‹ Jésus-Christ, sa divinité, son caractère, son œuvre et son cœurChapitre 37 sur 40 · Toin · texte numérisé non relu

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LE SACRÉ CœUR DE JÉSUS-CHRIST ^61

années el avec les épreuves, il plut à sa miséricorde de déchirer lous les voiles, d'abaisser loules les barrières et d'ouvrir à tous ses enfants le sanctuaire, jusque-là accessible aux seuls élus, de la grâce et de la sainteté. Il voulut que désormais la source de ses dons fût à tous, comme ses dons eux-mêmes étaient pour lous. Il commanda à son Église de placer sur ses autels le symbole auguste de sa charité, de consacrer un culte public d'amour à ce Cœur d'où est sorti le salut de l'homme et de convier tous les chrétiens à venir, dans une solennité nouvelle, adorer, étudier el aimer ce qu'il y a de plus grand, de plus saint, de plus aimable, c'est-à-dire le Cœur d'un Rédempteur et d'un Dieu.

Entrons, fidèles, dans ce dessein de J.-G. et répondons à l'appel de son Église. Ranimons l'amour en nous-mêmes pour reconnaître l'amour dont nous sommes l'objet. Prenons dans nos cœurs tout ce que la foi peut y faire naître de sentiments surnaturels, pour honorer les sonlimcntsque nous a voués sans retour le Cœur de Jésus-Christ.

Qu'est-ce que le Cœur do J.-G. dans les idées de la religion? Pour vous répondre, M. F., nous vous rappellerons d'abord les paroles du saint Pontife dont l'autorité institua la fêle du Cœur sacré de J.-C. dans l'Église. « Nous désirons, f^il-il, que tous les fidèles sous le symbole de ce Cœur sacré honorent plus affectueusement l'amour de J.-C. souffrant pour nous et instituant pour nous le sacrement de son corps. B

Ainsi voilà le double objet de notre culte. Nous hono- •"ons l'amour d'un Dieu pour les hommes ; nous honorons le Cœur qui fut le siège de cet amour. Nous lionorons l'a-

mour qui attacha J. -G. à la croix et qui l'enchaine encore Jans le tabernacle, et nous honorons le Cœur sensible, le Cœur toujours vivant et toujours uni à la Divinité qui fut et qui est encore l'organe de cet amour. Que de vains et ■ froids sectaires ne nous demandent plus pourquoi nous faisons du Cœur de J.-C. l'objet d'une adoration spéciale et comme d'une religion à part. Qu'ils ne nous accusent plus de diviser l'IIomme-Dieu d'avec lui-même et de rendre à son Cœur humain, séparé de son àmc et de sa divinité, un culte qui n'est qu'une idolâtrie. Leur demande serait un blasphème et leur accusation un mensonge. Honorer le Cœur de J.-C. c'est honorer son Cœur vivant dans l'Eucliaristie.et dont la divinité est à jamais inséparable. C'est donc adorer un objet divin, et comment y aurait-il de l'idolâtrie à rendre l'adoration à ce qui est divin? Honorer le Cœ.ur de Jésus, c'est honorer son amour, l'amour qui est sa vie et comme le fond de son être. Loin de diviser la personne adorable de l'IIomme-Dieu, c'est donc, au contraire, en réunir et en concentrer toutes les perfections dans ce qui en fait toute l'unité, dans son amour. Que les hommes étrangers à notre foi et, dès lors, bien plus incapables encore d'en comprendre les sentiments que les pensées, ne s'étonnent plus des hommages de la piété chrétienne envers le Cœur de J.-C. Eux-mêmes n'ont-ils pas des honneurs humains pour le cœur d'un héros humain? Ne placent-ils pas dans le cœur le siège des nobles affections et des grands sentiments ? Qu'honorent-ils par plus de respects ou par plus de vénération dans leurs semblables, sinon le cœur, l'organe de la tendresse et de l'amour, la source du courage et de l'héroïsme, le principe des vertus les plus pures et des magnanimes dévouements? Et pourquoi ne pourrions-noxis honorer dans un Dieu ce que toujours, partout la société honore dans des hommes. Mais vous-mêmes qu'

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avez le malheur de ne croire pas, vous révérez J.-G. comme le plus illustre des sages, comme le plus grand des héros et le premier bienfaiteur de l'humatiilé ; c'est là, du moins, votre langage. 11 n'est sage, héros, bienfaiteur des hommes que par son Cœur; et ainsi, à ne voir en lui que le plus grand des hommes, vous devriez encore honorer son Cœur comme le plus vertueux, le plus grand, le plus héroïque qui futjamais. Quoi donc ! si pour nous comme pour vous, J.-C. n'était qu'un homme, honorer son Cœur serait le plus raisonnable et le plus légitime des hommages. Et parce qu'il est Dieu, et qu'en lui notre foi reconnaît et adore un Dieu, on trouverait étrange que nous ayons pour ce môme Cœur et des adorations et un culte ! Quelle contradiction et quelle inconséquence !

Mais je ne suis point aujourd'hui dans cette chaire pour humilier l'orgueil des sectaires ou combattre les préj ugés du monde incroyant. Je ne dois qu'éclairer votre foi et animer Votre piété. Laissons donc aux premiers leurs blasphèmes, aux seconds leur inconséquence, et essayons d'approfondir le mystère de la science suréminente de Jésus-Christ.

