Jésus-Christ, sa divinité, son caractère, son oeuvre et son coeur
G est la mauvaise fortune des orateurs que leurs œuvres généralement périssent avec eux. Tant que leur VOIX peut se faire entendre, ils exercent sur les intelligences un grand et légitime empire. S'esl-elle éteinte, il ne reste rien d'eux, souvent pas même un nom.
Pour l'orateur sacré dont l'ambition n'est point de conquérir cette renommée stérile, mais qui a saintement absorbé sa gloire dans celle du Dieu dont il est le messager, cet oubli n'a rien qui l'afflige. Bon ouvrier, il a tait son œuvre et est allé recevoir le seul prix auquel il " aspu>e. Que ses discours périssent, que lui importe?
Z """"'' ''''' ''^"^ 1«« '^'^^^ et il apprit de son Maitre que c'est là l'unique joie solide de l'homme i.
Mais s illui sied de laisser périr ses œuvres, sans dai-
gner leur donner un regret, il ne peut en être de même
ceux qm par lui furent instruits et fortifiés. Ils savent
que ce héraut de l'Évangile avait reçu de Dieu la flamme
Luc, fo.ï" '*"*^°' '^"'"' "°""°^ "^^^'^ scripta sunt in cœlo.
^ ' PKÉFACE
du génie, qu'il y avait par l'étude ajouté un surcroît d'éclat et de chaleur. Ne serait-ce pas pour les âmes, pour l'Eglise elie-même, une perte à déplorer, si le gouffre de l'oubli venait à dévorer ces feuilles précieuses où le génie chrétien a déposé le fruit de ,ses méditations savantes et inspirées?
On nous saura donc gré, c'est l'espoir qui nous encourage, d'avoir recueilli, mis en ordre et livré à la presse les œuvres oratoires et ascétiques dont nous publions aujourd'hui le premier volume. L'auteur, M. l'abbé Charles de Place, a joui dans la chaire chrétienne, en France et notamment à Paris, d'une grande réputation très-justement méritée. Il est actuellement encore considéré par tous ceux qui l'entendirent, comme un des tvpes les plus purs de l'éloquence sacrée au dix-neuvième siècle
La profondeur de sa doctrine, la vigueur irrésistible de son argumentation, la mâle élégance de son style l'ont place, sans contredit, au premier rang de nos orateurs contemporains. Penseur dont la dialectique ne laisse aucun refuge à l'adversaire, écrivain d'une pureté cbissique, il montre dans l'élévation de ses aperçus quelque chose, qu'on nous pardonne ce rapprochement qui rip pelle un peu l'essor de Bossuet, dans ses déduc'tions une énergie pressante qui fait penser à Bourdalouo, dans h phrase une correction, une précision, une noblesse d'allure qm nous reportent au grand siècle, et, de plus, un mouvement, une chaleur qui appartiennent à l'âge plein de passions et de tourmentes où nous vivons. Go jugement n'est pas dicté, qu'on se le persuade bien, par l'enthousiasme d'un éditeur qui trop aisément s'éprend de l'écrivain dont il a entrepris de soustraire la mémoire
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