‹ Jésus-ChristChapitre 9 sur 139 · HUYOT · texte numérisé non relu

HUYOT

Fig. 18. — L'Ancien et le Nouveau Testament, peinture allégorique de Frà Angelico (d'après une vision d'Ézéchiel, ch. x), à l'Académie des Beaux-Arts, à Florence, xve siècle.— La roue extérieure supporte les douze patriarches de l’ancienne Loi; la roue intérieure, les quatre évangélistes et les apôtres Paul, Jacques, Jude et

Pierre, tous messagers de la Loi nouvelle. À gauche, Ézéchiel a la vision des roues symboliques; à droite, le pape Grégoire le Grand commente la vision du prophète.

Tibère devient l’exécuteur de ce que l’on peut appeler le premier fait évangélique; il procure le silence des armes, au milieu duquel Dieu veut jeter à voix basse la parole de la vraie et éternelle paix. L'Empire commence à

accomplir les desseins de Dieu; désormais, qu’il le veuille ou non, il n'aura

plus d’autre rôle. Les faits de guerre, seuls événements retentissants de l’antiquité, se taisent partout, parce qu’il a été dit que la terre serait en paix à l'heure où nous touchons. Heure des chants, heure des triomphes! À Rome, Virgile et Horace chantent aux pieds d'Auguste et de Tibère triomphants; en Judée, au-dessus d’une crèche où repose un pauvre enfant nouveau-né, des voix célestes, entendues seulement de quelques pasteurs, vont entonner le sommaire de l'éternel Évangile : Au Dieu Très-Haut la gloire, aux hommes de bonne volonté la paix!

Heure solennelle pour la nature entière. Dans le vaste firmament, les astres n'avaient point dévié de leur marche, rien n’était à réparer, aucune perturbation n’étonnait ces royaumes inviolables de la régularité. Cependant une circonstance y devait signaler l’avénement du nouvel Adam, du nouveau Moïse, du nouveau Josué, de l'Homme à qui les Démons, et les Anges, et les vents, et la mer, et les plantes, et toute chose créée allait obéir. Cette circonstance fut le Jubilé universel des planètes. Toutes, en ce moment, avaient accompli leurs révolutions, et se tenaient prêtes au travail ou au repos; toutes repartirent obéissantes pour une course nouvelle , comme au jour où, le même Verbe de Dieu les ayant appelées du néant chacune par son nom, chacune répondit : Me voici! et prit la route qui lui était tracée.

Celui qui a créé le monde va donc nous apparaître, vivant de notre vie, dans l’infirmité de notre chair ! C’est Dieu que nous cherchons : c’est l’homme qui va se montrer; mais l’homme ne se montrera que pour nous livrer Dieu. |

Jésus, maintenant, n’est plus caché ni déguisé. Il a passé dans l'infirmité, il demeure dans la gloire. Mais, depuis dix-neuf siècles, ce soleil toujours plus brillant rencontre des aveuglements toujours plus obstinés. Tel est le mystère de la liberté humaine : en présence de l'évidence, elle conserve le mérite de croire, elle a le formidable pouvoir de nier. Si, n'ayant pas juré de nous affermir dans les ténèbres, nous n’avons pas davantage le dessein d'en sortir, demandons le secours de la grâce, Notre raison est sujette à des troubles que l'intelligence ne peut ni formuler, ni deviner, ni atteindre. La prière obtient la grâce, la grâce apporte la clarté. Prononcons les paroles

] € À < pr .

puissantes que l'Esprit saint nous a suggérées pour nous vaincre nous-

À Lo ERA

Page 1