Qu'est-ce donc que le Cœur de J.-C. dans les idées de la religion? D'abord, c'est l'objet le plus saint, le plus auguste, 'e plus excellent que puisse honorer la religion humaine. Quand vous adorez la croix, vous rendez hommage à l'instrument de la rédemption ; mais ce bois, tout consacré qu'il est par le sang de J.-C, n'en est pas moins une substance inanimée et sans vie, quelque chose de matériel, que les 'Couleurs d'un Dieu ont sanctifié, il est vrai, mais qui n'est point une portion de J.-C. même. Quand vous adorez le corps sacré de J.-C. sur l'autel, c'est une chair divine qui reçoit ^os adorations; mais ce corps sacré, tout vivant qu'il est, tout uni qu'il est à la Divinité, n'est pas ce qu'il y a de plus *-'xcellent clans l'humanité de J.-C. Au-dessus de son corps, il

■î:5^',i-.43ia!»

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y a son âme bienheureuse. Quand vous adorez la personne divine de J.-C, vos hommages, ce semble, ne peuvent monter plus haut; ils s'adressent au Fils de Dieu, à Celui qui est la sagesse, la raison de Dieu, au Yerbe de Dieu luimême. Mais quoiqu'une personne divine soit la perfection suprême et, dès lors, n'ofl're rien en elle-même qui ne soit infini, il y a dans la perfection, même souveraine, môme infinie, quelque chose, si l'on peut parler ainsi, de plus parfait et de plus infini qui en fait la plus noble gloire, qui résume, dans son idée la plus haute, la divinité. C'est l'amour, c'est la charité, qui selon saint Jean, forme la vie et constitue l'être de Dieu; Deus Carilas est. Or, voilà l'excellence du Cœur sacré de J.-G. Quand j'adore ce Cœur divin, j'adore ce qu'il y a tout ensemble de plus vivant et de plus intime en J.-C. Car d'où vient la vie, sinon du cœur, et qu'y a-t-il de plus intime à l'homme que son cœur? Quand j'adore le Cœur divin, j'adore ce qu'il y a de plus excellent dans l'humanité sainte de J.-G. C'est son corps et son âme tout ensemble, mais son corps dans sa portion la plus noble, qui est le cœur, son âme dans sa puissance la plus relevée qui est l'amour. Qu'est-ce en ellet que le cœur, sinon l'organe par excellence, l'organe qui résume en soi toute la vie corporelle et toute la vie spirituelle : dans le corps, l'organe dont tous les autres reçoivent le mouvement ot la vie; dans l'âme, l'organe qui concourt à toutes les affections et qui en est l'instrument et le symbole. Quand j'adore le Cœur de J.-C. j'adore ce qu'il y a de plus divin dans sa personne divine, la charité. Car son Cœur sacré, qu'est-il autre chose que le signe tout ensemble et le foyer de cette charité infinie? La religion humaine ne saurait donc honorer un objet plus excellent. Et certes l'amour divin doit épuiser le culte de l'homme sur la terre, puisqu'il épuise, en la terminant, la vie de Dieu dans le ciel.

Et voilà ce qui fait de la dévolioa au Cœur de Jésus, la dévotion suprême dans l'Église. Dans ce seul culte, tout est compris et tout est résume. Ainsi honorer le Cœur de J.-C, c'est honorer toutes les vertus de l'Homme-Dieu. C'est le Cœur qui les inspire et c'est du Cœur qu'elles empruntent tout leur prix. Honorer le Cœur divin, c'est honorer les leçons et la doctrine de J.-C. ; il les a prises dans son Cœur et c'est de cette source adorable qu'elles sont venues sur ses lèvres ; car d'où vient toute grande pensée, sinon du cœur? Honorer le Cœur divin, c'est honorer tous les bienfaits de J.-C, quel que soit le sentiment qui les ait commandés. Où la miséricorde, où la tendresse, où la douce pitié, où le généreux dévouement ont-ils pris naissance? Tous, ils partent de son Cœur et ne sont que des inspirations de son amour. Honorer le Cœur divin, c'est honorer tous les états, tous les mystères, toute la vie de J.-C. Matériellement, l'Homme-Dieu nous apparaît dans des états divers. En lui il y a la force, il y a la faiblesse, il y a l'opprobre, il y a la gloire. Ses mystères varient, comme les actes de sa vie qu'ils représentent. Mais et tous les états, et tous les mystères, et toute la vie de J.-C. se réunissent, se confondent, se résument dans un seul point qui en- fait l'unité. C'est son Cœur qui en est le principe, la raison dernière, l'idée la plus haute, c'est son amour. Sic Deiis dilexil mundtim. Donc, ô sainte Eglise, placez ce Cœur sacré dans tous vos sanctuaires et sur tous vos autels. H est digne de vous et de la sagesse toute céleste que l'Esprit-Saint met en vous d'offrir dans ce signe sensible et vivant, dans le plus auguste comme le plus touchant des symboles, l'idée la plus parfaite de votre divin Epoux et l'a- '^l'égé de sa vie. Ajoute/ à vos solennités saintes une solen- "ilé nouvelle qui soit consacrée au Cœur divin ; ce sera la Cèle universelle de J.-C. Dans un seul hommage vous honorerez tout ce qu'il est et tout ce qu'il a fait, et même tout

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ce qu'il peut faire, puisqu'il n'est rien que par son Cœur, puisqu'il ne peut rien et ne veut rien faire que par son amour. Et vous, chrétiens, que le culte du Cœar de J.-C soit le culte prévilégié de votre cœur. Par loi vous acquitterez toutes vos dettes à l'égard de J.-C, et elles sont immenses! Sans lui, vous restez à jamais insolvables et surtout à jamais ingrats.

