LES APOTRES" — JEAN
« sera, et ses serviteurs le serviront. Ils verront son visage et ils auront son « nom écrit sur leurs fronts. Il n’y aura plus de nuit, et ils n’auront plus « besoin de lumière de lampe ni de lumière du soleil, parce que le Seigneur « Dieu les éclairera ; et ils régneront dans les siècles des siècles. Heureux « ceux qui lavent leurs robes dans le sang de l’Agneau, afin qu'ils aient « pouvoir de jouir de l'arbre de vie et qu'ils entrent dans la ville par les « portes ! — Dehors les chiens, les empoisonneurs, les impudiques, les
« homicides, les idolâtres, et tous ceux qui commettent le mensonge ! Moi,
« Jésus, dit le Christ, j'ai envoyé mon Ange pour vous rendre témoignage
« de ces choses dans les Églises. C’est moi qui suis sorti de la racine et du « sang de David, qui suis l'étoile luisante, l'étoile qui paraît le matin. « L'Esprit et l’Épouse disent : Venez ! Que celui qui l'entend, dise aussi : « Venez ! Que celui qui a soif vienne ; et que qui voudra recoive gratuite- « ment de l’eau de la vie! Amen ! Venez, Seigneur Jésus! »
Ainsi l’Apôtre, prisonnier de Domitien, répondait à ceux qui versaient comme ils voulaient et tant qu'ils voulaient le sang des martyrs. Domitien se donnait formellement le titre de dieu, et l’exigeait de tous, soit par écrit, soit de vive voix. Il faisait placer sa statue dans l'endroit le plus sacré des temples ; il mettait en tête de ses lettres : « Notre seigneur et dieu ordonne. » Le monde obéissait à Domitien. Les chrétiens mouraient. Ils lavaient leurs robes dans le sang de l’Agneau, dans leur propre sang pour entrer «par les portes », par la doctrine des Apôtres dans la cité fermée aux idolâtres, aux impudiques et aux menteurs. Depuis Étienne jusqu'à ce moment de l’histoire évangélique ; combien de sang avait déjà coulé pour attester cette parole de Jésus : « Ayez confiance, j'ai. vaincu le monde! » Et Jean écrit : « Quiconque est né de Dieu est victorieux du monde, et ce qui remporte la « victoire sur le monde, c’est notre foi. »
Peu de temps après avoir publié l'Apocalypse, l’Apôtre publia son Évangile. Déjà les trois autres évangélistes étaient connus. Matthieu, le premier, écrivit ce qu’il avait vu; Marc, disciple et compagnon de Pierre, ce qu’il avait recueilli de son maître ; Luc, disciple et fidèle compagnon de Paul, ce qu’il avait appris avec beaucoup de soin et du grand Apôtre et des imposants témoins qu’il eut tant d'occasions d'interroger. A la prière des:
prêtres et des fidèles, au moment de quitter la vie, Jean écrivit à son tour,
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afin de montrer que «Jésus-Christ est le Fils de Dieu et que ceux qui croient en lui ont la vie éternelle ». Sans nommer les hérétiques, déjà experts à répandre de fausses doctrines touchant la personne et le caractère divin du Sauveur, il les réfuta. En même temps, il attestait et complétait les Évangiles antérieurement parus.
Isaïe, favorisé de la vision la plus haute qui ait été accordée aux saints de l’ancienne loi, vit « le Seigneur assis sur un trône élevé et sublime, et ses vêtements remplissaient l’enceinte du Temple resplendissant de sa majesté ». Saint Jean rapportant les paroles qu’[saïe entendit de Dieu dans cette vision, les applique à Jésus : « Isaïe a vu sa gloire et il a parlé de lui. » C'est là, disent les Pères, le sujet de l'évangile de saint Jean. Les autres évangélistes parlent davantage de l'humanité du Christ; Jean est proprement l'évangéliste de sa divinité. Le lion, l'homme et le taureau, symbole des autres, marchent sur la terre, parce que ces évangélistes nous disent surtout ce que le Christ a fait en la chair et recueillent principalement les préceptes qu'il a laissés à ceux qui portent le poids de la chair. Jean est figuré par l'aigle. Il prend son vol bien au-dessus de l'infirmité humaine ; il dépasse toutes les hauteurs, il dépasse tout ce qui a été créé, pour parvenir jusqu’à Celui qui a créé tout; et sur ce soleil de la vérité immuable, il fixe des regards très-perçants et très-assurés. Saint Chrysostome ne craint pas de dire qu’il y a des choses que les Anges ont apprises de la révélation de saint Jean.
Il lui a été donné de connaître le mystère de la divinité du Christ, par laquelle le Fils est en tout l’égal du Père. C’est lui qui en communique les lumières à l'intelligence humaine autant qu’elle les peut recevoir. Comme Isaïe , il a vu le Seigneur sur un siége élevé et sublime, car il a vu le Christ dans le règne de sa divinité. Il a vu le Temple, qui est l'univers, animé et resplendissant de sa majesté, ce qu’il exprime lorsqu'il dit que toutes choses ont été faites par lui, et que rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui, et que sa lumière éclaire tout homme venant en ce monde. Il a vu les mystères de son humanité remplissant son temple, c’est-à-dire son Église : « Et le Verbe a été fait chair, et nous avons vu sa gloire comme Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité. » Aïnsi la vision d’Isaïe contient toute la
matière de l’évangile de Jean. Que ce barbare, cet illettré, poursuit saint
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