‹ Jésus-Christ, sa divinité, son caractère, son œuvre et son cœurChapitre 29 sur 40 · II · texte numérisé non relu

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dans les pauvres ; vous m'apprenez donc que jamais il n'eut plus de titres à votre reconnaissance, ni plus de droits à vos bienfaits. Vous retranchez-vous sur le caractère et sur les vices des pauvres? Ils sont si ingrats, dit-on tous les jours, et puis, qui sait si leur misère est aussi grande qu'ils le prétendent? Qui sait si nos aumônes ne seront pas un encouragement de l'oisiveté et de l'imposture? Mes frères, Jésus-Christ est dans les pauvres! C'est notre seule réponse à tout. Vous l'adorez également dans l'Eucharistie, soit qu'il habite l'humble et misérable temple d'un hameau, soit qu'il réside dans les temples somptueux de nos cités. Sachez donc également le reconnaître et le secourir, et dans les pauvres qui honorent sa ressemblance par leurs vertus, et dans les pauvres qui la profanent par leurs vices. Ah! ne demandez pas si ce pauvre vous trompe; car, erreur pour erreur, mieux vaut sans doute l'erreur de la charité qui donne à J.-G. absent, que l'erreur d'une prudence tout humaine qui s'expose à refusera J.-C. présent. Faites plus encore, ne redoutez pas l'abus de votre aumône ; qu'importent les abus, s'ilslaissentà vosdonstout leur mérite, à votre charité toutes leurs récompenses? Enfin, mes frères, vous plaindriez-vous de l'iraportunité de nos prières et de la continuité de nos demandes? Nous ne voulons auprès de vous d'autre apologie que ces deux mots : Jésus-Christ dans les pauvres! Oui, nous vous demandons très-souvent, et nous sommes obligés de vous dire que nous vous demanderons plus souvent encore; mais, M. F., c'est que, avocats de J.-C, nous devons égaler à ses besoins nos prières, et nos importunilés à sa misère. Oui, nous demandons souvent; mais nous demandons pour noire Dieu qui vous donne bien plus souvent lui-même; ses aumônes à votre égard sont, tout à la fois, infinies comme son amour et incessantes comme vos besoins. Donnez donc toujours à qui ne se lasse point de vous donner.

Le moment est venu de mettre ces principes en pratique et de prouver votre foi par votre charité, par vos largesses. Donc, mes frères, c'est J.-G. lui-même qui, dans la personne du pauvre, se présente aujourd'hui devant vous pour soUiciter votre aumône. En ce moment quelle révolution étrange s'accomplit dans ce temple!... Lorsque vous mites le pied au seuil de ce sanctuaire, le Dieu qu'y découvrit votre foi, c'était le Dieu riche qui veut être prié. Maintenant c'est le Dieu pauvre qui prie lui-même et qui veut être secouru. Oui, en ce moment, les rôles sont changés, si j'ose parler ainsi : Dieu prend la place de l'homme, l'homme prend la place de Dieu. C'est Dieu qui prie , c'est l'homme <îui exauce. C'est Dieu qui demande, c'est l'homme qui donne. C'est Dieu qui veut être l'ohligé, c'est l'homme qui devient le bienfaiteur. Mes frères, puisque J.-G. veut vous devoir quelque chose, ne laissez pas échapper cette heureuse occasion d'acquitter envers lui la dette immense de Votre reconnaissance ; venez payer par une aumône, la dette de ses bienfaits passés , et je puis ajouter, payer par avance, le prix de ses bienfaits futurs. Une aumône! mes irères, nous vous la demandons pour Celui qui vous a fait aumône de la vie et avec la vie l'aumône de votre fortune. Une aumône ! nous la demandons pour Celui qui vous a faits * son image et qui est mort pour vous faire ses enfants. Une aumône ! nous vous la demandons pour Celui qui vous a donné son Cœur en cette vie, et qui veut, en l'autre, vous donner encore le ciel et avec le ciel l'éternité de son bonheur. Amen.

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