En effet, quelle est la grande dette de l'humanité à l'égard <le J.-C. sinon de reconnaître son amour? Et qu'est-ce que le cuite du Sacré Cœur, si ce n'est le culte môme de l'amour de J.-G. ? Oui, chrétiens, J.-C. nous a aimés jusqu'aux derniers excès, et, pour parler avec son apôtre, jusqu'aux limites de l'amour même; qunm dilexissci siios usqtte in finem dilexit cos. Réfléchissez et réfléchissez encore, rêvez et rêvez encore, ce que vous aurez conçu comme l'idéal de la charité sera à peine l'ombre do la charité de J.-G. Qu'est-ce, selon vous, qu'aimer parfaitement, qu'aimer de toute l'énergie de son âme, de toutes les puissances de son être? Est-ce donner sa pensée et son affection et sa vie? Est-ce se dépouiller pour enrichir ce qu'on aime? Perdre l'existence pour la lui conserver? Est-ce se transformer en cet autre soi-même? Ne penser que de sa pensée, n'aimer que de son amour, ne vivre que de sa vie, tellement s'identifier avec lui que de deux âmes il n'y ait plu^ qu'une seule âme et de deux existences plus qu'une seule existence? C'est là, sans doute, l'amour du cœur humain," son plus haut degré et dans son idée la plus parfaite, amoui' tellement élevé et tellement sublime que vous n'eussiez jamais été capables de le concevoir, si vous n'en eussiez trouve la réalité vivante dans J.-G. L'IIomme-Dieu aima ainsi les hommes et il aima infiniment plus. Nous n'étions pas encore; son amour nous apercevait dans notre néant et se préoccupait de notre bonheur, des siècles avant qu'il fu'

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question de notre existence. Dans la lumière infaillible de sa prescience, il nous voyait d'avance ce que nous avons été, ce que nous sommes encore peut-être, ingrats, indifférents, ennemis. Et son amour ne se décourageait pas devant la désolante certitude de notre indifférence ou de notre mépris Homme comme nous, il nous a donné tout ce que l'homme peut donner à ses semblables, les sueurs et les travaux du corps, les pensées, les affections et les douleurs de l'âme, toutes les heures et tous les moments de l'existence. Homme-Dieu, pour nous il dépense et épuise les trésors de la divinité. Il pousse si loin la prodigalité de ses dons qu'il ne peut donner plus, sans nous faire dieux nousmêmes et se détruire. H sait que l'amour ne vit que de sacrifices, et il ne veut la vie que comme un long dévouement et une perpétuelle souffrance. L'amour ne peut faire plus que mourir; il le comprend, et il meurt pour nous. H environne ^a dernière immolation de tant de douleurs et de tant d'épreuves, il réunit dans son dernier sacrifice tant de sacrifices ensemble, que dans une seule mort il trouve le secret de mourir mille fois. Le tombeau qm est le terme des affections ne peut rien sur son Cœur ; après avoir pris notre ressemblance sur la terre, il invente dans le plus auguste des sacrements le moyen de nous transformer tous en lui. Il veut passer en nous et nous faire passer en lui, sortir de soi et se perdre en nous et, en même temps, nous retirer de nous et nous perdre en lui. Vl pour cela ilse donne tout a la fois et à nos corps et à nos âmes sous la forme d'un aliment; il se fait, à la lettre, leur nourriture. Là, son sang s'assimileenquelquesorteànotresang;sasubstancesemêle,

sans se confondre, h notre substance; son âme pénètre notre âme ; sa vie coule dans notre vie. Chacun de nous c'est luimême, c'est J.-C. multipliant son Cœur par tous les cœurs qu'il consacre et qu'il s'unit, et son existence par toutes les

existences qu'il consacre et qu'il divinise. Enfin sa tendresse n'est pas contente, à moins de nous avoir tellement absorbés en son être, qu'il soit dans la nécessité de nous aimer tous du même amour dont il aime son infinie perfection. Voilà, M. F., et dans des images bien faibles, bien grossières, l'amour de J.-C. pour les hommes. Voilà, dans son idée vraie, quoique infiniment incomplète, le Cœur de J.-C. Voilà le divin objet que l'Eglise offre à votre adoration et à votre amour. Est-il juste que ce Cœur où nous occupons une si grande place occupe à son tour la première place dans nos cœurs? Est-il juste que cet amour d'un Dieu pour sa créature soit reconnu par l'amour de la créature pour son Dieu? Est-iljuste que l'homme prouve sa gratitude par son culte et que dans cette Église de la terre qui doit tout au Cœur de J.-C, il y ait une religion de lu reconnaissance humaine à*!' égard de l'amour divin?

