pu achever le Temple, lui disant : Seigneur, regardez ma prière. C'est ainsi que tous les habitants d'Israël en face de Sennachérib vainqueur invoquent Dieu et sont exaucés : « Étendant leurs mains, ils les élevèrent vers le ciel. »
Les païens adoraient en portant la main droite à la bouche et en la baisant; mais d’abord cette main formait le signe mystérieux par le croisement de l'index sur le pouce. Dans les occasions plus solennelles, ils priaient à la manière des Juifs les mains étendues vers le ciel ou croisées sur la poitrine. C’est ce que fait Brutus en apprenant la mort de Lucrèce; Anchise, sur le rivage, les mains étendues, invoque les grands dieux. Il y avait à Rome une statue de la Piété publique, les bras en croix comme Moïse. Dans les monuments de tous les peuples, on a trouvé des marques et des pressentiments du mystère de la croix.
Saint Augustin applique à la croix les paroles de saint Paul souhaitant aux fidèles de comprendre la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur du mystère de Jésus-Christ. La largeur de la croix, c’est l'étendue de l'amour que nous devons sans distinction d’amis ou d’ennemis à ceux pour qui Jésus-Christ est mort, comme pour nous; sa longueur nous doit enseigner la patience au milieu des adversités ; sa hauteur, l'essor qu'il faut prendre au-dessus des choses terrestres pour entrer dans l’éternelle paix; sa profondeur, cette profondeur cachée des décrets de Dieu résolu de sauver le monde qui s'était perdu par sa propre sagesse, et de le sauver par la folie de la croix.
Encore un peu de temps, tout sera connu ; les hommes sauront pourquoi
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cette croix honteuse mettait cependant son empreinte sur tant de choses grandes et essentielles de la vie, et s’offrait comme le geste naturel de l’âme
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