Mais, mes chers frères, dans le Cœur de J.-C. ce n'eet pas seulement un amour immense et infini que la religion honore, c'est encore, c'est surtout un amour méconnu et outragé; en sorte que le culte de ce Cœur sacré est tout ensemble un culte de reconnaissance et un culte de réparation. Je ne veux pas attrister vos âmes par le souvenir des jnjures que reçoit tous les jours J.-C. de la part des hommes qu'il a tant aimés. Vous savez par quels blasphèmes on insulte à sa doctrine, avec quelle impiété on nie la"divinité de sa personne, avec quel mépris on repousse ses sacrements régénérateurs. Eh! qui donc parmi vous aurait assez peu de foi et assez peu de cœur pour ne point gémir sur cette persécution implacable qui s'adresse à un Dieu? Ma'S il est un mystère, abrégé et résumé de tous les mystères, memoriam fccil mirabilium siiorum, une institution chel- (i'œuvre et monument par excellence de l'amour ûei.-O., l'Eucharistie. Dans ce mystère ineffable et dans cette insti-

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lution qui a été refusée aux anges, J.-C. reçoit tous les jours les plus sanglants outrages, est personnellement l'objet d'un mépris et d'une haine qui ne devraient appartenir qu'à l'enfer. Qui nous dira, ô tendre Sauveur des hommes, ce que vous souffrez de vos créatures ingrates dans ce sacrement de votre charité? Hélas ! vous vouliez par lui conquérir toutes les âmes, et vous n'avez réussi qu'à vous faire un Calvaire nouveau. Vous vouliez vous unir tous les cœurs pour les pénétrer de vous-même et les vivifier de votre vie, et toutes les industries de votre charité n'aboutissent qu'à renouveler pour vous et les opprobres, et les douleurs, et la mort de la croix. Là, en effet, tous les jours encore, il est trahi! Là, il est vendu! Là, il est ou abandonné ou renié! Là, il est l'objet de dérisions impies et d'insultes déicides! Là, il est crucifié, non à un bois homicide, mais à des consciences impures, mais au crime même vivant et animé ! Là, il subit des outrages dont son humanité toute seule n'est pas capable et qui seraient impossibles, s'il ne s'était rais volontairemeat sous des symboles sensibles et une enveloppe ïnatérielle! Ainsi la haine ou l'ingratitude poursuit, sous loutes ses formes, l'amour de J.-G. et outrage sa charité, ••'ans toutes ses manifestations. Et c'est là, mes frères, la grande douleur de J.-C, comme le grand crime des hommes. Or, il faut venger ces injures d'un Dieu et réparer ces crimes des hommes, et c'est ce que vous propose l'Eglise en vous présentant le Cœur de J.-G. Parle culte de ce Cœur sacré, le chrétien s'associe à toutes ses douleurs et à toutes ^es épreuves; il fait à l'égard de J.-G. l'office de réparateur comme J.-C. se fait réparateur à l'égard de son Père. 11 s identifie avec J.-C. au point d'en ressentir tous les-outra- 8cs et de pouvoir dire avec le prophète : opprobria expro- ^^'antium tibi cccidenint super me [i). Il compense le mépris (i) Pâ. m, 10.

SHHMONS. 24

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des indifférents par son zèle, l'impiélé des incroyanls par sa foi. Il venge l'amour méconnu et persécute d'un Dieu par les hommages et les dévouements do son amour.

Ainsi, sous quelque point de vue qu'on l'envisage, le Cœur de Jésus-Christ réclame, au plus haut degré et aux litres les plus sacrés, l'adoration et l'amour des hommes. Que si nous considérons maintenant ce culte par rapport à nous et dans les effets de son institution, nous verrons que tout le recommande ù la foi et à la piété du chrétien.

Pourquoi, dans ces derniers temps, J.-G. a-t-il révélé son Cœur divin à son Eglise? Pourquoi l'a-t-il proposé au cuits spécial des chrétiens? Nous entrons ici dans les profondeurs des conseils divins. Que ne puis-je vous les dcvoilci' et surtout vous en donner l'intelligence !

J.-C, dont la Providence veille toujourssur les destinées de son Eglise, proportionne miséricordieusement son assislance à ses besoins; et, i\ mesure que les malheurs îles temps lui créent une nouvelle nécessité, il tire pour elle un secours nouveau du trésor inépuisable de son amour, l'' comme il ne peut rien donner de plus utile et de pl"S nécessaire que lui-même, qui est le principe de toute force et la source de toute grâce, il révèle successivement quelque chose de lui-même, sous des formes diverses, e trouve ainsi le secret de multiplier, pour notre bien, le àon divin de sa personne. Ainsi, aux premiers dges, il se rêve e dans sa croix, parce qu'à ce temps des épreuves de l'Eg'i^'^ il fallait le souvenir présent de la mort d'un Dieu pour encourager ses enfants dans la persécution et les animci' au martyre. Bientôt il se révèle dans sa sainte Mère; cl 'i'

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moment où l'hcrésie va renouveler au dedans la persécution éteinte au dehors et où les scandales vont tendre de toutes parts des pièges à la piété, il donne à son Eglise la Vierge puissante qui dompte et étouffe toutes les erreurs, hœrcses tu sola intcrcmisli in univcrso mundo, et dont la protection garantit de tous les pièges et sauve de tous les écueils. La ferveur de la piété commence à languir; les vices croissent de tous côtés dans le champ du Seigneur ; la charité menace de s'éteindre dans tous les cœurs. J.-C. envoie les Bernard, les François d'Assise prêcher les mystères de ses douleurs et présenter ses plaies divines à la vénération de son Église. H en sort une vertu surhumaine et le monde chrétien est régénéré. Le temps des grandes tribulations approche; l'Eglise, sur le point d'être attaquée de toutes parts, près d'être tout ensemble trahie par ses gardiens et déchirée par ses enfants, a besoin de s'unir plus étroitement à son époux pour trouver en lui le consolateur de ses épreuves et le soutien de sa faiblesse. .l.-C. renouvelle dans les âmes la foi et la piété à l'égard du plus auguste de ses sacrements; il demande à son Eglise une fête solennelle, consacrée spécialement à honorer son corps sacré toujours vivant dans le tabernacle, et dans la foi de l'Eucharistie il lui prépare pour les jours de l'épreuve ses plus douces consolations et ses armes les plus invincibles. Enfin l'iniquité a prévalu au ïT^iilieu du monde; l'indifférence universelle demande une grâce qui réveille et vivifie les âmes; l'impiété partout répandue fait sentir le besoin d'un lien nouveau qui attache plus fortement J.-C. aux hommes; les crimes qui montent vers le ciel et provoquent ses foudres, appellent une grande (expiation et une grande réparation. J.-C. se révèle plus parfaitement aux hommes; il donne son Cœur à l'Eglise.

Le culte du Sacré Cœur est donc le grand besoin des derniers siècles; et quand nous venons le présenter à votre fo»^

nous ne faisons qu'accomplir les vues de la Providence sur

son Eglise.

Jetez les yeux sur la société autour de vous. Quel est ce

mal nouveau, étrange, inconnu aux siècles passés, qui la travaille sourdement et la mène par une lente dissolution à une ruine sans remède? Je ne sais quelle torpeur engourdit les âmes; les peuples ont bu au calice d'assoupissement, dont parle l'Esprit-Saint : nsque ad fundmn culicis soporis bibisli (1). Un sommeil profond enchaîne d'innombrables intelligences. On dirait le sommeil du tombeau; c'est le sommeil de l'indifférence. Les questions religieuses qui, de tout temps, préoccupèrent si vivement l'esprit humain, laissent la plupart des hommes insouciants et dédaigneux. Nagucres, c'était contre l'autorité de la foi, une guerre ardente, passionnée ; aujourd'hui, dans la plupart^ le mépris a succédé à la haine. On ne cherche pas à détruire; pour cela il faudrait combattre et l'on n'a plus la force du combat. On s'clforcc d'oublier, et trop souvent on en vient à bout. Et ainsi les années s'écoulent, l'existence fuit. Tout à l'heure, toutes les créatures vont manquer à la fois et l'on ne se réveillera qu'au jour formidable de l'étornilé. Où donc chercher le remède à cette léthargie fatale? Qui rendra aux hommes la pensée qu'ils ont abdiquée? Qui ressuscitera en eux cette puissance de vouloir et d'aimer qu'ils ont éteinte? Levez les yeux vers ces autels. Voyez-vous ce Cœur, tout brillant des llammes qui le brillent? Là, est cachée l'énergie divine qui doit ranimer la langueur des âmes. Qu'est-ce que l'intelligence de l'homme? Une étincelle que Dieu alluma à sa propre pensée. Qu'est-ce que le cœur de l'homme? Une flamme que Dieu prit dans le foyer de son propre Cœur. Voulez-vous régénérer l'intelligence humaine? Ne la conduisez point à l'école de la raison; ce n'est pas là qu'habile la lumière. Con-

(1) Is. 51, 17.

cluisez-laà Dieu; il la renouvellera dans sa propre pensée et par la foi. Voulez-vous retremper le cœur de l'homme? Ne le confiez point à la sagesse d'ici-bas; elle ne ferait que rendre sa régénération plus difficile en rendant sa corruption plus profonde. Mais remettez-le dans le Cœur même de Dieu. On ne retrouve la vie qu'à la source même où on la puisa une première fois. Il n'y a que la puissance créatrice qui ait la vertu de ressusciter; et qui nous tira du néanl, a seul la force de nous tirer du tombeau. Voilà pourquoi J.-C. montre son Cœur aux hommes et les appelle tous à celte source divine de la vie. Il faut se vivifier dans ce Cœur sacre, ou languir irrémédiablement; y reprendre ce que l'on a perdu, la puissance d'aimer, ou mourir.

Pendant qu'une immense portion de la société languit dans le sommeil de l'indifférence, des esprits superbes et qui ont juré de détruire la foi pour lui échapper sans retour, travaillent de toute la puissance de leur talent à briser les liens qui unissent les hommes à J.-C, bien sûrs d'en finir promptcment avec la vérité, s'ils peuvent prévaloir contre t'-elui qui en est la voie. Quelle est en effet la pensée cachée au fond de tous les rêves et de tous les systèmes des sages ? N'est-ce pas une pensée de haine contre J.-C. ? Que combaton dans toutes les écoles, si ce n'est la révélation apportée par J.-C. ? Que blasphème-t-on dans tous les livres, si ce n'est les institutions de J.-C? Quel est le point d'union de tous les partis et de toutes les sectes, si ce n'est la guerre contre J.-C? On ne le veut plus pour Maître, on ne le veut plus pour Sauveur, on ne le veut plus pour Dieu. Filioli, novissima hora est : et sicut midisiis quia Antichrislus vcnil, et nunc Antichristi mulli facli sunt (1). C'est que l'enfer, infaillible dnns sa haine, a bien compris que le lien de l'iiomme et de Dieu, c'est J.-C et que séparer les hommes

(I) I, Joan., 2, 18.

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(le J.-C. c'est les séparer sans retour do la divinité. De là, ces attaques passionnées et cette lutte à mort contre le Verbe incarné. C'est Satan qui inspire ces prétendus sages et qui combat par leur parole. Que deviendrez-vous donc, ô religion sainte, vérité divine, qui avez conquis h tant de frais le monde, quelle destinée sera la vôtre ? Allezvous vous retirer devant vos persécuteur,?, et, puisque la terre ne vous offre plus que des champs de bataille, remonter vers les cieux où vous habitez dans votre propre lumière et dans votre propre gloire? Non, M. F., la foi antique ne périra pas; non, la sainte vérité ne prendra point son vol loin de nous et vers le sein du Père où elle est née. J.-C. nous présente son Cœur et il appelle tous les hommes à cet aimable rendez-vous de sa charité. En venant avec le doux symbole de son amour, il nous fait entendre qu'il ne veut pas s'éloigner de ceux qui s'éloignent de lui. Ce Cœur sacré nous crie que les hommes peuvent bien être ingrats et ennemis, mais qu'il ne cessera point d'être bienfaiteur et père. Voilà donc le lien indestructible par lequel il tient à nous ! C'est l'amour qui l'amena à nous; c'est l'amour qui le retient parmi nous. C'est son Cœ.ur qui prévint une première fois les hommes égarés dans leurs ténèbres, et c'est encore son Cœur qui recherche de nouveau ces mêmes hommes égarés non plus dans la nuit, mais dans lu lumière même. Allons donc à ce Cœur divin, mes chers frères. Resserrons les nœuds qui unissent nos âmes au Sauveur des âmes, et lions-nous si étroitement à lui que tous nous puissions nous écrier dans les sentiments de saint Paul et avec la même vérité que saint Paul : Quismc separnbit àcaritate Christi?

Mais il est un autre besoin de l'humanité qui réclame plus impérieusement le Cœur de J.-C. L'humanité est coupable et à un degré que nulle pensée créée ne saurait com-

prendre. Il lui faut donc un Médiateur qui prie pour elle devant Dieu, un Réparateur qui présente au ciel une expiation équivalente aux crimes de la terre. « Prophète, disait le Seio-neur à Jérémie, regardez et dites-moi ce que vous avez vu ? J'ai vu une verge qui veillait sur Jérusalem ! Votre vue ne vous a pas. trompé; c'est moi qui veille pour accomplir mes menaces sur le peuple qui m'outrage. Et le Seigneur une seconde fois : prophète, que voyez-vous? Seigneur, je vois une urne enflammée et qui s'épanche du côte de l'aquilon. C'est l'urne de ma vengeance; c'est de là que je verserai mes fléaux surleshahitantsdelaterro.» (1) Certes, chrétiens, si nous savions regarder au ciel et avec l'œil de la foi, ne verrions-nous pas comme le prophète le glaive entre les mains de Dieu et prêt à tomber sur nos têtes, et l'urne de sa colère pencher du côté de la terre et menaçant de déborder sur les hommes. Chaque jour, et de tous les points du momie, tant de crimes s'élèvent vers les cieux; à chaque heure, nos .villes et nos campagnes laissent monter vers le trône de Dieu tant d'iniquités, comme ces vapeurs qui le soir s'exhalent de la corruption d'une vaste cité obscurcissent et souillent le firmament. Comment la colère sommeillerait-elle dans le cœur de Dieu? Comment sa juslice poussée à bout ne mettrait-elle pas dans ses mains son tonnerre ? Qui osera se présenter devant ce grand Dieu et s'interposer entre les hommes et sa foudre prête à frapper? Tremblez donc, enfants dos hommes, peuples prévaricateurs et qui êtes venus à bout de lasser une miséricorde infinie, cherchez si vous pouvez un abri contre la tempête dont les premiers bruits ébranlent déjà le monde. Ou plutôt, ne tremblez pas; quittez vos crimes et c'est assez. Ne fuyez point pour chercher contre Dieu un asile ; Dieu lui-même vous le présente cet asile et contre lui-même. Voici le Mé- (1| .Ter, 1. VI pt seii.

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(liateur tout-puissant, J.-C. voire Sauveur et votre frère qui place entre vous et son Père irrité, son Cœur, symbole de clémence, gage infaillible do miséricorde et de pardon. Lorsque autrefois Dieu voulut punir l'impiété d'Israël, il se sentit lié par son serviteur Moïse ; il lui disait : dimitte me ni irascatur furor meus ; retirez-vous , car je ^yeux laisser un libre cours à ma colère, et vous l'enchaînez. Lorsqu'aux anciens jours, Gomorrhe et Sodome eurent rempli la mesure fixée par le doigt divin. Dieu déclare à Abraham que dix justes au milieu de ces multitudes impies eussent suffi pour arrêter sa vengeance et lui faire tomber la foudre des mains. Que dis-je? lorsque le moment de la vengeance est venu, la présence d'un seul juste enchaîne le bras divin; il faut que Loth se relire, et, tant que l'œil de Dieu aperçoit le serviteur fidèle au milieu de ses ennemis, sa justice ne peut se décider à frapper. Qu'est-ce donc, lorsque ce même Dieu rencontre parmi les hommes, non plus seulement quelques justes, mais le Juste par excellence, celui qui est la sainteté même et de qui seul dérive toute sainteté créée, son propre Fils, un autre lui-même qui lui présente dans son Cœur la plus glorieuse des oflVandes et la plus agréable des victimes? A cette vue, Dieu s'émeut dans les dernières profondeurs de son être; la foudre s'éteint subitement à ses pieds; son regard ne lance plus l'éclair de la colère ; de nouveau il sourit à la terre et son cœur ne sait plus que verser sur le monde ses bénédictions et son amour.

Qu'il est donc nécessaire à ce siècle le culte du Cœur de Jésus ! Car quel autre siècle fut aussi coupable envers les cieux? Qu'il est nécessaire à notre patrie surtout ! Car quel autre peuple dut jamais tant de réparation à la divine justice? Béni soit donc le Seigneur Jésus qui nous a donné dans son Cœur un contrepoids si puissant de nos crimes et un moyen si efficace de fléchir la colère du ciel. Mais nous.

M. F., sachons rendre hommage à un si grand bienfait; faisons du Cœur sacré de Jésus le culte le plus cher de notre cœur et qu'aucun jour ne se passe sans avoir payé notre tribut à cette douce religion de la reconnaissance et de l'amour. Aussi bien, que ne vous a point donné J.-C. en vous donnant son Cœur? Quelle nécessité de vos âmes qui n'ait en lui son secours? Quelle situation de votre vie spirituelle qui n'ait en lui son remède ? Souvenez-vous que J.-G. n'est point venu au monde pour lui-même, mais pour nous et qu'il n'est pas plus le Fils de Dieu qu'il n'est le don de Dieu à vos âmes. Puis donc que J.-G. vous appartient et qu'il est tout entier dans son Cœur, sachons nous emparer (le ce Cœur divin, nous l'approprier par la foi et par l'amour, le faire en un mot le cœur de notre cœur, en telle sorte que nous ne puissions penser, aimer, vouloir, agir qu'en lui et par lui. Etes-vous affligé? Appropriez-vous les sentiments, c'est-à-dire la patience et la résignation du Cœur de J.-C. Votre passion sera féconde comme sa passion, votre croix sera rédemptrice comme sa croix. Etes-vous coupable? Appropriez-vous la contrition du Cœur de J.-C. Voilà le repentir vraiment efficace et qui lave toutes les souillures de l'àme dans la charité! Empruntez les satisfactions du Cœur de J.-C. Voilà les réparations par excellence et qui rendent à Dieu plus qu'on ne lui a ravi. Vous ne savez pas prier? Emparez-vous de la prière du Cœur de J.-C. Voilà les demandes toutes-puissantes et auxquelles le cœur tlu Père ne résiste pas. Vous ne trouvez en vous nulle vertu? •'emparez -vous des mérites du Cœur de J.-G. Sa fécondité '"achètera la stérilité de vos œuvres. Vous ne pouvez point aimer? Emparez-vous de l'amour du Cœur de J.-C. Que pouvez-vous offrir de plus agréable au ciel que le sanctuaire même de la charité? Oh! si vous saviez tout ce qui ^ous a été donné dans J.-C. et tout ce que vous possédez

dans son Cœur! Oh! si vous saviez quoi trésor do grâces est caché dans celte dévotion et tout ce que la foi peut on tirer pour la sainteté et pour le salut! En union avec ce Cœur divin, oh! que votre prière serait efficace! Oh! que votre pénitence serait méritoire! Oh! que vos larmes seraient puissantes! Oh! que vos mérites seraient sublimes! Oh ! que votre vie serait sainte! Oh! que votre prédestination serait certaine ! Oh! que votre mort serait heureuse! Oh ! que votre béatitude serait immense dans les cieux!

Venez donc tous, ô fidèles, à ce sanctuaire de la grâce, venez au Cœur du divin Maître! Venez, pécheurs, il vous offre le' pardon. Venez, âmes souflrantes, il vous offre la paix! Venez, ô vous qui êtes faibles, il vous offre la force! Venez, ô vous qui êtes justes, il vous offre la persévérance! Venez, ô vous qui êtes appelés à une vie plus parfaite, il vous offre la sainteté! Venez, ô fidèles qui que vous soyez, il vous offre tout, car il vous offre la charité. Adcamus ergo cim fuhicia ad thromm gratiœ (1).

Nous" vous le présentons ce Cœ.ur divin ; ou plutôt c'est J.-C. lui même qui vous le présente, et qui vous appelle tous à lui par les douces invitations de son amour.

Pécheurs, il est ouvert pour vous ce Cœur auquel vous avez coûté tant de souffrance et auquel il ne tient qu'à vous d'apporter tant de joie. Aurez-vous l'horrible courage d'être plus longtemps criminels en face du Cœur d'un Dieu déchiré par vos crimes ? Ou désespérez-vous encore de votre pardon, lorsqu'un Dieu vous ofii-e lui-même un Cœur q«i est le gage de son oubli et le garant de sa miséricorde.

Indifférents, il vous appelle à soi ce Cœur qui vous a tant aimés et qui, en retour de sa charité, n'a obtenu jusqu'ici de vous que des dédains et des mépris. Ah ! trop longtemps vous fûtes ingrats, ne le soyez pas plus long-

(1) n(''br. 4, IC.

temps encore. Laissez, laissez ce cœur tel que le monde et les créatures vous l'ont fait, ce cœur qui n'a de pente que vers la terre et qui ne se passionne que pour ce qui passe. Venez, venez au Cœur de Jésus, venez prendre, à ce foyer du saint amour, des flammes plus dignes de vous, celles qui montent vers les cieux, celles qui brûlent dans le cœur des anges et dans le Cœur de Dieu même.

Chrétiens, qui que vous soyez, il vous appelle à soi ce Cœur à qui vous devez tout; car c'est à lui seul que vous êtes redevables de n'être point ses ennemis et ses persécuteurs. Venez à cette source de toutes les vertus chercher la sainteté de la vie chrétienne ; venez à ce centre de toute grâce demander la force et le triomphe contre les ennemis de vos âmes. Votre Dieu lui-même a engagé sa parole. Celui-là ne peut être refusé qui demande pardon par son

Cœur.

Et vous que la douleur éprouve et qui, abandonnés du monde, cherchez vainement dans votre solitude un ami qui vous comprenne et qui vous console, venez au Cœur de Jésus. 11 semble que c'est à vous de préférence que votre Dieu s'adresse, car il a dit : Venile ad me omnes qui lahoralis et onerati estis, et ego reficiam vos. Oh ! que son Cœur comprend bien les peines intimes de l'âme puisqu'il les a toutes portées ! Oh! qu'il compatit tendrement aux douleurs de l'homme, lui qui a voulu les connaître toutes par son expérience ! Venez, c'est pour vous qu'il a dit : Beati qui lugent qnonicm if si cmsolabuntur. Car quelle plus grande grâce que des larmes essuyées par une telle main? Quel plus grand bonheur que des afflictions consolées par un tel ami ? Yenite ad me omnes.

Et vous que J.-C. dans sa miséricordieuse providence appelle à une vie plus parfaite, venez, oh! venez â son ''œur! Que la sainte union de la charité vous identifie avec

lui. Oli! que saintes seront vos pensées! Oh! que votre volonté sera bien réglée et que vos affections seront pures! Que toutes vos actions aient dans ce Cœur divin leur principe. Que toute votre vie en emprunte et sa direction et son but. Qu'alors vos actions seront surhumaines et que toute votre vie sera divine !

Pères et mères, ne vous contentez pas d'honorer le Cœur sacré dans le temple et au pied de l'autel. Que vos maisons lui soient un sanctuaire, que son culte soit le culte privilégié de la famille, que son image vous réunisse devant elle aux heures de la prière commune; que vos enfants pour première leçon apprennent de vous à adorer ce Cœur où sont cachées tant de grâces; que leurs regards s'accoutument de bonne heure à chercher ce doux symbole de la charité ; en un mot, qu'instruits par vous, ils croissent et grandissent dans le Cœur même de J.-C. Quel plus sûr asile de leur innocence? Quelle plus excellente école de toutes les vertus?

Pieux associés, que le culte du Sacré-Cœur rassemble en une sainte confraternité, comprenez bien la dignité de vos fonctions et n'oubliez pas qu'elles vous assimilent aux anges. Oh! le noble ministère de veiller, par la pensée et par l'amour, devant le Cœur d'un Dieu ! de prier pour le dédommager de l'indifférence de tant d'âmes qui ne prient pas, d'aimer pour compenser l'ingratitude de tant de cœurs qui n'aiment pas! La sainte fonction d'être les réparateurs des injures publiques à l'égard d'un Dieu! d'offrir des larmes pour tous ceux qui ont besoin de repentir, et des sacrifices pour tous ceux qui ont besoin d'expiation ! Oh ! vos fonctions sont plusqu'angéliques, elles sont divines! Votre ministère est celui même de J.-C, adorateur de son père et réparateur de sa gloire.

Vénérables ministres des autels, pasteurs des âmes, apo-

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très des peuples, voilà la dévotion vraiment pastorale, vraiment apostolique, s'il en fut jamais ! A vous d'aimer plus que tous les fidèles et de faire aimer de tous le Cœur sacré du divin Maître. Tout est là pour vous-mêmes, tout est là pour les âmes. Là, les lumières qui servent à guider les peuples. Là, les paroles bénies qui touchent et remuent et convertissent. Là, les grandes et solides et durables conquêtes du zèle. Là, les grâces qui renouvellent les âmes et rajeunissent l'Église par la vigueur toujours renaissante des vertus qu'elle enfante.

M. F., vous parler du Cœur de J.-C. c'est vous parler du Cœur immaculé de Marie. La religion ne peut séparer ce que la charité a si étroitement uni, et l'Église ne se croirait reconnaissante qu'à demi si avec le Cœur du Fils elle n'honorait le Cœur delà Mère. Voilà la vraie et parfaite dévotion à Marie, comme la vraie et parfaite dévotion à J.-C. C'est d'honorer l'un et l'autre dans son Cœur. Donc qu'un même amour unisse dans les hommages, sans les confondre cependant, ces deux Cœurs à qui nous devons tant de grâces et tant d'espérances, et qu'un même sentiment de piété embrasse et le Cœur sacré du Fils, et le Cœur très-saint de la Mère.

M. F., il y a deux cents ans, lorsque les tempêtes élevées dans l'Église par l'orgueil et la corruption menaçaient la foi du royaume très-chrétien, un de nos rois demanda à la Mère de Dieu le salut de notre pays et par lui la France fui solennellement placée sous la protection de Marie. Aujourd'hui, que de plus violentes tempêtes ont passé sur nous, fiue le sol à peine affermi tremble encore de leurs dernières secousses, que la religion en larmes n'aperçoit autour de Soi que des ruines, imitons la piété de Louis Xlll et demandons à J.-C. ce que sa foi demandait à Marie, ou plutôt de- "landons à tous deux ensemble , mais par un motif plus

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puissant, secours et protection pour des désastres plus terribles. Oh ! si chaque père de famille consacrait sa maison aux Cœurs de Jésus et de Marie ! Oh ! si chaque particulier se liait à ces deux Cœurs par une sainte donation de soimême ! Ainsi la piété de chacun réalisant ce qu'au nom do tous le prince réalisa autrefois parmi nos ancêtres, ainsi le royaume très-chrétien, sous les auspices des Cœurs sacrés, reprendrait son rang dans la sainte hiérarchie de la foi et la terre de saint Louis serait de nouveau la terre de la foi et la patrie des saints.

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